NÉVRALGIES. — CHLORO- ANÉMIE
nanl à un ou deux accès précurseurs d'une éruption ou durant^ au contraire, pendant huit, dix jours ou même pendant plusieurs septénaires. D'après la statistique de M. Fournier, le tiers des malades de Lourcine aurait une fièvre syphilitique pendant la période secondaire. Je vous avouerai franchement, Messieurs, que, d'après mes souvenirs, elle serait beaucoup moins fréquente. Il est vrai que je n'ai pas spécialement noté cet accident, et il est de ceux qu'il faut chercher, car il peut échapper au médecin qui ne voit ses malades que le matin.
Les autres symptômes généraux qui accompagnent les éruptions cutanées syphilitiques sont les douleurs, les névralgies de siège varié, frontale, occipitale; la névralgie intercostale et les phénomènes nerveux d'hypéresthésie, d'anesthésie on d'analgésie. llest vraisemblable que ces derniers symptômes nerveux, observés seulement chez la femme, doivent être rapportés uniquement à l'hystérie. Les névralgies el les douleurs ostéoscopes ou rhumatoides, venant le long des os, même dans la période des accidents précoces, doivent être rattachés à des troubles matériels du côté du périoste, des articulations, des tissus fibreux et des os. Nous avons pu constater en effet de véritables périoslites et ostéites dans la période secondaire et M. Mauriac a publié des observations de périostoses apparaissant dès le début de celle période.
La chloro-anémie joue aussi un rôle important dans cette période d'éruption de la syphilis. Il paraît constant, d'après les numérations des globules rouges faites à l'hôpital du Midi par M. Wilbouchew^itch, que le nombre des globules rouges diminue progressivement sous l'influence de la syphilis et que l'usage du mercure arrête cette déglobuHsalion. Nous reviendrons sur ce point en étudiant l'ac-
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tion da mercare. Le nombre des globules rouges étant à rétat normal de 4,260,000 à 6»447,000 par millimètre cube, le chiffre moyeu des globules chez les sujets syphilitiques observés par M. Wilboucbewitcb était de 4,321 ,000, c'est^à-'dire un nombre voisin de la limite inférieure de rétat normal. Une cause certainement très*importante de cette anémie consiste dans la congestion et dans les inflammations de la peau sur une grande surface; les éruptions suintantes et suppuratives des organes génitaux et, chez les femmes, les pertes blanches, toujours assez abondantes, sont aussi des causes d'afiaiblissemeut ; le col de l'utérus, en effet, qu'il soit ou non le siège de plaques muqueuses, est généralement congestionné et atteint de ca^ tarrhe. La cbloro-anémie se manifeste par un sentiment de faiblesse, par l'inaptitude au travail, par les lassitudes qui suivent le moindre exercice.
Je vous ai donné, dans ma quatrième leçon, une classification des sypbilides cutanées. Nous allons décrire successivement ces diverses variétés en vous donnant l'anatomie pathologique de chacune d'elles. Ces variétés sont nombreuses, mais vous auriez tort de vous en effrayer, car, le plus souvent, les lésions élémentaires sont mélangées sur le même sujet, et leur mélange même, joint à Taspect caractéristique de l'éruption dominante, et aux accidents concomitants tels que les ganglions et les plaques muqueuses, fait qu'on ne peut hésitera formuler le diagnostic.
Prenez par exemple une des maladesque je vous ai montrées et qui offre un type d'éruptions syphilitiques précoces : elle présente sur le cou, sur la poitrine, sur les bras et sur les cuisses une roséole maculeuse diffuse qui devient papuleuse sur la partie inférieure du tronc et sur les avant*
SYPHILIOB ÉRYTHÉMATEUSE. «— ROSÉOLE 167
bras; à la paume des mains on voit de petites papules au niveau desquelles Tépiderme est squameux ou absent ; autour des ailes du nez, à la racine des cheveux^ sur le front et à la nuque, il existe quelques petites papules croùteuses, et même de véritables pustules avec une croûte brune dans les cbeveux. Dans le dos, jusqu'à la chute des reins, la roséole et les papules, les unes rosées, de la couleur.du jambon, les autres, rouges, cuivrées, se mêlent, et, par leur abondance et par la diversité de leurs couleurs, donnent Taspect de la peau truitée. Ajoutez à ces éruptions les ganglions du cou, de la nuque, des aines, les plaques muqueuses de la vulve, de la bouche, des lèvres et de Tamygdale, et vous aurez le tableau complet d'une éruption syphilitique précoce telle que vous la rencontrerez habituellement.
1* SYpmLU)E ÉR\THÉMATEUSE. — RosÉoLE. — Elle présente trois variétés : la roséole diffuse^ la roséole maculeuse et la roséole populeuse,
La roséole diffuse se caractérise par des marbrures rosées de la peau, par des lignes rosées, des taches et des rongeurs diffuses et très-superficielles disparaissant sous la pression du doigt lorsque la roséole est à son début, et ressemblant beaucoup alors à la rougeur de la poitrine et des épaules produite par l'impression de Tair lorsqu'on vient à les découvrir. Mais cette roséole syphilitique, pour peu qu'elle dure, est suivie de taches jaunâtres ou grisâtres dues à la présence de la matière colorante du sang dans le corps muqueux de la peau et qui ne disparaissent pas par la pression.
La roséole maculeuse est caractérisée par des taches rosées ou rougeSj tantôt arrondies, lenticulaires, à bords
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168 SYPHILIDES CUTANÉES PRÉCOCES
quelquefois assez nets, le plus souvent mal délimités et irréguliers. Ces taches, qui n'ont pas à leur début la coloralion cuivrée, et qui disparaissent complètement parla pression du doigt, présentent bientôt une teinte ecchymotique jaunâtre qui ne s'efface plus par la pression et qui est alors tout à fait caractéristique. Elles siègent, comme la roséole diffuse, sur le cou, le devant de la poitrine, les épaules, les bras, le ventre, le dos, les cuisses et tes jambes, sur presque toute la surface du corps en un mot. La face n'est pas toujours atteinte, cependant on l'observe assez souvent au front et au pourtour de la bouche. En s'effaçant,ces taches deviennent jaunâtres, ou jaune- verdâtrès, ou grises, comme de petites taches ecchymotiques.
Ces taches rubéoliques peuvent revêtir des formes trèsrégulières, circulaires, circinées (roséole circinée), en croissant, etc.
La roséole papuleuse est formée par des macules semblables aux précédentes pour la forme et pour la couleur, mais plus régulières, et ne disparaissant pas complètement sous la pression du doigt. La roséole papuleuse forme le passage entre la syphilide érythémateuse et la syphilide papuleuse ; elle se mêle souvent aux deux autres formes de roséole et elle apparaît un peu après la première poussée.
Tandis que la lésion de la roséole diffuse et maculeuse consiste simplement dans la congestion superficielle d'un territoire vasculaire limité de la peau, congestion qui s'accompagne de l'extravasation de quelques globules rouges et de leur matière colorante en dehors des vaisseaux, la lésion de la roséole papuleuse est plus intense, le corps papillaire est un peu épaissi, d'où les saillies légères que
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