SYPHILITIQUE
Premier cas. — Le 4 mai 1838, le nommé P... (Pierre), âgé de vingt-cinq ans, d'une bonne constitution, soldat au 1" régiment d'infanterie de marine, fut soumis, comme tous ses camarades, aux revaccinations prescrites par le règlement. Trois piqûres lui furent faites à chaque bras au moyen de la lancette.
Le virus vaccinal avait été fourni par de bonnes pustules prises sur le bras d'un autre militaire qui avait eu, trois mois auparavant, un chancre induré à la verge, pour lequel il avait subi un traitement complet à l'hôpital de la marine. Cette particularité, bien entendu, était ignorée alors de M. Lecoq, qui n'en a été informé que plus tard.
Huit jours après l'inoculation, on remarque que l'évolution des pustules vaccinales a complètement avorté ; seulement une des piqûres conserve une légère irritation. Cette piqûre présente à son centre un petit point noir entouré d'un cercle rouge assez prononcé, déterminant un peu de chaleur et de démangeaison. Peu à peu l'inflammation gagne en étendue, et la lésion s'accroît.
Une ulcération apparaît au bout de quelques jours ; légère d'abord, elle s'étend, se creuse, et produit alors une assez vive douleur.
Cette ulcération, loin de marcher vers une cicatrisation régulière, s'agrandit chaque jour; ses bords sont taillés à