LÉSIONS TERTIAIRES DE LA MUQUEUSE NASALE
Les lésions tertiaires de la muqueuse nasale sont encore identiques comme forme à celles qui précèdent. Ce sont ou des syphilides ulcéreuses ou des lésions gommeuses .
A la partie antérieure des fosses nasales, là où nous pouvons le mieux apprécier ces lésions, nous les voyons consister soit en des ulcérations qui se produisent à la face interne des narines, à la paroi interne de l’aile du nez ou sur la cloison, ulcérations assez creuses, circonscrites en général, quelquefois découvertes, quelquefois partiellement revêtues de croûtes ; — soit plus rarement en des productions gommeuses. Comme exemple de ce dernier ordre de lésions, je vous citerai un malade qui, après 26 ans de syphilis, fut affecté d’une infiltration gommeuse de l’aile du nez. La face cutanée de la région était semée de petits nodules gommeux secs, surmontés çà et là de fines croûtelles. A la face interne proéminait une série non moins nombreuse de petits mamelons hémisphériques, régulièrement arrondis, réunis en groupe et serrés les uns contre les autres ; recouverts par la muqueuse encore intacte mais vivement injectée, ces mamelons rappelaient assez bien l’aspect d’une grappe de groseilles rouges.
Ces deux ordres de lésions ne présentent rien de spécial comme symptômes et comme évolution. Quelques-unes de leurs particularités locales méritent seulement de nous arrêter.
Ce que présentent de remarquable ces lésions, c’est d’abord leur indolence excessive. Elles naissent et se développent le plus souvent à l’insu du malade. Souvent même elles arrivent à ulcérer, à détruire le tissu sous-muqueux sans que les malades en aient conscience. C’est ainsi qu’en bien des cas on a vu des ulcérations nasales perforer la cloison tout en restant absolument latentes , ignorées.
Plusieurs faits de ce genre sont consignés dans la science. Récemment encore, j’ai eu l’occasion d’en observer un exemple. Une jeune femme vint me consulter, ge plaignant d'une « mauvaise odeur » qu elle répandait par le nez. J’examinai le
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et découvris aussitôt une perforation récente de la cloison, perforation assez étendue, du diamètre d’une pièce de vingt centimes environ. Or, cette lésion aval i passé inaperçue, et la malade fut stupéfaite littéralement quand je lui en révélai
Comme symptômes spéciaux, ou plutôt comme conséquences spéciales de ces lésions ie signalerai encore : 1° la mauvaise odeur de l’air sortant des narmes, odeur plus ou moins fétide, aboutissant parfois à l’ozène ; — 2° les troubles del odorat, se produisant alors que la muqueuse est affectée sur une certaine etendue ou
que des filets du nerf olfactif viennent à être intéressés.
En raison de son peu d’épaisseur et de son adhérence intime avec les os qu elle recouvre, la pituitaire ne saurait être profondément affectée dans sa trame sans danger pour le système cartilagineux ou osseux. Aussi, dans la plupart des cas, les ulcérations profondes de cette muqueuse aboutissent-elles à ceci : lésions cartilagineuses et surtout lésions osseuses ; inflammation des os ; nécrose consécutive , et5 comme conséquence, effroyable infirmité connue sous le nom d 'ozène tertiaire.
’ Aussi, l’importance des lésions tégumentaires s’efface-t-elle ici devant celle des lésions osseuses, lesquelles cependant, en bien des cas, ne leur sont que consecutives. Pour cette raison, je renvoie ce que j’aurai à vous dire de ces accidents au chapitre des lésions osseuses nasales, qui feront le sujet d’une de nos prochaines
réunions.