ÉTAT DES GANGLIONS
Etat des ganglions. — Les ganglions sont-ils touchés par les glossites tertiaires? Question grave, question essentielle au point de vue diagnostique.
La règle, c’est que les glossites tertiaires , scléreuses ou gommeuses , ré ê oeil lent aucune réaction , aucun retentissement sur les glandes lymphatiques.
Je ne connais pas d’exception à cette règle en ce qui concerne les glossites de forme scléreuse. Il n’en est pas tout à fait de meme pour celles de forme gommeuse. En quelques cas trèsrares, on a signalé, au voisinage des gommes linguales, des engorgements ganglionnaires manifestement symptomatiques. Chez le malade, par exemple, qui présentait cet effroyable phagédénisme tertiaire de la langue dont je vous ai entretenus précédemment , plusieurs glandes étaient prises et figuraient de grosses noisettes au-dessus de l’os hyoïde et sur les parties latérales du cou.
De quelle nature sont les adénopathies qui se produisent en pareil cas? Faut-il les considérer comme des adénopathies simples, purement inflammatoires, ou bien au contraire comme des adénopathies gommeuses concomitantes? C’est là ce que je ne saurais dire, car je n’ai pas encore eu l'occasion d’examiner anatomiquement une lésion de ce genre. En tout cas, je n’ai jamais vu ces adénopathies s’abcéder. Elles persistent plus ou moins longtemps, à l’état de tuméfactions froides, indolentes, chroniques d’évolution, puis se résorbent et disparaissent avec la gué" rison des ulcérations linguales; voilà tout ce qu’on en sait jusqu'à ce jour.
D’ailleurs, je vous le répète encore et à dessein, ces adénopathies symptomatiques de gommes linguales sont extrêmement rares, absolument exceptionnelles. Elles font défaut, sinon toujours, au moins dans l’énorme majorité des cas. De cela vous verrez l’importance dans un instant, alors que nous aborderons le chapitre du diagnostic différentiel.