PAR LE DR EMILE BAUDOT
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PRÉFACE
La syphilis est une de ces rares maladies qui jouissent du privilège de présenter sans cesse de nouveaux sujets d'étude et d'exploration. Depuis la fin du quinzième siècle, en effet, la syphilis a donné naissance à des travaux aussi nombreux qu'intéressants ; toutes ses manifestations ont été successivement recherchées, étudiées et décrites : manifestations primordiales, manifestations secondaires, manifestations tertiaires et quaternaires; c'est surtout, il faut le dire, aux patientes investigations de nos contemporains qu'est dû le couronnement de l'édifice; c'est aux recherches de Wirchow, de Frerichs, etc., en Allemagne; des médecins de l'hôpital du Midi et de l'hôpital Saint-Louis, en France, que nous sommes redevables de la connaissance de l'évolution des symptômes syphilitiques et des lésions viscérales de la syphilis. Aujourd'hui l'histoire symptomatologique, je dirai même volontiers anatomo-pathologique, est assez avancée, pour que nos contemporains ou nos descendants n'aient plus que quelques détails à ajouter à l'œuvre édifiée. Mais sommes-nous aussi instruits relativement aux conditions du développement de la syphilis ? Il y aurait lieu d'en
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douter, si l'on ne tenait compte que des dissentiments qui existent entre les divers syphiliographes ; et cependant ce ne sera pas la moindre gloire, la plus faible conquête de notre époque, que la démonstration de la contagion des accidents secondaires, de l'inoculation de la syphilis au moyen du sang des syphilitiques et de la vaccination. L'inoculation spontanée ou artificielle de la sécrétion du chancre n'est pas seule, en effet, l'occasion du développement de la syphilis ; Je seul point qui reste peut-être encore un objet d'indécision, c'est la détermination des sécrétions ou des liquides dont l'inoculation peut être la cause de l'apparition de lasyphihs.
Il y a un peu plus d'un an, au sortir de l'hôpital Saint-Louis, où je m'étais livré avec ardeur à l'étude des affections de la peau, sous la direcUon d'un maître justement célèbre, le docteur Bazin, je recherchais, dans mes moments de loisir, quelles étaient les origines de la syphilis, et je me posais successivement les questions suivantes: La syphilis naît-elle spontanément? Quelles sont les conditions de développement de la syphihs accidentellement acquise ? etc. C'est en faisant les recherches nécessaires à la solution de ces questions que j'eus l'occasion de traduire les leçons de M. Henri Lee, imprimées dans le journal The Lancel: « De l'Inoculation de la syphilis par la vaccination ; n c'est, après avoir lu attentivement ces leçons, dans lesquelles je trouvais des aperçus intéressants, que l'idée me vint de Hvrer à la publicité la traduction que j'avais faite, et pour laquelle j'ai peut -être besoin de demander quelque indulgence.
Nul moment ne pouvait être plus propice à la publication de ces leçons : mardi dernier, M. Devergie lisait
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à l'Académie de médecine une observation de syphilis communiquée à un enfant par la vaccination, et celte lecture soulevait une discussion à laquelle prirent part MM. Ricord, Depaul, Gosselin, J. Cloquet, elc. L'allention du monde médical est donc en ce moment naturellement attirée sur l'inoculation syphilitique et ses rapports avec la vaccination, et la lecture de cette brochure offrira peut-être quelque attrait et quelque intérêt.
J'ai cru devoir faire suivre les leçons de M. Henri Lee d'un résumé de l'observation de M. Devergie, et de la discussion qui a eu lieu à l'Académie de médecine (1).
D'' Émile Baudot.
22 mai 1863.
(1) Dans une note de la page 15, nous avons dit : « M. Langlebert a soutenu que l'inoculation d'un accident secondaire donnait naissauc» à un chancre induré.
« M. Auzias-Turenne, au contraire, prétend que Tinocnlaliou des accidents secondaires donne naissance à une papule qui s'ulcère, elc. (pseudo-chancre induré).»
Nous devons ici avertir que ces deux opinions ont été émises à la Société médicale du Panthéon, en 1856, et nous devons, pour rendre a cliacun ce qui lui est dû, rapporter les passages suivants des procèsverbaux des séances du U septembre 1855 et 13 février 1856 •
« M. Langlebert ne partage pas les doutes de M. Bassereau quan a la communication des accidents secondaires ; sur ce point, il est de 1 avis de M. Auzias-Turenne, elc.
" M. Langlebert pense que la syphilis constitutionnelle a constamment pour point de départ un chancre, et spécialement un chanc .ndure lors .ème qu'elle a été communiquée par le produi In accident secondaire. Celte observation lui est inspL par ce alu Tit M. Auz^as, lequel dans les conclusions de la consullafioa qu vie délire, considère la syphilis constiiulionnelle communiquée d rel' ment comme débutant souvent sous la forme papuleuse !
DE L'INOCULVTION^ SYPlllLlTiQuE
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