IUJPIA- PEMPHIGUS DES ADULTES
bulle, en se crevant, en laissant échapper un peu du liquide qu'elle contient et qui se concrète à la surface, est bientôt recouverte par une croûte. Ces croûtes se dessèchent ; la sécrétion qui se passe sous elles, en amenant de nouvelles couches crustacées, détermine une imbrication ostracée semblable à celle de l'ecthyma profond. Le rupia est l'éruption syphilitique qui présente les croûtes les plus épaisses et les plus larges, les plus noires, les plus caractéristiques. C'est aussi la syphilide puriforme qui offre les plus larges ulcérations. Sous la croûte, en effet, le corps papillaire et le derme sont en pleine suppuration et ulcérés, comme dans les deux dernières éruptions dont nous venons de parler. L'ecthyma profond, l'impétigo ulcéreux et le rupia syphilitique ont un grand air de parenté ; ils ont la même signification et apparaissent comme les dernières manifestations de la période secondaire ou comme des accidents de la période tertiaire. Cette distinction est, en effet, un peu arbitraire et les syphiliographes placent tantôt ces syphilides ulcéro-croûteuses dans la seconde, tantôt dans la troisième période de la syphilis. Si ces diverses pustules ou bulles ulcéreuses paraissent habituellement dans les deux ou trois premières années à partir du chancre, elles peuvent ne se montrer que cinq ans ou douze ans après le début de la syphilis, et alors il serait plus naturel de les placer dans la syphilis tertiaire.
Le pemphigus des adultes n'est pour ainsi dire jamais syphilitique. On a cité trois ou quatre observations de pemphigus de l'adulte considéré comme syphilitique et ne différant pas alors du pemphigus bulleux ordinaire; mais c'est une exception tellement rare qu'en réalité on peut laisser de côté cette éruption.