PLAQUES MUQUEUSES DES AMYGDALES
irës-justementy opaline. Cette surface est lisse^ et la cooleor blanche donne Tidée d'nne opacité de la partie la plus superficielle des couches de Tépithelium pavimenteux. Ces plaques sont habituellement précédées d'une rougeur des piliers et du voile du palais, et elles sont, le plus souvent, accompagnées d'une hypertrophie de Tamygdale. Plusieurs auteurs, M. Aimé Martin, en particulier, pensent que l'hypertrophie de l'amygdale est primitive et que la plaque muqueuse est consécutive. Nous avons examiné, à ce sujet, un certain nombre de femmes et d'enfants, et nous avons positivement vu, plusieurs fois, la plaque muqueuse débuter avant toute hypertrophie tonsillaire. Cependant, cette hypertiophie est très-commune; elle peut être primitive, ce qui s'explique très-facilement, car l'organe tout entier peut être considéré comme un ganglion lymphatique et il subit, comme je vous le dirai bientôt, la même lésion que tous les ganglions lymphatiques.
Lorsqu'on a enlevé une de ces amygdales hypertrophiées et couvertes de plaques muqueuses opalines, et qu'après avoir fait durcir méthodiquement la pièce on en fait dès sections minces, on trouve absolument les mêmes altérations que dans la papule vulvaire précédemment décrite. C'est, sur toute la partie de l'amygdale, dont la surface est le siège d'une papule, le même épaississement, la même inOammation des couches épithéliales, du réseau papillaire et du derme. L'ensemble de la section perpendiculaire à la surface forme un relief à courbe régulière ; les papilles sont allongées deux ou trois fois plus que sur la muqueuse saine, les couches épithéliales pénètrent entre elles et les séparent ; la couche la plus superficielle de l'épithélium montre des cellules cavitaires, avec un noyau atrophique ou avec plusieurs noyaux ou corpuscules de pus. Il y a là, dans
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PETITS ABCÈS SUPERFICIELS DE l'ÉPITUÉLIIM II7
celte couche superficielle de l'épithélium, de petits nids remplis de corpuscules de pus, de véritables petits abcès contenant de quatre à dix et jusqu'à cent corpuscules de pus ou davantage.
Ces petits abcès, assez rapprochés les uns des autres, siègent à la surface même de la muqueuse; on en voit souvent qui sont ouverts, de telle sorte que leur cavité cupuliforme contient encore des globules de pus. Cette lésion ne peut pas être considérée comme une érosion de la plaque, car la surface est parfaitement lisse à Tœil nu, régulière, saillante, au lieu d'être exulcérée. Et cependant, cette surface, bien que lisse, est suintante, et elle se débarrasse des cellules flétries, dont la cavité contient un peu de liquide, et des corpuscules de pus renfermés soit dans les cellules cavitaires^ soit dans les petits abcès microscopiques dont nous venons de parler. Dans toutes les plaques muqueuses en effet, à la vulve et au pharynx, il y a un courant de liquide qui, des vaisseaux capillaires, se dirige à la surface libre de la membrane, et qui entraine au dehors les corpuscules de pus siégeant dans les couches de repithélinm.
Nous avons représenté à un grossissement de 15 diamètres, dans la figure 4 de la planche I, une section de plaque muqueuse de l'amygdale, dans laquelle on peut jnger de Tépaississement relatif de toutes les parties constituantes de la muqueuse. Les couches épithéliales a, les papilles p et le tissu conjonctif n sont également tuméfiés. En by il existe une petite cavité qui s'ouvre à la surface et qui contient des globules de pus invisibles à ce grossissement.
Dans la figure 2 de la planche II, dessinée à 150 diamètres, on voit une série de ces cavités pleines de globules
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118 PUQLËS MUQUEUSES DES AMVGDÀLES
de pus, plus ou moins i^olamipeuses, m, m' y n» qui sont toutes situées à la surface de la muqueuse. Dans ce cas, tes cellules de la couche de Malpigbi, c, étaient, en majorité, creusées de cavités, ainsi qu'on peut en juger m^me ay^c ce faible grossissepient.
Les figures 4 et 5 de la planche II) représeptent aussi des plaques muqueuses de Tamygdale à nP grossissen^ent de 60 diamètres. Dans la figure 4, les couches épitbêliales sont très-épaissies et les papilles sont égalen(enttresi§paissies et allongées. Dans la pgure 5, la couche superficielle de répiderme présente plusieurs petits abcès semblables à ceux qui sont représentés dans la figure 2 de la planche II. Mais dans la figure 5 de la planche III, les cellules épithéliales sopt en partie désintégrées et la plaqu^ était explcérée par places.
Nous avons figuré (Qg. 3, pi. \S), à un grossissement plus considérable de 300 diamètres, une partie de la surfis épit)iélique d'une plaque muqueuse de Tamygdalp, ^fip de montrer les détails de structure de pes cellules cavitaires. Entre quelques-unes d'entre elles on yoit le ciment crénelé qui les unit, d. Les unes possèdent un noyau atrophique dans leur cavité, h \ d'autres son^ vide^, a ; d'autres, Cy (?, contiennent plusieurs éléipents cellulaires arrondis.
(^'lexistence de ces pellules superficielles cavitaires, ces petits ^bcès intra-épitbéliau)^, si remarquables et si curieux, ainsi que l'altération analogue, mais fuoins jnteqse, nioins compiqne dps cellules du corps muqueu:^ )es plus rapprochées des papilles, vous rendent parfaitement compte de l'opacité, de la couleur blanchâtre et de l'imbibitioa 4(58 cquch^.s 4e r^yête^ep^ 4ç§ papu)es niuqueuse^.
rj[oi^ Çfpyons fj^ue CQS p^^it§ ^bçps pu cpl|^tiopg dp
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LÉSIONS DES FOLLICULES CLOS il9
globulej; ^q pus proy^n^eot primiliyement des lèsio^^ de$ cellules éplUiéli^las. Ces cellules ipon^reraieat d'al)Qr4 on peu dQ Uqqfde épanché dans un^ cayité açtonf dfi leur noyau : un ou plusieurs corpiisculjss ^q pi^s ren^r ptiraient ^ un moment (^çné cette cavité à (a p|g|CQ du poyau ; puis en s'oqvr?ipî les unes d^ns les autres, }e§ cellules cavitaires donneraient lieu à des collections plu§ considérables. Les parois des petits ^bcès sont fonjiés par une ou plusieurs couches de cellules épidermiques apla^e§ par compression. 11 est probable aussi que ^e^ ce)li4e$ lymphatiques sorties des vaisseaux capillaires s1nfiltren( entre les celjules du revè^ejnept épithélial ejt yiem^ent ^e réunir ainsi ep petits abcès.
Quoi qu^il en soit de ce processus, vous avez, Messieurs, dans les plaqpes piuquepses des amygdales, pp e^iempli^ bien probant de suppuratiop insensible se passant à la surface d'une muqueuse sans qu'il y ait (le perte 4^ V^yètement lèpl^^élial. Au fieu d'être eptamé pt détruit, ^'iëp^r thélium sapjsrficipl est épaissi ainsi qujd )a pppcbe 4^ cellules du corps muqueux. Nous rj3t|ropyeron^ 4^§ ^^'^^ analogues dans une série d'autres éruptiops cutanée^.
Les papilles présentent au-dessous de l'épithélium et entre les prolongements de celui-ci, des vaisseaux dilatés à parois embryonnaires ; ces vaisseaux sont, comme les papilles, allongés ; le tissu du chorion muqueux montre la même altération de ses vaisseaux qui sont dilatés et pleins de sang. Entre les Qbres du tissu conjonctif, on trouve aussi une certaine quantité de cellules rondes, migratrices. Les parois des artères et des veines ne sont nullement sclérosées.
Les follicules clos de l'amygdale se montrent 9pr W^e
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lîO PLAQUES MUQUEUSES DE LA GORGE.
section comme des cercles réguliers assez volumineux séparés les uns des autres par des bandes de tissu conjonctif. Ils ont de 1/2 à 2 ou 3 millimètres de diamètre. Des préparations obtenues après durcissement dans Falcool, placées pendant quelques heures dans l'eau et traitées par le pinceau, permettent de voir très-bien le réticulum des follicules.
Dans le tissu conjonctif qui entoure les follicules, on trouve des fentes ou des canaux qui ne sont autres que des vaisseaux lymphatiques remplis de cellules rondes. A la limite externe des follicules, il existe aussi des fentes ou sinus lymphatiques péri-foKiculaires qui sont remplis de cellules lymphatiques et de grosses cellules munies d'un ou de plusieurs noyaux et contenant dans leur intérieur des globules sanguins, absolument semblables aux grandes cellules à noyaux multiples renfermant des globules rouges que nous avons décrites dans les ganglions. Dans le tissu réticulé on trouve des cellules lymphatiques ordinaires et, de distance en distance, quelques-unes des grosses cellules précédentes. Les fibrilles du tissu réticulé ne présentent pas d'altération.
Lorsque la section passe à travers les anfractuosités de Tamygdale, on voit que les follicules sont, au niveau de ces dépressions, recouverts d'une couche mince de tissu conjonctif tapissé lui-même par un revêtement de cellules pavimenteuses stratifiées. Il n'existe pas toujours des papilles sur les parties de la muqueuse pharyngienne qui s'enfoncent dans les dépressions de l'amygdale.
Les plaques muqueuses de l'amygdale peuvent être exulcérées comme celles des organes génitaux ; elles sont quelquefois aussi diphthéritiques, comme nous le verrons bientôt.
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INNOCUITÉ DE L ABLATION DES AMYGDALES SYPHILITIQUES lîl
Un fait assez remarquable an point de vue cliniqne, c'est Finsensibilité fréquente des amygdalites syphilitiques. Beaucoup de nos malades ne se plaignent nullement de la gorge, et cependant, lorsqu^on l'examine, on voit des amygdales très-grosses couvertes de plaques opalines, ainsi que les piliers et le voile du palais. Si on attire leur attention sur cette angine, elles disent qu'elles sont un peu gênées comme par quelque chose de gros, et, en effet, il n'y a pas de douleur par Téruption syphilitique, mais simplement de la gêne par l'hypertrophie tonsillaire.
L'insensibilité si fréquente de la gorge chez les jeunes filles plus ou moins nerveuses doit évidemment entrer en ligne de compte, mais il est certain aussi que les plaques muqueuses, comme toutes les éruptions syphilitiques,, donnent lieu à une douleur nulle ou presque insignifiante. Si vous voyez des femmes se plaindre à vous d'une vive sensation de douleur prurigineuse lorsqu'elles ont des plaques muqueuses de la vulve, des cuisses et de la région anale, cela tient surtout à ce que la peau est irritée, rouge, excoriée par l'abondance du suintement et en un mot par un eczéma intertrigo. De même dans le pharynx, la rougeur du voile et des piliers, la rougeur du pilier antérieur et de la partie de la gencive qui avoisine la dent de sagesse occasionnent assez souvent une certaine douleur, mais les plaques muqueuses de l'amygdale et même les plaques muqueuses bypertrophiques du pilier antérieur, comme nous en avons vu quelques-unes ici, ne sont pas du tout OQ sont à peine douloureuses.
Nous avons enlevé, chez quatre de nos malades^ les amygdales qui étaient à la fois hypertrophiées et couvertes de plaques muqueuses. C'est parce qu'elles étaient hypertrophiées que nous les avons enlevées. M. Théophile
^n INNOCUITÉ DE l'aBUTION DES AMYGDilLES SYPHÏUTIQUES
^ger m'a donpjè aiissideux afl^ygda^es, pp qui m'a permis d'ea examiner pp assez gfaD4 iiom))fe au microspope et de les étudier à l'état frais op placées daps des liquides aussitôt après leur ablation, pte quf est ^a meilleure coudi4pq pour biep faire depar^ils exapseji^.
Les plaies qui résiiUppt de Tabla^iop ayeo Tamygdalotome des amygdales hypertrophiées ou couverte^ 4e plar ques p[)uqpeuses, gpérissep); absolup^eut çpqafpe les plaies qp| spccèdeut à l'abl^tfpQ des ^myj^d^les simpljBpient t)ypertrophiées.
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CINQUIÈME ^EÇON