SUITE DE LA DESCRIPTION DES PLAQUES MUQUEUSES. LEUR TRAITEMENT
SoifMAiRB. — Plaques muqueuses de la langue. — Etat rasé de leur surface. — Plaques muqueuses érosives. — Plaques muqueuses à base indurée. — Plaques muqueuses diphthérltiques. — Plaques muqueuses hypertrophiques. — Transformation des plaques en végétation.
Complications des plaques muqueuses : Vulvite, vaginite, métrilc, œdème, végétations.
Diagnostic des plaques muqueuses.
Traitement. — Doit-on pratiquer les petites opérations d'ablation de chancres et de plaques muqueuses, d'amygdales syphilitiques, et
Messieurs^
Nous coDtinaoQS aujourd'hui la description des diverses variétés de plaques moqueuses que je vous ai énumérées dans notre dernière réunion. Vous vous rappelez que nous terminions par T^xposé de^ lésions des amygdales atteintes 49 plaques muqueuses. L'amygdale ainsi altérée représente un ganglion lymphathique hypertrophié, avec toutes les lésions (les ganglions syphilitiques et recouvert en outre d^une mpqueuse qui est le siège de psqmles humides.
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ÂTant de qoiuer la moqueuse boccale, je dois vous parler àes plaques muqueuses de la langue. Celles-ci affecteDt deux formes suiTant leur siège :
1* Les plaques muqueuses de la pointe et du bord de la langue développées au nÎTeau des papilles fongiformes ressemblent aux plaques muqueuses des lèvres en ce sens qu'elles sont à leur début recouvertes par une pellicule épitbéliale opaline. Cependant, elles n'ont pas une surface aussi régulière. Cette dernière est plus ou moins chagrinée, ce qui est dû au relief des papilles fongiformes ; de plus, les plaques du bord de la langue présentent souvent des sillons parallèles au bord de Torgane. Elles sont quelquefois un peu déprimées eu égard à la muqueuse voisine ; parfois aussi elles sont trèsirrégulières à leur surface, avec des saillies comme rasées, des plis, des dépressions. Lorsqu^on à affaire à des lésions récidivistes, ce qui est assez commun pour la langue, soit chez les fumeurs, soit chez des personnes qui ont de mauvaises dents en contact avec des plaques muqueuses du bord de la langue, la base des plaques est un peu indurée et enflammée. Souvent nous voyons aussi en pareil cas un état anatomique de toute la langue qui n'est pas caractéristique de là syphilis, qui peut se rencontrer dans d'autres lésions, et qui même existe parfois à l'état normal et sans souffrance; je veux parler du fendillement total de l'organe, caractérisé par des sillons plus ou moins profonds, irréguliers, limitant des segments de la muqueuse.
2® Les plaques muqueuses de la région moyenne du dos de la langue, siégeant sur un tissu pourvu de papilles filiformes et caliciformes. Ces plaques ont une forme spé-
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PLVQUES MUQUEUSES DE LA LANGUE iJ5
ciale assez remarquable. D'abord les papilles caliciformes du V lingual, peuvent être atteintes et constituer isolément, par leur tuméfaction plate, par leur extension en surface une plaque muqueuse. Ainsi, nous avons vu la papille caliciforme très-volumineuse qui s^î trouve à l'angle de réunion des deux branches du Y lingual, présenter une tuméfaction, un aplatissement et une extension tels, qu'à elle seule elle formait une plaque muqueuse à surface lisse et régulière. Sur la région médiane et moyenne, ou antérieure du dos de la langue, on observe assez souvent des plaques muqueuses rondes ou ovoïdes, à grand axe dirigé le plus souvent d'avant en arrière et dont la surface lisse est comme rasée. Cette apparence est d'autant plus frappante qu'elles sont entourées des longues papilles filiformes saillantes qui existent dans cette région. M. Alfred Fournier qui a insisté sur cette aspect rasé des papilles, se demande quelle en est la cause. Je n'en ai pas fait d'examen bistologique ; vous comprenez qu'on n'enlève pas un petit morceau de la langue comme un segment du prépuce, mais je crois que cela n'est pas nécessaire pour expliquer anatomiquement l'état de c^es plaques. Cette apparence de la langue dépapillée au niveau des lésions syphilitiques de la première époque se retrouve dans les syphilides tertiaires en plaques de la langue. Nous en rapportons plus loin un cas avec examen microscopique, (voy. 8* leçon et planche VII, ftg. 1) dans lequel les prolongements cornés des papilles filiformes avaient disparu. Vous savez, en effet, que les papilles filiformes qui constituent comme des touffes d'herbe sur le dos de la langue présentent un piquant, une longue saillie composée de cellules cornées imbriquées les uns sur les autres et dont les plus inférieures sont implantées sur uoe petite papille à peine saillante. La partie épithélique
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