FIÈVRE SYPHILITIQUE
Après la cicatrisation du chancre, lorsque les muqueuses sont envahies par les papules humides, lorsque la peau est couverte d'éruptions disséminées depuis le cuir chevelu jusqu'à la plante des pieds; lorsque tous les ganglions sont tuméQés et atteints, on peut dire que l'économie toute entière est infectée : le sang est virulent et la syphilis est dans toute sa force. Elle est en pleine efflorescence.
Très souvent, au début de cette éruption ou quelques jours avanl, les malades ont une fièvre spéciale, la fièvre syphilitique. Les femmes, et surtout les jeunes femmes anémiques, affaiblies par le séjour de la ville, par les fatigues ou par les excès, notre clientèle deLourcine par exemple, est plus souvent alleinle que les hommes, qui résistent mieux et qui sont moins impressionnables. La fièvre s}'philitique s'accuse par des accès qui surviennent le soir ou pendant la nuit, qui sont plutôt marqués par le stade de chaleur que par le frisson, qui donnent lieu à une augmentation du degré de la chaleur interne et à une élévation du chiffre des pulsations. Il est rare que la température axillaire atteigne 39**: elle reste entre 38^ et 38%5. Les phénomènes généraux, le malaise, l'anorexie^ l'abattement, sont incomparablement moindres que lorsqu'il s'agit d'une fièvre intermittente et, à plus forte raison, d'une fièvre typhoïde; la langue en effet est bonne, le malaise est nul ou léger et l'appétit est généralement conservé, quelquefois même il y a de la boulimie. Ces accès, qui sont loin d'être aussi réguliers que ceux de la fièvre intermittente, car les stades de frisson, de chaleur et de sueur ne se succèdent pas avec leur ordre constant et le frisson manque même le plus souvent, ne sont nullement justiciables du sulfate de quinine. La durée de cette fièvre spéciale est très -variable, se bor-
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