GÉNÉRALITÉS
gue ». Nous verrons jiar ce qui va suivre que cette unification des dégénérescences tertiaires de la langue ne saurait subsister devant les progrès de l’étude clinique.
La syphilis tertiaire produit dans la langue deux sortes de lésions, lésions parfaitement distinctes et même dissemblables, que la nature peut bien nous montrer parfois réunies, mais que souvent aussi, le plus souvent, elles nous offre isolées et indépendantes. Il y a donc un intérêt sérieux, un véritable intérêt clinique, à respecter les différences tracées parla nature et à décrire séparément les deux formes de glossites tertiaires que la maladie est susceptible de déterminer, à savoir :
1° Les GROSSITES SCLÉREUSES ;
2° Les GLOSSITES GOMMEUSES.
II. Fréquence. — Les lésions linguales que nous allons étudier figurent parmi les accidents de la syphilis tertiaire avec une fréquence qu’on peut qualifier de moyenne. Elles ne s’observent pas communément, cela est vrai. Ainsi, nulle parité de fréquence par exemple, à établir entre elles et les lésions tertiaires si banales
7 I01 6 Pa atm‘ Cependant oa ne lai!«e pas de les rencontrer de temps a autre. Dans ces derniers temps, par exemple, vous
avez pu en compter jusqu’à 4 cas réunis simultanément dans nos salles. Et, pour ma part, j’ai déjà eu l’occasion d’en recueilir ici ou ailleurs plus d’une soixantaine d’observations, d’après lesquelles sera tracée la description qui va suivre. 1
III. Causes - Je ne vous parlerai de l’étiologie de ces lésions <iu pour relever un fait essentiel à signaler. Les glossites e^i-essont infiniment plus fréquentes cke, Uomme J, che2 “
ra“r chez6 ?' Tnee “Tnne dlez ni0mme’ elles deviennent es la femme. Cela, du moins, résulte dans une pro-
poition frappante de mes observations personnelles.
faU lie mé8alité “brique trouve-t-elle son explication dans un connu, a savoir que 1 excitation de la muqueuse buccale
GLOSSITES TLRTIAI11ES.
par le tabac ou l’alcool devient une cause d’appel pour toutes les lésions de la bouche et de la langue en particulier, causequi, trèscommune chez l’homme, fait au contraire relativement défaut chez la femme? Cela est possible, et je dirai môme cela est admissible rationnellement. Toutefois, ce qui n’est pas moins essentiel à ajouter, en ce qui concerne la syphilis, [c’est que les lésions linguales tertiaires n’ont pas besoin do ces causes adjuvantes, secondaires, accessoires, pour se produire. Elles se produisent bien sans elles, sous la seule influence de la disposition diatliésique. Et la preuve, c’est qu’on les observe parfois chez des sujets qui ne sont pas buveurs et qui ne fument pas. Dans ces derniers temps, par exemple, j’ai traité d’une glossite gommeuse assez rebelle un homme des plus sobres, qui n’avait jamais fumé.
1Y. A quelle époque de la diathèse se produisent ces lésions?
Ce sont, vous le savez, des lésions tertiaires. Or, comme la plupart et même comme la grande généralité des lésions de cet ordre, elles peuvent apparaître à des époques variées de la période tertiaire; et cela, parce que leur date d’invasion est susceptible soit d’être retardée par l’intervention du traitement, soit inversement d'être avancée par des causes d’excitation locale.
En tout cas, dans les faits que j’ai observés personnellement, je trouve pour ces lésions un maximum notable de fréquence entre la cinquième et la quinzième année de la diathèse.
Quelquefois je les ai vues, plus précoces, se montrer dès la troisième et même dès la deuxième année. Il en est surtout ainsi pour les formes scléreuses, tandis que les formes gommeuses sont relativement plus tardives et ne commencent guère à apparaître qu’au delà de la quatrième ou de la cinquième année.
Par contre, dans un certain nombre d’autres cas, elles ne se sont manifestées qu’à échéance beaucoup plus reculée, de la quinzième à la vingtième année après le début de l’infection.