OBSERVATION VI
Herpès génilal à poussées successives.
La nommée J. J , Agée de 41 ans, marchande, entre ie
21 juin 1877, salle Saint-Clément, n° 4.
(•elle femme avait senti deux petits boutons dans la nuit du dimanche au lundi, du 17 au 18, sur la région perinéale, entre la
fourchette et l'anus.
Le 17, elle a été à ses affaires. - La malade marche beaucoup et elle porte des marchandises sur le dos et sur les bras. Le mardi 18 elle a également marché beaucoup. Le mercredi 19, elle n a pas pu se lever pour aller à la consultation : elle a eu de la fièvre ce jour-là et pendant la nuit du 20 au 21.
Le jeudi 21, elle a été à la consultation de la Pitié ou on la renvoyée à Lourcine, pensant qu'elle était syphilitique.
Le lendemain de son entrée, on note des érosions extrêmement superficielles et très-nombreuses disséminées, les unes sans ordre, les autres groupées sur les grandes et petites lèvres et sur la région crurale. La vulve est tuméfiée, rougie ; il y a un suintement abondant de liquide séro-purulent sur les boutons. La malade a de plus un écoulement vaginal abondant qui date d'au moins une quinzaine de jours. La malade n'est pas réglée depuis 21 mois. Elle avait très-rarement des relations sexuelles. Pendant le dernier mois, elle avait passé quatre nuits avec un homme d'un certain âge (48 à 50 ans).
L'examen de la vulve permet de reconnaître une hernie volumineuse épiloïque inguinale droite. Pas de ganglions, pas de pléiade. Cette femme n'a jamais rien eu du côté de la vulve. On prescrit pour tout traitement des lotions fraîches, et de la
poudre d'amidon.
Le 23, à un nouvel examen, on note, en outre des érosions dont il a été parlé, quatre ou cinq petites vésicules qui se sont développées depuis son entrée et qui siègent en dehors de la grande lèvre gauche. Ces vésicules sont aussi caractéristiques que possible de l'herpès : elles sont acuminées, transparentes, grosses comme une forte tête d'épingle rapprochées les unes des
m OBSERVATIONS DES PLAQUES MUQUEUSES
autres, et quand on les pique avec une épingle, on en fait sortir un liquide clair transparent et assez abondant.
Pendant les premiers jours, la malade souffrait beaucoup de son éruption, si bien qu'elle ne pouvait dormir ; les douleurs étaient cuisantes comme du feu. Elle ne pouvait y toucher sans réveiller des douleurs.
Les jours suivants, les érosions de la vulve et celles de la dernière poussée d'herpès, continuent à suinter.
Le 30 juin, la malade va mieux, mais les érosions existent encore ; la vulve est moins tendue, moins enflammée,
Le 6 juillet, elle va bien; toutes les érosions sont absolument cicatrisées et remplacées par des petites places arrondies ou irrégulières et blanches; la peau qui entoure ces petites cicatricules est légèrement pigmentée.
Le 12 juillet, elle sort guérie. La période d'éruption avait duré près de quinze jours.