ACTION DU MERCURE DANS LA SYPHILIS
maladie est due à des microbes parasitaires, ce qui est probable, mais non démontré. Il est sage de s'en tenir, pour le moment, au résultat empirique de Tobservation.
Dans cet hôpital, on a très-rarement affaire à la période initiale du chancre infectant. Je vous ai déjà dit que Tutilité du mercure n'était pas démontrée an début du chancre^ que même, suivant la statistique de M. Diday, il serait nuisible. L'action la plus indiscutable des préparations mercurielles est celle qui s'exerce contre les accidents de la période secondaire et surtout contre les syphilides papuleuses lenticulaires très-généralisées, contre les syphilides ulcérocroùteuses ou syphilides graves précoces. Nous le donnons à plus ou moins haute dose, suivant retendue, la gravité de réruption. Dans les syphilides cutanées profondes qui marquent le passage entre la période secondaire et tertiaire, nous l'associons à Tiodure de potassium.
Les préparations que nous employons lé plus volontiers sont les pilules de protoiodure, à la dose de 5 à 10 centigrammes, et la liqueur de Van Swieten, à la dose d'une ou deux cuillerées par jour. Contre les syphilides tenaces, nous employons les frictions avec l'onguent napolitain (1)» à la dose de 4 à 10 grammes par jour. L'absorption en est très-rapide, surtout si on frotte les parties de la peau où elle est la plus une, et où la chaleur est la plus grande, les aisselles, les aines, le creux poplité. On fait une friction tous les deux jours, en alternant avec un grand bain sim-
(1) Onguent napolitain ou ponunade mcrcurieUc double.
Axong!^* 1 — a, a. — ParUes égales.
Pomxadc mercurielle simple.
Pommade double 1 gr.
Axonge 3 —
Cette pommade est employée contre les pedicull.
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pie OU sulfureux, l^es malades 4p[?ent alors être sonreillés attentiveineat, car on peut yoir se développer rapidement une stomatite. Les bains de sublimé (1), les fumigations (2) constituent aussi des moyens d'une grande activité. Les frictions et les b^ins de sublimé seraient utiles lorsque Testomac se refuse à Tingestion du mercure. On peut les employer aussi chez les jeunes enfants atteints de syphilis héréditaire, surtout lorsque les fonctions digestives sont compromises, et pour ne pas troubler les digestions. Chez les enfants que nous avons dans la salle Sainte-Thérèse, enfants atte|pt$ 30it de syphilis acquise, soit de syphilis héréditaire, et dont Tâge varie de 2 à 15 ans, nous donnons le plus souvent la liqueur de Van Swieten dans du lait, à la dose d'une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche, suivant l'âge des petites ûUes.
Nous avons très-fréquemment dans nos salles des femn^es enceintes et syphilitiques. Lorsque la vérole a débuté un peu avant la conception ou en même ^mps, ou dans les deux ou trois premiers mois de la grossesse, vous savez que ces femmes sont presque toujours vouées à un avortement si leur maladie est livrée à sa marche naturelle ; au contraire, si le traitement mercuriel est donné avec méthode, à dose modérée, mais continuée as3ez longtemps, les malades portent le plus ordinaire-
Ci) Bain de Sublimé.
Sublimé ; « « — soer
Chlorydrate d^ammonlaque. . . . { ^' °- ^^^'
Faites dissoudre dans 500 grammes d'eau, et ajoutez à Teau d'un bain ordinaire contenu dans une baignoire en bois.
(2) Fumigations. — On place le malade sur une chaise feronée; la tête étant hors de Tenveloppe au-dessous de laquelle se dégagent les vapeurs mercurielles. On projette du cinabre [bisulfure de mercure), sur une plaque chauffée au rouge ou sur des charbons ardents placés dans un réchaud.
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INJECTP^^S ^PUS- CUTANÉES pU MERCURE 450
ment leur enfant jusqu'au terme de la grossesse et Tenfant lui-même est le plus souvent bien portant et préservé de la syphilis. Nous avons traité et suivi ainsi dans la salle Saint-Clément, pendant la plus grande partie de leur grossesse, des femmes syphilitiques qui ont accouché heureusement et dont les enfants, nourris par elles dans la salle Sainte-Marie, sont bien portants.
Depuis une vingtaine d'années, on a ajouté aux divers modes d'administration du mercure qui précèdent, la méthode des injections sous- cutanées (1). Hébra, Hunier, Scarenzio de Pavie, Lewin, à l'étranger ; MM. Aimé Martin et Liégeois à Paris, Dron, Diday à Lyon, Tout employée avec succès.
De toutes les méthodes d'administration du mercure, c'est assurén.ent celle qui fait pénétrer le mienx une dose déterminée du médicament dans l'organisme, et qui amène les modifications les plus immédiates des syphilides. Aussi
(1) Les injections sous-cutanées sont faites avec Tun des liquides suivants :
— Injection de Liégeois.
Eau distillée 90 gp.
Sublimé corrosif. 20 centigr.
Chlorydpate de morphine 10 —
On donne 2 milligrammes de sublimé en injectant 1 gramme de la solution.
— Injection de Staub.
Bichlorure de mercure i gr. 25
Chlorure d'ammonium 1 25
Chlorure de sodium 4 15
Faites ensuite une autre solution ainsi composée : Blanc d'œuf .
Eau distillée q. s.
Pour faire 125 grammes de solution, mOler les deux liqueurs et filtrer.
Un gramme de cette solution contient 5 milligrammes de sublimé.
— injection de Ragazzoni.
Biiodurc de mercure 3 centigr. 5
lodure de potassium 9 —
Pour dissoudre le biiodure,
Eau distillée 2 gr.