‹ Leçons sur la théorie analytique de la chaleurChapitre 171 sur 242 · SECOND LEMME · texte numérisé non relu

SECOND LEMME

Il résulte d'une belle suite d'expériences directes, due à M. Despretz, que l'échauflement d'un liquide par en haut, et son refroidissement par en bas, en évitant le plus possible tout courant intérieur, paraissent s'opérer suivant les mêmes lois que réchauffement et le refroidissement des solides. On peut admettre, d'après cela, qu'un liquide cristallin se conduit, relativement à la propagation de la chaleur, comme s'il était solide. C'est-à-dire que, pour lui, l'équation qui régit la température est la même que pour le milieu cristallisé, avec la seule différence de grandeur du

coefficient k^= — On conçoit, en effet, que si l'on cherche

à établir l'équation générale de la chaleur dans le milieu liquide, lorsque ses molécules ne se déplacent pas, on sera conduit aux mêmes conséquences, à la même» théorie de la conductibilité, soit constante, soit changeante avec la direction, que pour un milieu solide.

Pareillement, si l'on cherche à établir les équations qui doivent régir les vibrations dues à l'élasticité du même liquide cristallin^ lorsque ses molécules ne font qu osciller autour de leurs positions d'équilibre, on sera encore conduit aux mêmes conséquences, à la même théorie de l'élasticité, soit constante, soit changeante avec la direction, que pour un milieu solide. Il n'y aura d'autre différence que dans la grandeur absolue des coefficients, qui pourront conserver les mêmes rapports, en obéissant aux mêmes

THÉORIE DE LA FORMATION DES CKISTAl X. 2^3

lois. C'est ainsi que certaines propriétés des cristaux solides, telles que le pouvoir rotatoiredes plans de polarisa* tion, se retrouvent dans les dissolutions du même sel.

Cette extension des deux solutions, au liquide cristallin, constitue le second lemme. Là, comme dans le premîer^ les lois du refroidissement, et celles de l'état vibratoire, se superposent en quelque sorte. Mais, il y a cette diiîérence remarquable, que, pour la chaleur, l'intégrale par série périodique n'a rien d'essentiel, et n'est qu'accidentelle; tandis que, pour les vibrations, cette forme périodique est exigée par l'existence de concamérations identiques, vibrant à l'unisson. Cette dernière nécessité, parait indiquer que la forme polyédrique des cristaux naturels, est le résultat d'un phénomène de vibrations.

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