SYPHILIS OSSEUSE HÉRÉDITAIRE. OS LONGS
ment aux dépens du périoste et du tissu flbreux qui émane du périoste. Nous reviendrons bientôt sur ces productions ossiformes en étudiant les exostoses des os plats.
Cette structure des ostéophytes syphilitiques est-elle absolument caracléristique en elle-même? Nous ne le croyons pas, car il suffit d'avoir vu des préparations d'os atteints de rachitisme avéré ou d'ostéo-malacie pour être sûr qu'on trouve à certain moment de l'évolution de ces maladies, sous le périoste par exemple dans le rachitisme, des couches épaisses de tissu ostéoïde ; dans ce tissu, les travées ossifiées sont séparées par du tissu fibreux contenant des cellules et qui tient lieu de moelle.
Nous ne sommes nullement étonnés de ces analogies de structure fine entre des lésions qui reconnaissent une origine difiérente. L'histoire tout entière de la syphilis nous fournit des faits analogues: par exemple les processus histologique d'une pustule d'ecthyma simple et d'une pustule syphilitique ne diffèrent pas^ bien que la lésion cutanée élémentaire évolue autrement et soit facile à attribuer à la syphilis par l'ensemble du caractère de révolution et de la forme examinée à l'œil nu.
De même pour les os : les phénomènes intimes qui se passent dans le cartilage d'ossification peuvent être les mêmes dans la syphilis et dans le rachitisme, mais le début, la marche et la terminaison sont différents.
Le diagnostic anatomique des lésions de la syphilis infantile et du rachitisme repose sur les faits suivants : Dans le premier degré de la syphilis on observe une exubérance de calcification du cartilage d'ossification et il existe des ostéophytes péridiaphysaires, ce qui n'a pas lieu dans le racbitis.
CORNIL. «0
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306 SYPHIUS OSSEUSE
Dans là seconde période du racbitis il y a du tissa spongoïde formé et une décalcification considérable de Tos, ce qui n'existe pas dans les os syphilitiques où, au contraire, on a des ostéophytes et un ramollissement médullaire entre la diaphyse et Tépiphyse, une disjonction épiphysaire.
Plus tard les lésions syphilitiques se rapprocheraient des lésions du rachitisme et Tos syphilitique deviendrait rachitique suivant M. Parrot.
Je vous ai exposé, messieurs^ ce que nous savions de Tanatomie des os longs dans la syphilis infantile d'après les documents publiés et d'après quelques observations qui me sont personnelles; mais il ne faudrait pas croire que cette anatomie pathologique soit complète : tant s'en faut. Depuis que les travaux de MM. Banvier,Wegner,Waldeyer et Kobner (1), Parrot, Poucet (2), etc., ont séparé ces lésions du rachitisme avec lequel on les confondait assurément jusque là, il faut recommencer l'étude des lésions du racbitis en ayant bien soin d'éliminer tous les enfants suspects de syphilis. Ce sera le seul moyen d'arriver à différencier la syphilis da rachitisme. Nous ne pouvons pas faire ici cette étude car nous n'avons de Lourcine que des enfants syphilitiques.
Les symft&ines observés pendant la vie, du côté des os longs, consistent, d'après M. Parrot, dans un épaississement de l'extrémité inférieure de l'humérus ou de la face interne du tibia perceptible au toucher : ou bien on trouve à la région moyenne d'un ou de plusieurs membres, des
(1) Waldeyeret Kobner. Bcilrœge zurKcnntnissderhereditœren Knochen-Syphilis. Wirchow^s Archiv, t. LV, p. 367, 1872. — Voir Fanalyse de ce travail à la fin de celte leçon.
(2) M. Ponset a présenté à la Société anatomique (1874, p. HH) neuf observations de lésions osseuses chez des enfants syphilitiques morts à la Maternité de Lyon et à TAntiquaille. Deux fols U y avait di^onctlon des epiphyses de tous les os longs; deux fois il y avait un rachitisme très-manifeste.
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SYPHIUS HÉRÉDITAIBË. EX08T0SES DU CRANE 307
Dodositéa dores de forme olivaire, correspondant à la for« mation da cal d^une brisure de quelques lamelles de la diapbyse. Il peut même y avoir une fracture complète dans la continuité d'un membre.
Des nodosités analogues sont aussi perceptibles à Tangle des côtes et au niveau des articulations chondro-costales. Ces tuméfactions^ de même que les incurvations et flexions des membres, sont symptomatiquement les mêmes que celles du rachitis.
A une période plus avancée, lorsque la diapbyse et Tos sont séparés par un tissu médullaire mou et inflammatoire^ on observe ce que M. Parrot a appelé la pseudo-paralysiô syphilitique qui est liée à la disjonction des épiphyses ; les enfants ne peuvent se mouvoir, ou sent la mobilité de la diapbyse sur Tépiphyse, et il existe des déformations. La formation do cal en pareil cas est très-tardive pour ne pas dire exceptionnelle.
Os phATs. — Les lésions les plus caractéristiques de la syphilis osseuse infantile sont assurément celles que M. Parrot a décrites sur les os dti crâne. La calotte crânieniie que je vous fais passer et qui provient d'un enfant syphilitique de 2 ans environ dont M. Th. Anger a fait récem-* ment Tautopsie en est un exemple très-remarquable. Vous pourrez y voir sur le frontal^ sur les pariétaux et sur Toccipital^ des mamelons osseux aplatis dont la circouférence est très-régulièrement circulaire, dont la surface présente la forme d'une calotte de sphère à grand diamètre, dont Tépais-' seur est variable. Il est facile de constater à l'œil nu, par leur couleur et leur résistance spéciales> que ce sont des exos« toses. Mais les lames superficielles et les travées qui forment ces tumeurs sont constituées par un tissu osseux moins
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résistant^ moins cassant, plas mou que le tissu osseux de Fadulte. L'épaisseur de ces exostoses est assez considérable dans leur partie centrale la plus saillante : elle atteint là 3 ou 4 millimèlres ou même davantage. Elles diminuent progressivement d'épaisseur jusqu'à leur bord qui se continue presque insensiblement avec la surface osseuse normale. Le périoste est généralement épaissi au niveau de ces exostoses^ et il leur adhère de telle sorte que des fibres du périoste resteùt attachées à la surface osseuse quand on le détache. A la surface de Fexostose on voit les trous vascnlaires par où pénètrent, avec le tissu fibreux du périoste, les vaisseaux des canaux osseux.
Si vous examinez à l'œil nu une coupe perpendiculaire à la surface de ces exostoses, vous pouvez déjà vous rendre compte de la disposition des lamelles osseuses de nouvelle formation relativement à l'os ancien. Ainsi dans le cas d'exostose la plus simple, telle que celle représentée dans la figure 4 de la planche VI à un grossissement de 12 diamètres, vous avez un os du crâne chez un enfant de 3 mois qui est réduit à son expression la plus simple : les deux lames osseuses du diploé, la table interne d et la table externe c sont séparées par un espace médullaire. Au bord de l'exostose, une nouvelle lame osseuse mince f, née du périoste, se sépare de la table externe suivant un angle trèsaigu. Entre la table externe et la lamelle de nouvelle formation le tissu conjonctif sous-périostique et des vaisseaux pénètrent obliquement. A mesure qu'on s'éloigne du bord de l'exostose les lames osseuses nouvelles, f, f, m, s'écartent de la table externe et le relief de la tumeur s*accentue. Entre ces deux lames osseuses il existe des espaces médullaires, n, remplis de moelle fibreuse et très-vascularisée; les lamelles osseuses de nouvelle formation, m, m, dirigées
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soit obliquement, soit parallèlement, soit horizontalement, par rapport à la surface osseuse, sans ordre régulier, s'interposent entre la lame externe du diploé elle périoste qu'elles soulèvent. La figure 4 de la planche VI vous rend bien compte de cette disposition^ en même temps qu'elle vous montre la section des vaisseaux v de la moelle fibreuse, et qu'elle vous fait pressentir la nature histologique du tissu qui remplit les espaces médullaires de l'exostose. Ce tissu est du tissu conjonctif fibrillaire contenant une grande quantité de cellules rondes et des cellules allongées. Les vaisseaux passent au milieu de ce tissu. Dans ce cas les lames osseuses anciennes sont normales et la moelle contenue dans les anciens espaces médullaires est simplement de la moelle embryonnaire, mais non fibreuse. C'est un cas typique d'exostose crânienne récente et très-simple.
La figure 5 de la planche VI représente, à un très-faible grossissement (6 diamètres), une section de cette môme exostose dans sa partie la plus saillante. La table interne de l'os ancien d est la seule qui soit conservée. Celle-ci envoie des prolongements ou lamelles osseuses de formation nouvelle c, plus ou moins régulièrement disposées, qui sont situées entre la lamelle interne ancienne d et la lamelle superficielle de l'exostose b.
Dans cette partie centrale de l'exostose qui est évidemment la plus ancienne, le système des lamelles osseuses de nouvelle formation s'est uni avec les lamelles anciennes de façon à constituer un os plat à système de Inmelles compliqué. Cette exostose présente la structure d'un os plat épais limité à chacune de ses surfaces par une lamelle osseuse.
Voici maintenant des préparations d'exostoses plus an-
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ciennes provenant du crâne de Tenfant syphilitique de deux ans, du service de M. Th. Anger, dont je viens de vous parler.
Ici la lésion est plus complexe, plus difficile à analyser : sur les sections perpendiculaires à la surface de Tes, vous pouvez voir, dans les parties rapprochées de la périphérie de Pexoslose, des lamelles minces parallèles à la surface et superposées; dans les parties centrales les plus épaisses^ vous avez une série de lamelles disposées le plus souvent sans ordre bien net, sauf sous le périoste épicrànien où il y a toujours de petites lamelles minces et parallèles à la surface de Vos.
Dans ces parties les plus épaisses, ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont de grands canaux médullaires, pleins de moelle rouge, dirigés perpendiculairement à la surface de Tos et qui, du périoste, se rendent dans l'os en se divisant de chaque côté en branches horizontales.
Les dessins au microscope, à de très-faibles grossissements vous rendront bien compte de cette disposition réciproque des lamelles osseuses et des canaux médullaires.
De même que, dans le fait précédent^ il est généralement facile de reconnaître les deux tables de Pos ancien qui sont situées à la partie inférieure de la section; toute Texostose est périphérique et située sous le périoste épicrànien.
La figure 7 de la planche VII, que j'ai dessinée à un grossissement de 15 diamètres, représente le bord d'une de ces exosloses. La section qui est perpendiculaire à la surface du crâne montre la naissance de Texostose. Dans la portion à peu près normale du crâne qui est à la gauche de la figure, on voit les deux tables du diploé, la table externe c, et la table interne a. La table externe c est la seule dont les lamelles osseuses aient conservé en
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partie leur direction régulière et parallèle à la surface de Pos ; la lame interne a montre au contraire une stratification de couches différentes dont l'aspect est presque fibreux^ même à ce faible grossissement et qui sont parcourues par de nombreux vaisseaux capillaires. La figure 8 représente cette structure à un plus fort grossissement. La zone b (fig. 7) de cette lame est immédiatement en contact avec la dure-mère.
Les couches osseuses nouvelles surajoutées à la lame externe s'étendent àea k h dans la figure 7. La lame n vient se superposer à la table externe : elle est mince et percée de trous vasculaires r. Au-dessous d'elle la partie la plus superficielle de la lame externe c' se vascularise également et plus loin^en b, elle ressemble à une production osseuse nouvelle. A mesure qu'on se rapproche de la partie épaisse de l'exostose, on voit une nouvelle lame osseuse d qui se dépose sur les deux autres^ puis une troisième h, et ainsi de suite.
Les vaisseaux l, qui, du périoste, pénètrent, avec le tissu fibreux, entre ces lames horizontales qu'ils séparent, ont une direction parallèle à la surface. Ces canaux sont étroits et ils sont reliés par des anastomoses verticales r , r. n en résulte que là, aux bords de l'exostose, les lamelles osseuses de nouvelle formation ont l'apparence d'une lame unique, épaisse, feuilletée horizontalement avec des canaux osseux horizontaux et verticaux.
On peut remarquer sur ce dessin que les canaux médullaires préexistants m, m, qui séparent les deux tables du diploé sont très-volumineux et que leurs bords sont irréguliers. De ces grands canaux partent de tous les côtés des canaux osseux très-nombreux^ surtout dans la lame interne qui est parcourue par des vaisseaux capillaires. Nous
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31 i SYPHILIS DES OS
reviendrons bientôt sur l'état de la moelle osseuse dans ces grands et petits canaux.
Lorsque, au lieu d'étudier la périphérie des exostoses, on examine au microscope leur partie centrale la plus saillante, on trouve une disposition plus complexe que j'ai représentée à un faible grossissement (6 diamètres) dans la figure 1 de la planche VIII. Le périoste épicrânien p est épaissi, fibreux et dense. Les deux lames préexistantes du diploé, la lame externe e et la lame interne tsont encore reconnaissables ; celte dernière a conservé ses rapports avec la dure-mère d. Mais la lame externe se dissocie en une série de lamelles horizontales et verticales séparées par de grands espaces médullaires, lamelles qui se continuent avec les lamelles nouvelles nées du périoste qui occupent les deux tiers supérieurs de la section. Au-dessous du périoste, il existe des lamelles osseuses trèsminces et généralement horizontales a, c, /', séparées par des canaux vasculaires étroits et percées de canaux vasculaires verticaux. On voit de plus, dans cette figure, de grands canaux médullaires contenant de la moelle jeune o, 0, qui se dirigent perpendiculairement du périoste où ils prennent leurs vaisseaux jusqu'à la table externe du diploé en envoyant latéralement des divisions horizontales dans les canaux médullaires voisins. Ces grands canaux sont habituellement limités par des travées osseuses / qui ont la même direction qu'eux, c'est-à dire qui sont verticales. Dans ces exostoses crâniennes, comme on le voit, les lamelles osseuses sont dirigées dans tous les sens suivant la direction des vaisseaux sanguins.
Entrons maintenant dans quelques détails relatifs à leur structure intime. Elles diffèrent des exostoses de l'adulte
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en ce sens qu'elles montrent très-son vent, sinon toujours, un état fibreux du contenu des espaces médullaires comparable à ce qui a lieu dans les ostéophytes syphilitiques des os longs.
La figure 2 de la planche VIII représente^ à un grossissement de 100 diamètres, des lamelles osseuses situées sous le périoste et faisant partie d'une de ces exostoses. Le tissu osseux est parcouru par des fibres de Scharpey on fibres de tissu conjonctif, dy s, s, qui se continuent d'une lamelle osseuse à une lamelle voisine, en traversant les espaces médullaires. Ainsi les deux faisceaux de fibres s, s, traversent complètement la cavité médullaire b. En la traversant, ils envoient des prolongements fibrillaires qui s'anastomosent avec les fibrilles qui remplissent la cavité médullaire. Ces fibrilles s'insèrent sur la lamelle osseuse et se continuent, dans l'intérienr de l'os^ dans les petites fentes représentées en c. Le canal médullaire b ne contient, sur la préparation que j'ai dessinée, aucune cellule libre, si ce n'est trois petites cellules rondes. Les faisceaux de fibres présentent seulement entre eux quelques cellules allongées et atrophiques m. Les corpuscules osseux sont assez réguliers dans leur forme.
La figure 2 de la planche VIII représente le degré le plus intense de l'état fibreux de la moelle osseuse. Le, il y a très-peu de vaisseaux sanguins. Mais entre cet état et la moelle normale, on peut observer tous les intermédiaires.
Les exostoses syphilitiques du crâne des enfants nouveaunés sont très-riches en fibres de Scharpey et en tissu fibreux. Les lamelles osseuses nouvelles en sont parcourues dans tous les sens et, le plus souvent, sans ordre régulier. Gela tient à ce que l'ossification des exostoses se fait toujours aux dépens du périoste, aussi bien dans les os longs
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des membres que dans les os plats du crâne, et que, de plus, rinflammation plus ou moins intense, interrompue et reprise, qui précède PossiQcation^ n'est pas de nature à s'accompagner d'une ostéogénèse régulière.
Pour montrer cette irrégularité de la direction des lamelles osseuses et des fibres de Scharpey, j'ai dessiné une partie de la lame osseuse interne du diploé au niveau d'une exostose du crâne du malade de M. Th. Ânger^ dans la figure 8 de la planche VII.
Dans cette figure^ on voit de grands espaces médullaires a, a^ remplis de moelle embryonnaire. La lame interne du diploe, étendue de 6 à /, présente partout des trousseaux de fibres de Scharpey qui sont, les unes parallèles entre elles, les autres entrecroisées ; elles se réunissent, s^écartent, forment des tourbillons, etc. Leur direction détermine la disposition des corpuscules osseux o. Dans la partie de la lame qui confine à la dure-mère, de s en 2, les fibres de Scharpey sont très-volumineuses et très-apparentes. Cette portion de l'os est vraisemblablement de nouvelle formation, car les fibres y sont toutes du môme âge et elles diffèrent comme aspect des fibres du reste de la lame. Dans cette portion de l'os comme dans toute l'exostose, des vaisseaux V et des capillaires t nés du périoste et de la duremère pénètrent dans les canaux médullaires après avoir parcouru le tissu osseux.
De plus, et c'est là un fait important, la moelle osseuse, contenue dans les grandes lacunes médullaires, était embryonnaire, composée de médulloc/elles. En même temps que cet état inflammatoire de la moelle, on remarquait le long des canaux, des échancrures m (fig. 8), des encoches remplies de cellules et au niveau desquelles les lamelles osseuses étaient coupées, ce qui indiquait une inflanuaation
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partielle de Texostose, une ostéite raréfiante^ par places, dans le tissu même de l'exostose.
D'après les détails d'histologie que je vous ai donnés au sujet des quelques faits d'exostoses syphilitiques d'enfants nouveau-nés que j'ai pu observer, il ne faudrait pas croire, Messieurs, que vous connaissiez toute l'histoire du développement de ces exostoses. Nous pouvons cependant la supposer avec une certaine vraisemblable en nous fondant sur ce que nous savons touchant l'ossification physiologique. Nous pouvons penser que ces exostoses se développent aux dépens du périoste des os longs et des os plats comme l'os normal, mais nous n'avons pas suivi complète» ment ce développement. Pour ce qui est delà fin, du mode de terminaison et de guérison des exostoses chez ces enfants lorsqu'ils arrivent à l'âge adulte, nous sommes encore bien moins avancés. Il est probable qu'après un certain nombre de poussées inflammatoires caractérisées par l'état embryonnaire de la moelle contenue dans les canaux osseux et par une résorption partielle des lamelles, le processus se termine par une ossification définitive et un état normal de la moelle, mais je ne connais pas d'observations probantes sur ce point.
Ce qui précède s'applique uniquement aux cas de syphilis congénitale, c'est-à-dire à ceux où la vérole évolue et se localise du côté des os, en même temps que se fait l'os-^* sification physiologique. Il va sans dire que, plus tard, lorsque l'ossification est achevée, la syphilis héréditaire qui peut se manifester tardivement, comme on le sait se conduira vis-à-vis des os comme la syphilis acquise de l'adalte. Nous en avons une preuve dans l'observation de M. Bouchard. (Voyez page 332 et suivantes.)
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Les symptômes des exostoses cràDienoes syphilitiques des enfants nouveau-nés ont élé décrits récemment, pour la première fois, par M. Parrot qui les regarde comme une preuve incontestable de là syphilis. Nous ne pouvons mieux faire que de citer textuellement son excellente description (1).
c En promenant la main sur la tête de Tenfaut, Ton y sent des inégalités, dont un examen plus attentif permet de reconnaître la configuration et la place. Ce sont des mamelons aplatis, comme étalés, d'une saillie et d'une étendue variables, peu larges au début, et d'un contour parfaitement circulaire, pouvant s'accroître sans changer de forme, mais qui, le plus souvent, s'allongent dans une ou deux directions, presque toujours les mêmes. Ils sont durs, et n était leur saillie. Ton croirait toucher les parties saines du crâne. Ce u'est que dans quelques cas rares, lorsque la pression que l'on exerce à leur niveau est considérable^ qu'ils paraissent doués d'une certaine élasticité.
» Ils ont quatre sièges de prédilection, les seuls qui nous intéressent au point de vue de la clinique ; à savoir : les deux frontaux et les deux pariétaux, au voisinage du bregma. DVdinaire, ils sont symétriquement disposés par rapport aux sutures métopique et sagittale, mais parfois ils n'existent qu'en avant ou en arrière de la suture coronale, et sont très-inégalement développés à droite et à gauche.
» Ces différences^ d'ailleurs, n'enlèvent pas leur impor-
(1) Leçons sur les maladies du premier âge. Progrès médical, n» du 6iulllell878.
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TÉNOSITE ET SYNOVITE SYPHILITIQUES. 317
tance aux mamelons ; il suffit que Ton en constate un, avec les caractères que je viens de vous faire connaître, pour que Ton puisse affirmer son origine syphilitique. L'altération peut atteindre tous les os péri-bregmatiques, on seulement quelques-uns d'entre eux.'
9 Dans le premier cas, les quatre mamelons sont séparés les uns des autres, par des rigoles d'autant plus profondes, qu'ils sont plus saillants. Elles correspondent aux sutures sagittale et médio-frontale et à la suture coronale. Habituellement, quand le sujet est suffisamment âgé, la place de la membrane bregmatique, complètement ossifiée, est marquée par une cinquième saillie dure et losangique, pour ainsi dire enchâssée, entre les quatre autres, et circonscrite par des sillons qui semblent résulter du dédoublement en ce point, des deux rigoles inter-fronto-pariétales.
» Dans quelques cas, les mamelons postérieurs sont très-étendus, très-saillants, séparés par une rigole profonde, et donnent à la région qu'ils occupent, une certaine ressemblance avec les organes qualifiés de nates par les Latins, c'est pour cela, que j'ai appelé natiformes les crânes altérés de la sorte»
> Pour peu que les lésions que je viens de vous faire connaître soient accentuées, il suffit d'appliquer la main à la surface du crâne, pour les reconnaître; et souvent elles frappent la vue, môme â distance.
Altérations des tendons et des synoviales dans la syphilis. — Les tendons peuvent être le siège de gommes diffuses ou circonscrites: ce sont surtout les gros tendons, le tendon d'Achille, le tendon rotulien, l'attache tendineuse du muscle stemo-cléido-mastoîdien, les tendons des
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^-;>. .^jUiXîîs :Hii%nÈ>« synoviales el en panjnniier la Km NU .^^.lvt,•iJ.^**iile, plus rarement ceUes da dem^ieiid H ^vM/^s i^f ^ lubérosité du tibia, de rolécriine, elc^ son: iMmu^ de la même façon (Vernenil, Keyes). La paroi ih- 'ik boorse sérense est le siège d'une inflammatkm otin^ nique qui porte sur le tissu fibreux et qui TépaîssU : il peut même y avoir des gommes situées dans le tissa codjonctif périphérique. En même temps on observe ud àpancbement plus ou moins abondant dans la cavité sèreoiie. Cette lésion débute et progresse lentement, sourd€smeul, le plus souvent à la suite de contusions. Elle n*esl généralement pas grave, à moins qu'une gomme du tissa <)eltelaire ne se fasse jour à la peau et n'occasionne uo xùcère qui communique profondément avec la bourse syncmaie.
Les articulations sont quelquefois atteintes d'une arihrUr chronique de nature syphilitique sur laquelle M. Riobfft a appelé Tattention dans son beau mémoire sur les tumeurs blanches. L'arthrite n'est généralement pas aloi? primitive, mais elle succède à des altérations syphUitignes des tendons ou des ligaments, ou des os, ou du tissu cellulaire qui double la synoviale. Nous avons en l'occasion devoir plusieurs spécimens de ces arthropathies, mais nous n'avons jamais eu l'occasion d'examiner en quoi €fl« consistent anatomiquement. Les autopsies du reste en sont peu communes car il n*y en a pas de relatées dans le mémoire de M. Richet^ non plus que dans la thèse de M. Voisin sur le même sujet ; je n'en connais pour mon compte qu'une seule^ c'est l'autopsie très-importante rapportée par M. Lancereaux. Il existait dans le genou droit
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ARTHtUTB SYPHILITIQUE 319
une masse jaune-grisâtre, élastique, de nature gommeuse, ayant jusqu'à 4 centimètres d'épaisseu^ occupant ane partie du tendon rotulién, le peloton graisseux situé en arrière de la bourse synoviale et tous les tissus fibreux insérés au pourtour du tibia. Une lésion de même nature, mais moins étendue, se montrait dans le même siège au genou gauche. En outre de ces productions gommeuses caractéristiques, il y avait un épancbement synovial^ un épaississement inflammatoire de la synoviale et une éro-. sion des cartilages. Il est difficile de dire quelles sont les altérations anatomiques de la jointure dans les cas qui se terminent par la guérison. Mais comme la palpation de Tarticulalion du genou qui est le siège le plus fréquent de cette arthrite fait sentir des masses molles, élastiques ou des plaques indurées, ou même des corps durs sur les côtés des ligaments roluliens ou dans les replis synoviaux, on peut penser que la synoviale est doublée en pareil cas par des néoplasmes fibreux ou gommeux plus ou moins considérables.
Après le genou qui est le siège le plus habituel de l'arthrite syphihlique, viennent les jointures du coude, de la hanche, du coude-pied, de Tèpaule, du poignet, de la mâchoire inférieure. L'arthrite est habituellement fixée sur une seule jointure ; cependant elle peut se montrer à la fois aux deux genoux.
Les symptômes consistent dans la tuméfaction de Tarticle par suite d'un épancbement inflammatoire dans la synoviale. Ainsi, par exemple, le gendu est tuméfié et on constate une assez grande quantité de liquide. La palpation donne la sensation d'un empâtement élastique, moins liquide que dans l'hydarthrose et se rapprochant de la sensation qu'on éprouve en palpant une tumeur blanche.
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3$0 ARTHRITE SYPHIUTIQUE
Quelquefois on sent des plaques indurées ou des nodosités. La douleur est généralement peu vive; quelquefois elle Test plus la nuit que le jour; le' mouvement du membre est ordinairement aboli ou très-difficile.
Le diagnostic ne pourrait être fait le plus souvent sans tenir compte des antécédents et des manifestations sypbi* litiques contemporaines. On hésiterait assurément pendant longtemps, dans un grand nombre de cas, entre une tumeur blanche et une aiïection syphilitique.
L'emploi de l'iodure de potassium servirait alors de pierre de touche dans un cas difficile s'il s'agissait d'un adulte ou d'un enfant chez qui l'on soupçonnerait la syphilis. L'arthrite syphilitique de moyenne intensité est, en effet, assez rapidement amendée et guérie par l'iodure de potassium. Nous publions ici un cas de ce genre. (Voyez page 338.)
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