‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 138 sur 148 · TRAITEMENT DE LA SYPHIUS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA SYPHIUS

est-elle employée uDiversellement dans les grands hôpitaux spéciaux, à Milan, à Vienne^ à Stockolm.

Les injections étaient faites par Liégeois deux fois par jour et avec une solution très-peu concentrée ; il n'introduisait qu'un ou deux milligrammes de sublimé à chaque piqûre. Les injections plus concentrées, telles que les employait Lewin,étaient données seulement tous les deux jours.

Les injections doivent être faites dans les régions riches en tissu conjonctif et pauvres en vaisseaux et nerfs, comme le dos, la fesse, la région de l'omoplate, la région externe du bras, etc. L'inconvénient des injections est, en effet, de causer une douleur assez vive et de déterminer la formation de petits abcès sous-cutanés ; tous les sels de mercure, surtout le biiodure, sont irritants, et ils déterminent souvent une inflammation et un petit abcès au niveau du point piqué.

Pour éviter ces accidents, il faut avoir la précaution d'introduire assez profondément la canule dans le tissu conjonctif sous-cutané, et de ne pas piquer la même partie de la peau ni des points trop voisins. De plus, il est nécessaire de faire un massage méthodique de la boule d*injection aussitôt après qu'on l'a produite. M. Bergh, de Stockolm (communication orale), n'a jamais de ces accidents, ni d'abcès à la suite d'injections sous-cutanées parce qu'il y joint le massage de la boule d'injection.

Nous donnons ici le mercure à petites doses, de manière à éviter la salivation, et nous le donnons pendant toute la durée des accidents dont ce médicament diminue l'intensité et abrège la durée. Nous ne le conseillons pas lorsque les syphilides ont disparu. Nous nous rangeons, par conséquent, parmi les mercurialistes modérés, à l'exemple de MM. Diday, Lancereaux, etc.

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Je dois toutefois vous exposer la méthode de traitement des spécialistes, qui regardant le mercure comme Tantidole de la syphilis, le donnent toujours dès le début du chancre et d'une façon systématique pendant plusieurs années, quelle que soit la bénignité des accidents ultérieurs^ et même en leur absence pour éloigner et empêcher les manifestations tardives. M. Fournier procède par traitements successifs : il donne le mercure d*abord pendant deux mois, puis il cesse pendant un mois environ ; passé ce terme, il reprend le ^traitement mercuriel, quoi qu'il soit advenu, pendant six semaines à deux mois. Après quoi, on laisse trois mois de répit au malade et on reprend six semaines à deux mois le traitement, et ainsi de suite, en ayant soin de faire succéder à chaque stade de traitement actif un stade intercalaire de repos ou de désaccoutumance.

B. — lODURE DE POTASSIUM.

L'emploi de Fiodure de potassium dans la période tertiaire de la syphilis est une des grandes découvertes thérapeutiques de notre siècle. Biett administrait Tiodure de mercure aux syphilitiques de son service de Thôpital Saint- Louis, mais les bons résultats pouvaient être mis aussi bien sur le compte du mercure que de Tiode. Wallace, en 1834, expérimenta à Dublin Tiodure de potassium à l'hôpital de Gervis-Street^ et la publication des résultats obtenus par lui, la pratique de Ricord, de Trousseau et de la plupart des syphiliographes, en vulgarisèrent rapidement l'usage.

L'iodure de potassium est administré à Tintérieur en solution ; il est douteux qu'il soit absorbé parla peau lors-

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qu'on rapplique sous forme de pommades ; en tout cas, il eu est absorbé une très-petite dose, tandis que, de Pestomac, il passe immédiatement dans tous les liquides de Téconomie. Il est éliminé par lés urines, par la salive, parle mucus nasal, parle lait, par les larmes et par la sueur. La durée de Féllminalion varie suivant la dose ingérée ; ainsi une dose de 1 gramme sera éliminée en trois jours, et une dose de 10 grammes en 10 jours (Rabutean). Mais Fiodure de potassium ne reste jamais longtemps dans l'économie après qu'on a cessé son injection, comme le fait le mercure.

Wallace donnait Tioduré de potassium à la dose de 2 grammes. A la dose de 1 à 2 grammes que nous donnons habituellement dans les lésions de la troisième période, dans les périostites et dans les lésions des organes, riodure donne presque toujours un peu de corjza et de larmoiement, parce qu'il s'élimine par la salive et par les larmes. Si l'on en continue l'dssfge, il y à accoutumance. Il excite aussi l'appétit. Quant aux accidents de l'iodisme, ils doivent être très-rares, car je ne les ai jamais observés. M. Habuieau pense que ces derniers accidents sont dus surtout à l'impureté d'iodurës qril contiennent des iodâtes. L'acide gastrique, en èflet, met alors de Piode métallique eni liberté, et il eri résulte urié irritation dé l'estomac et des vomissements.

La majorité des autétirs petite que Tiodure est un fondant, un rêsdutîfj qu'il agit en profvdquant un taouvemeïrt de désassimîlation, qu'il amaigrit, et qtfil ditoîntie le volume des glandes, de la mamelle, du corps thjroïde, des testicules. Au contraire, il résulte des expériences de M. Rabutean, que la quantité d urée excrétée pendant qu'il se sourftetlait Itti-mêmé ttit traitement ioduré diminuait

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dans une grande proportion. Ce serait un médicament d'épargne modérateur de la nutrition et de la circulation. Il existe, en effet, bien des observations qui démontrent que des individus ont engraissé en prenant jusqu'à 3 kilogrammes d'iodure de potassium dans Tespace de six ans.

Quoi qu'il en soit de ces opinions contradictoires, et quelque mal renseignés que nous soyons sur son mode d'action, son efficacité n'en est pas moins admirable quand il s'agit de combattre les syphilides profondes de la peau et des muqueuses, les gommes, les ostéo-périoslites et les lésions tertiaires des organes.

Le mode d'administration de l'iodure de potassium est très-simple. Comme il est bien toléré, on peut le prendre à n'importe quel moment de la journée. On fait une solution contenant un gramme d'iodure par cuillerée à bouche (1), et on l'ingère dans un demi-verre d'eau, ou bien on mêle l'iodure au sirop d'écorces d'oranges amères, qui en masque le goût salé (2).

On administre le plus souvent de 1 à 2 grammes par jour, mais on peut sans inconvénient donner 4 et 5 grammes et même jusqu'à 8 et 10 grammes, lorsqu'il s'agit d'accidents graves à conjurer.

Comme l'iodure s'élimine rapidement, on est obligé d'en donner tous les jours la même dose jusqu'à qe que son effet curatif soit produit.

(i) Solution d'iodurc de potassium.

Eau 7oO gr.

lodure do potassium 30 —

Une cuillerée renferme i gramme d'iodure; on la boit dans un demiverre d'eau.

(2) Sirop d'ccorces d'oranges iodurc.

lodure de potassium 10 gr.

Sirop d'écorces d'oranges amères 1)00 —

Chaque cuillerée renferme 40 centigrammes d'iodure.

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