DES
Messieurs,
Le hasard a conduit dans nos salles, ces derniers temps, toute une série de malades affectés, les uns de lésions syphilitiques tertiaiies de la langue, les autres de lésions linguales étrangères à la syphilis, mais présentant avec ces dernières des ressemblances objectives plus ou moins accusées. Hâtons-nous de profiter de
1 occasion quinous est offerte pour étudier des types pathologiques aussi dignes d’attention.
Je me propose donc de vous entretenir aujourd’hui des glossUcs tertiaires. Sujet difficile et obscur encore en nombre de points,
mais sujet pratique par excellence et réclamant de nous une étude des plus sérieuses.
I. Que sont les lésions dites glossites tertiaires? En quoi consistent-elles? Quelle idée générale nous en faire tout d’abord?
Je vous disais dernièrement, en essayant de caractériser à grands traits les attributs de la diathèse à ses diverses périodes, que la syphilis tertiaire est presque invariablement constituée par des hyperplasies de tissus, hyperplasies qui, une fois formées, aboutissent ultérieurement à Tune ou à l’autre des deux terminaisons suivantes, à savoir: la sclérose ou la gomme. Eh bien, dès aujourd’hui vous allez trouver dans l’histoire des glossites tertiaires une première confirmation de cette proposition générale.
D’une part, en effet, les glossites tertiaires sont et ne sont que des hyperplasies , c’est-à-dire des lésions constituées par la prolifération de jeunes cellules qui, déposées dans la trame des tissus, y persistent, s’y multiplient, et y déterminent ce qu’on qualifiait autrefois du terme vague «d’engorgements », ce qu’on appelle de nos jours des infiltrations diffuses ou des nodosités circonscrites.
Et, d’autre part, originairement constituées par des hyperplasies cellulaires, ces glossites tertiaires aboutissent ultérieurement à telle ou telle des modalités anatomiques que voici:
Tantôt, elles tendent à persister, en s’organisant d’une façon qui devient définitive. Ce premier processus constitue la sclérose , et les lésions qui en résultent sont les glossites dites scléreuses.
Tantôt, ces mômes hyperplasies subissent une dégénérescence hâtive, tendent à se détruire spontanément, à mourir, et nécessairement à s’éliminer de l’organisme. Ce second processus constitue la gomme, et les lésions qui en dérivent iont dites conséquemment glossites gommeuses.
Un confondait jadis, et la plupart des auteurs confondent encore aujourd’hui ces deux ordres de lésions sous la rubrique commune « d'infiltrations gommeuses, de tumeurs gommeuses de la lan-