OBSERVATIONS ET EXAMENS HISTOLOGIQUES
du reste par de fréquentes érections, ne se fit pas immédiatement. Mais la plaie consécutive a été de bonne nature et s*est comportée comme chez un sujet non syphilitique.
Le 31 juillet, on commence à apercevoir les premières taches de la roséole érythémateuse {45« jour environ de l'accident primitif). — Aucun trouble de la santé générale. — Adénopathie inguinale très-volumineuse. — Commencement d'adénopathie cervicale. — Aucune antre manifestation.
Examen hislologiqne du chancre. — M. Mauriac, médecin de THÔpital du Midi, nous donne à examiner, le 43 juillet, un chancre du prépuce qu'il avait enlevé en circoncisant l'individu qui en était porteur. Ce chancre siège au niveau du bord libre du prépuce et la peau du prépuce présente un enfoncement très-profond, une sorte de cône à angle très-aigu au centre môme du chancre. Le tissu conjonctif chancreux est extrêmement dur et dense, ligneux, et il a la forme d'un sphéroïde légèrement aplati. La partie indurée ne mesure pas moins de 12 millimètres dans son plus grand diamètre.
La pièce a été examinée après durcissement dans la liqueur de Mûiler, la gomme et Talcool. Voici ce que nous avons observé sur les préparations microscopiques, c'est-à-dire sur les sections perpendiculaires à la surface de la peau au niveau du chancre.
Les sections qui passent au milieu du chancre montrent, comme disposition générale, les deux moitiés de la section du chancre séparées par un espace clair en forme d'infundibulum ou d'angle très-aigu qui pénètre profondément dans le tissu chancreux. La surface des bords du chancre est recouverte d'un épiderme épais qui se termine en biseau au niveau de la partie rétrécie de l'infundibulum. Là où cesse Fépiderme, dans la partie la pins rétrécie de l'infundibulum, le tissu conjonctif qui forme les bords de la perte de substance y déverse des cellules rondes ou cellules lymphatiques qui sont, pour la plupart, granulo-graisseuses, grosses et contenant un ou plusieurs noyaux.
La figure i de la planche V représente à un grossissement de 45 diamètres une section de ce chancre dont le tissu est divisé en deux parties par une dépression en infundibulum e. Les couches épidermiques superficielles s'arrêtent en g. Les parois des vaisseaux o, v\ m^d paraissent très-épaissies à ce faible grossissement On voit en 9 une fente ou fendillement au milieu de la partie la plus centrale du tissu induré dont les cellules sont en dégénérescence caséeuse.
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01 DBscAimtm DU châncwb
Au fbnd de cette perte de substance ceotrele) le tiSsn diancreax pré^Hte une fente qui la pt*olongei fente qai eât danft le sens des fibres du tissu conjonctif et qui nous parait artificielle; prebid>lemeiit parce que le tisSu induré a été tiraillé et tendu, dans les érections, petit être aussi parce qu'il a été comprimé fortement entr<5 les doigts après Fablation du prépuce pour constater Tinduraiiion..
Au-dessous de Tépiderme, les papilles comprises dans le chancre sont hypertrophiées et très-vascuiarisées, infiltrées de petites cellules rbndes;
Le tissu dermique est très-enflammé et bouri*é d'éléments ronds, cependant on distingue bien les faisceaux de fibres du tissu conjonciif ; mais ces faisceaux paraissent étouffés au centre du chancre au-dessous et sur les côlés de la perte de substance et de la fiente précédemment indiquée. Là( leâ cellules sont pour la plupart granulo-graisseuses.
Dans toute là portion indnrée, les vaisseaux, arlères, veines et capillaires sont altérés à des degrés variés. Les vaisseaux des papilles sont simplement remplis de sang et il y a des cellules rondes autour d'eux^ mais les artérioles et les veinules de la profbndettr, dans toute la partie indarëe, présenlent des parois épaissies par la foniiation de cellules entre les couches de leurs tuniques externe et moyenne. La membrane interne est, en effet, toujours beaucoup moins atteinte que i*exteme et que la moyenne. C'est l'exemple le pluà remarquable que nous ayons obserté de cette artérite et de cette phlébite du tissu chancreux.
ces tatsseaux, artères, veides et capillaires, examinés dans la p&riië centrale du chancre; montrent presque tous une oblitération de leur luthière : les capillaires présentent, par exemple, surune section transversale, un petit amas dé cellules lymphatiques qui les ^remplissent ; les artères examinées sur des coupes transversalcS ou longitudinales, montrent de grandes cellules endothéliales unies les unes aux autres et avec des cellules lymphatiques par de la fibrine coagulée ainsi que cela est représenté dans la planche Y^ figures 8 et 9, danà les vaisseaux d*une gomme cutanée. Cette coagulation, <tui n'est pas tonjours adhérente à la membrane interne* s'obsbrve aussi bien sur les coupes longitudinales des artérioles que àur les coupes transversalçà. Les veines ont subi due lésion ahalbgue; Le calibre de ces vaisseaux est rétréci en même temps qUe leurs parois sont épaissies. La figure 10 de la planche Y, des« sinée à un grossissement de 200 diamètres, montre quatre sections
OBSERVATTONS Et EXAfiËI^S «IStOLOGIQUES M
âa petite^ reiûes: Lear lamièii! a (s^t très^Stroite^ et réttiplib tte celltties iytnphatiiiQes et d'endothélicim ^ttl (brifiënt M àttia§ «6 eeûtrt des sectiokis. Les {iarois sont d'nne épai^i^dt* consldërâ-^ blë telHU?ement à la lamière : des cellttlëS rotideS dtl ikllotlgëé^ sont dissérdinées dans la tdttiqbe Interne f\ àmk la tttdiqae didScnlease / et dans la inembrane externe é qnl est Httlfteë par iid tissa conjodctif c rempli de bellales rdndes:
Une artériote représentée aus&i sur iine cbdpe dUttft \i 6g. H (planche Y) et an même grbssissemeht inohtre nne ttltéritidU ahaldgne dte ses tuniques. La membrane élastique f se trouve imrfiédtàtë^ ment en conUct avec les belibles endolhéiialés et lyWphatfqttteS qUl remplissent la lumièredu rafsseau : des cellules de houtèlte Kt^ mation existent eHtré les faisceaux de la membrane élastique et ^ri dehors d'eux; entit la membrane élastique et là tunique mdsbù^ leuse. La menibrane externe e est peu altérée dans bé pdiht, M\i celle-ci et les ftiiiceaux dû tissu cotijonctlf toisirt sotit séparé* paf une accutnnlation de cellules If mpbatiqueà t:: DatlS lé pbM dfl existent ces oblitérations plus ou moins complètes des tîiisseànt; les cellules lymphatiques sont gt*andlëûseS et (possèdent dès granulations graisseuses. Ht A là en un mot Une gêhe de lu cihculation du sang et consécutivement une dégénérescence granulogralsseuse des cellules.
t^lusiéurs faisceaux de tubes nerveux existent sur les préparations de ce chancre; ces faisceaux sodt coupés en thirers bu en long. Sur les faisceaux coupésen travers, le né vrilemme, ou, t^btit* mieux dire, la gatne des faisceaux primitifs des tubes nerveux est dissociée par des cellules fusiformes, c'est-à-dire par des cellules plates du tissu conjonctif tuméfiées par Tinflammation périphérique. (Voyez fig. 2y planche Y). La gatne est divisée en plusieurs feuillets minces m, séparés par des cellules fusiformes et par quelques petites cellules rondes a. Les tubes nerveux b du faisceau sont normaux ; mais, même dans Tintérieur du faisceau, on voit quelques cellules du tissu conjonctif ou de la gatne deSchwann hypertrophiéesyoudes cellules rondes. Celte lésion inflammatoire des nerfs est assurément consécutive à l'inflammation spécifique du tissu conjonctif du derme. Chose remarquable I cette altération des faisceaux nerveux n'avait pas déterminé de douleur (i).
(t) Dtns un examen histologique que nous avons fait d'un chancre induré du pr^race enleTé par M. Ueurteloup dans son service de TUôpital du Midi,
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On voit, par ce qui précède, que ce chancre du prépuce était dans sa période d'état avec une transformation caséeuse oa graisseuse des éléments du centre de la petite tumeur. Cet état coïncidait avec des oblitérations vasculaires partielles. L*état des nerfs qui y passaient prouve que Tinflammation envahit tous les tissus et toutes les parties comprises dans Tinduralion.
Quant à ce qui concerne la forme de la perte de substance, caractérisée par un infundibulnm très-profond, elle est déterminée par la disposition normale de la partie. Le prépuce présente, en effet, à son bord libre, des enfoncements et des sillons qui sont en rapport avec sa fonction, avec la facilité fonctionnelle du déplissement et du glissement de la peau lors de Térection. Dans ces sillons, les papilles et le corps muqueux de Malpighi offrent la même disposition que sur la peau normale. Le chancre s'était développé évidemment à la partie profonde d*un de ces sillons ; il avait hypertrophié les couches épithéliales et dermo-papillaires de la périphérie, de telle sorte que renfoncement devait paraître encore plus profond. Si ce chancre avait été abandonné à luimême, s'il avait guéri, il aurait présenté une cicatrice de la même orme que celle qui est figurée dans la fig. 2 de la planche IIL
y avtit aussi des tubes et faisceaux nenceux compris dans le tissu enflammé. Les nerfs étaient conservés, bien que les gaines de Scbwann et que les gaines lamelleuses fussent enflammées. Il n'y avait pas eu non plus de douleur.