‹ Leçons sur la théorie de l'élasticitéChapitre 6 sur 37 · Composition des déformations. — Considérons · texte numérisé non relu

Composition des déformations. — Considérons

un point M, soit M' sa position après une première déformation. Une autre déformation amène M en M" et M' en M'".

Si l'on fait subir au corps successivement ces deux déformations, le point M viendra en M'". Les deux points M et M' sont infiniment voisins; donc les vecteurs MM" et M'M'" qui représentent les déplacements de ces points peuvent être regardés comme égaux et parallèles. Le quadrilatère MM'M"'M" est donc un parallélogramme, c'est-à-dire cpic MM'" est la somme géométrique des déplacements MM" et M"M"' qu'éprouve le point M quand on soumet le corps successivement aux deux déformations.

13. Supposons que le corps conserve une forme invariable; il n'y a plus à proprement parler de déformation, mais un simple déplacement. Ce déplacement peut se décomposer en une translation et une rotation, la translation étant égale et parallèle au déplacement ;,,, t,^,, Co de l'origine, et la rotation ayant lieu autour d'un axe passant par cette mê.me origine. Cette rotation pourra être remplacée par trois autres p, ^, r effectuées autour des axes coordonnés. Les formules qui donnent le déplacement du point [x^ y, z) sont donc :

j ; = ;o -t- f/- — rij

\ '^1 = '^10 + ''^'^^ — i^^ ! X, =1^ ^ py —qx

Les dilatations et les glissements sont nuls dans un tel mouvement.

La réciproque n'est pas évidente; nous allons la démontrer, c'est-à-dire faire voir que, si les dilatations et les glissements sont nuls, le corps se déplace à la façon d'un solide invariable.

Notre hypothèse est que Ton a les relations :

dl l '■^^ i^ ^'^^^

dx~~ l dy dz

df\ j i^ j ^

dy \ dz dx

dX. \ dy\ d\

dz \ dx dy

Différencions la première des équations du dernier groupe par rapport à x^ la seconde par rapport à y, la troisième par rapport à z, et nous aurons :

dxdy dzdx d^\ . dK

dydz dxdy d\ ■, d^l

\ dzdx dydz On en déduit immédiatement :

dK d'-l d\

dxdy dydz dzdx

dl La relation — = o nous apprend que \ ne dépend que de

d^-l XI et 3-, et la relation -; — — ^ o montre que ç est la somme •^ dydz '

d'une fonction de y et d'une fonction de z.

On a donc :

l = n {y) + 'fi (^)

et de même :

•n = A (^) + ?2 (•'^) j; ^ f^ [ai) -f <p3 [y)

ÉTUDE CINÉMATIQUE DES DÉFORMATIONS lo

Transportons ces valeurs de l, ri, C dans les équations qui expriment que les glissements sont nuls :

£^ + ^ =odonneracp^(y) + /'2(^) = «cly (Iz

ce qui exige

'^'Ay) = -r'2 >} = P^ ■ ■

p étant une conslanle.

On aura de la même manière :

et en intégrant et portant les valeurs trouvées dans les formules qui donnent c, ■f\, ^ on obtient :

' -1 = -^10 -h ''^ — P^ ( ^ = ^0 + P!j — qx

^0' 'lo' ^0 élanl trois constantes d'intégration. Ce sont bien là les formules du déplacement d'un solide invariable. C. Q. F. D.

14. Rotation moyenne. — Considérons une déformation quelconque, et posons :

) dl \ dz'

\ dx

~~ dy

Le vecteur dont les composantes sont p, q,r, s'appellera la rotation moyenne.

Ce vecteur est indépendant du choix des axes. Nous allons en effet en indiquer une interprétation purement mécanique.

Soient : MM' le déplacement du point M qui a pour coordonnées x,y, z\ MU la rotation moyenne en ce point M

Considérons une sphère de rayon infiniment petit s ayant son centre au point M. Supposons-la remplie d'une matière homogène et chacun de ses points animé d'une vitesse représentée par le vecteur MM' de composantes ;, -r], X,, qu'on sait être indépendant du choix des axes (').

Cherchons le moment de la quantité de mouvement de la sphère par rapport à son centre. Ce moment est un vecteur dont les composantes suivant les axes sont les moments des quantités de mouvement de la sphère par rapport à ces axes.

Considérons un élément de cette sphère, appelons \x sa masse, x -\- ox, y -\- ly, z -{- oz ses coordonnées. Si on rapporte cet élément à des axes menés par le point M parallèlement aux axes primitifs, ses coordonnées seront ox, Sy, 8^, et sa vitesse aura pour composantes ç -f~ ^^^ ''l + ^> ^ + ^^•

Le moment de la quantité de mouvement du point par rapport à MA sera

Ij. [ly (Ç + SC) -oz{j^-\- Bti)] el celui de la sphère tout entière sera

(1) Pour que lo vecteur MM' représente à la fois un déplacement et une vitesse il faut supposer l'unilé de temps déterminée.

Evaluons cette somme :

dy

= î S.-«2' + i S:^^'^'- + i S^5*'' +1 Si-y^^-

Mais nous avons :

car M est le centre de gravité de la sphère.

ViiSajSî/ = VijLoyo^ = o car M^- et M« sont deux axes principaux d'inertie de la sphère, relatifs au point M.

Enfin y ^ ]j.ly- = 5' I étant le moment d'inertie de la sphère

par rapport à un de ses diamètres.

Donc :

et de même :

Le moment de la quantité de mouvement de la sphère par rapport à MA est donc :

2 \cly dz I ^■

Les projections sur les axes du moment de la quantité de mouvement de la sphère par rapport au point M sont donc Ip, Iq, Ir.

La rotation moyenne, qui a pour composantes p, q, r, est par suite, comme ce moment, une quantité indépendante du choix des axes.

15. Considérons le point M et une sphère infiniment petite ayantes point pour centre. Après la déformation, M vient en M', la sphère devient un ellipsoïde. Trois diamètres rectangulaires de la sphère deviennent trois diamètres conjugués de l'ellipsoïde ; donc, en général, il y a un trièdre trirectangle et un seul qui demeure trirectangle après la déformation : c'est celui qui correspond aux axes de l'ellipsoïde.

Considérons ce trièdre : on peut l'amener de sa position ancienne à la nouvelle par un simple déplacement, c'est-à-dire par une translation suivie d'une rotation autour du sommet. Nous allons montrer que cette rotation est la rotation moyenne au point M.

1° Si la rotation moyenne est nulle au point M, le trièdre reste parallèle à lui-même.

En effet, prenons comme origine le point M et pour axes les arêtes du trièdre. Les dilatations angulaires sont nulles :

d^ , dt\ dy dz

Mais on a aussi, puisque la rotation moyenne est nulle : dl, d-r^

Il s'ensuit:

dy dz

dy dz '

et les égalités obtenues par permutation circulaire.

Cela posé, une aréle quelconque du Irii'dre, MM, par exemple, qui est parallèle à ox reste parallèle à ox.

En effet, soient x, y, z les coordonnées de M ; x -\- Ix, y, z celles de M,.

Désignons par M' et M,' les positions nouvelles de M et de M,. M' a pour coordonnées x -\-\, y -j- r,, s- -j- !^; donc M'M| a pour projections Ix -}- 5;, Zy -[- ^t], Iz -\-V^\ Zy et Iz sont nuls par hypothèse.

D'autre part, 'Îy, = -— Ix, -y est nul, ot) l'est donc aussi ; il

en sera de même de o^.

Le vecteur M'M,' a des projections nulles sur oy et oz ; il est parallèle à ox ;

2" Considérons, en second lieu, le déplacement d'un solide invariable. On a entre les déplacements;, yj, s et les rotations p, q, r les relations :

î — îo

'1 = "lo

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