DIX-SEPTIÈME LEÇON
lOlUAinS. — TrailamïQL gâaéral de U mélrila trinmaliqDB, l'.e U mdtriu nnii dosera uiiiii! pa( nlnéralai, par rbjdrolliérapie, psc la thérapie iDsrii^e, — lYaitemenl palhogêttique Je U m
Uessieurs, Les eaux minérales ont un rSle prépondérant dana le traitement de 1» ^'inéiritB traumatique, de la métriie non constitutionnelle. C'est avec elles, pins que par In, médication générale, ciue le médecin peut réellement résoudre le problème que j'ai posé à diverses reprises, c'est-à-dire combattre avec Buccès les diverses modalités anatomiques et cliniques de la métrite.
Dans le choix i faire, le médecin n'a pas à se préoccuper, comme pour la métrite dyscraaique, de la apécifleité de telle ou telle eau minérale, il se base avant tout sur la constitution cliimique de l'eau minérale qui répond le mieux aux modalités cliniques de l'inflammation utérine. Il recherche avant tout l'eau minérale qui , à nne action locale, à une action modificatrice de la lésion, joint une action générale sur la nutrition, une action élective sur la circulation et la contr&ctilitéutcrine, une action résolutive sur les produite inflammatoires épanchés dans la trame du tissu ut^iu et dans les tissus péri-utérins, Il demande enfln à l'eau minérale une action révulsive en agissant sur le système nerveux périphérique par l'excitation du système cutané.
En prenant pour base ces différentes actions des eaux minérales, qui sont en partie celles de l'hydrothérapie et de la thérapie marine, le médecin institue la médication générale et la médication locale de l'inâammatlon utérine, à l'aide desquelles il est assuré de la guérir ainsi que ses diverses modalités cliniques. Mais, tout en recherchant ces actions, il ne doit pas perdre de vue les préceptes que j'ai donnés à propos du choix de l'eau minérale. Il doit, comme pour la métrite constitutionnelle, tenir un |> compte exact de la manière d'être de la métrite, de sa torpidité ou de son |. ïrrîtabilité, des lésions anatomiques et de leurs diverses modalités, des ûliénomènes physiques, des symptômes et des phénomènes sympathiques. Ce n'est qu'à cette condition, je ne saurais trop insister, que le médecin peut espérer, à l'aide de la médication thermo -médicale, guérir l'inflammatioii utérine.
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Ainsi, 81 la métrite chronique est torpide, l'utérus volumineux, soit an niveau du corps, soit au nivea.u du col, soit dans ea totalité; le tissu dur et scléroBé, sans sécrétion leucorrhéiciuc, sans ulcération ; l'adéno-lymphite volumineuse avec péri-adénite et adéno-pelvi -péritonite adhésive, non douloureuse, sans réaction ; les troubles menstruels accusés, tels que la diminution des règles, raniénorrhée même ou bien l'augmentation, la ménorrhagio, dues à la présence de végétations, de granulations intrautérines ; si les forces sont affaiblies; la nutrition se fait mal, sans troubles gastro-intestinaux marqués ; si aucun trouble nerveux ne se présente : les eaux de Salies, de Salins, de Dax, de Challes, de Luction, d'Euzet et Fumades, sont prescrites avec succëe.
Si cette modalité s'accompagna de troubles gastro-intestinaux, de dyspepsie, les eaux d'Uriage, de Lamotte, de Brides, de Saint-Honoré, de Bourbonne-les-Baius seront préférées.
Si la métrite, tout cnétant torpide, est accusée par un volume de l'utéraa peu considérable, par une loucorrliéo assez intense, des troubles menstruels, tels que crises dysménorrhéîqiies, mcuorrhagies même, par une érosion du col superQcieLle, par une adéno-lympliite non douloureuse, sans complication péritonéale; si, en même temps, les fonctions gastro-intestinales sont altérées, l'anémie prononcée, les forces affaiblies, les eaux de Koyat, de Saint-Nectaire, du Mont-Dore, de la Bourboule, de Luxeuil, de Fougues, d'Eaux-Bonnes, d'Eaux-Chau des, de Cambo sont des plus utiles.
Les eaux de Cambo, de Fougues, de Capvem, de Bagnères-de-Bigorre, de Vittel, de Contrexéville, de Martigny, seront surtout prescrites, si à la modalité précédente se joignent des troubles hépatiques ou urinaires, caractérisés par de la lithiase biliaire, de la gravelle rénale. S'il existe de fortes coliques hépatiques ou néphrétiques, vous devrez avoir recours aux eaux de Vichy, do Vais, de Brides. Les eaux de Sail-les-Baius conviendront alors qu'il existera un catarrhe vésieal prononcé.
Dans le cas où la métrite chronique au lieu d'être torpide est irritable; les crises dysménori'héiques intenses ; les névralgies péri-utéiines accusées ; les troubles nerveux, moteurs et sensitifs, prononcés ; la leucorrhée plus ou moins abondante, louche et purulente; l'adéno-lymphite douloureuse avec péri-adénite ou adéno-pelvi -péritonite, vous adresserez vos malades aux eaux do Bourbon-Lancy, et de préférence aux eaux de Saint-Sauveur, d'Amélie-lcs -Bains, du Vemet, de Molitg, de la Preste, de Bagnères-de- Bigorre, d'Eaux-Chaudes, de Cautorets, si la leucorrhée est sanguinolente, plus ou moins fétide. Certaines sources de Luchon rendent en pareil cas de réels services.
Far contre, les eaux de Ncris, d'Ussat, do Plombières, de Bains, de Luxeuil, seront indiquées si les phénomènes nerveux sont généralisés, fVigaces, si les troubles intellectuels sont prononcés, sî les troubles menstruels consistent surtout en ménorrhagie. L'adéno-lyraphite compliquée de péri-adénite et d'adéno-pelvi- péritonite est surtout favorablement influencée par ces eaux, ainsi que l'a montré Tillot, le savant inspecteur des eaux de Luxeuil.
Les eaux d'Oriol, de BuHsang, de Renlaigue, de Montrond, d'Orezza, de Lacaune, d'Andabre, conviendront alors que la cMoro- anémie sera très prononcée, que les troubles gastriques ne seront pas douloureux, que la métrite s'accusera par une aménorrhée fonctionnelle, et surtout par une adéno-lymphite non douloureuse, non compliquée de péri-adénite ou de pelvî-péritonite ,
En TOUS donnant ces indications du traitement hydro-minéral de la métrite suivant ses modalités anatomiques et cliniques, je n'ai pas eu la prétention de vous les énumérer toutes et surtout de citer toutes les stations minérales françaîsea qui sont applicables à ce traitement. J'ai tenu seulement à indiquer le procédé que le médecin devait employer en présence d'une méfrite, j'ai k poser les jalons qui doivent le guider dans son choix d'une eau minérale.
Je vous renvoie à mon Traité clinique des qffiiclions de l'Utérus pour combler les lacunes de cette étude.
£n m'abstenant de nommer les eaux minérales étrangères, j'ai tenu à tntrer que la France était riche en eaux minérales, qu'elle suffisait au .îtement des diverses modalités de la métiite et qu'elle n'avait rien à envier aux autres nations. Mais si nos sources thermo- minérales sont nombreuses, variées 5 si elles répondent à toutes les indications que suscite le traitement de la métrite, il ne faut pas méconnaître la richesse des autres pays et l'application de leurs eaux minérales à la thérapeutique de l'inflammatioE utérine. Tous ou presque tous possèdent des sources appropriées à chaque modalité de la métrite. C'est à nos confrères étrangers a suivre la voie que je leur trace ; j*eBpère que ceux qui assistent à mes conférences cliniques, seront les premiers à nous faire connaître l'utilité de telle ou telle eau minérale de la Russie, de l'Autriche, de l'Italie, de la Suisse, de l'Allemagne, de l'Amérique, dans l'inflammation utérine et de ses diverses modalités.
Le traitement général de la métrite traumatique, de la métrite non dyscrasique trouve, ai-je dit, un complément dans l'emploi soit de Vhydroihérapie, soit de la thérapie marine.
La première médication ne nécessite aucun déplacement à la malade. En général toutes les villes, notamment Paris, possèdent un ou plusieurs établissements où elle est instituée dans les conditions les plus favorables.
La deuxième médication possède, en réalité, une action analogue à la première, à de rares exceptions près. Si elle nécessite le déplacement de la malade, elle a toutefois l'avantage, qui n'est pas à dédaigner, de modifier le moral de la femme, do relever ainsi les fonctions vitales, d'activer la nutrition, ce qui est difficile parfois d'obtenir avec l'hydrothérapie, et de permettre, l'hiver, la continuation de la médication générale, en prescrivant un séjour de plusieurs mois dans nos stations privilégiées des borde de la Méditerranée : Hytres, Cannes, Nice, La Condamine, Menton,
Avec l'hydrothérapie, la médecin a pour but d'obtenir une action excitante, tonique, résolutive et même sédative. Je ne vous décrirai pas les procédés à l'aide desquels s'obtiennent ces différentes actions; j'en ai donné la description dans mon traité clinique. Je vous rappellerai seule-
nutrition.
produisaBt ion patho- ^Ê a sjBthae^Ê ue sur U'^l pas mains ^Ê car, saos-H te que lflB,H
■et qve UkH désaÂânalo^H de régrev^^l is tons leS^I
madt que f hyâPÔtE^pïe modifie profondément l'innorvatîôa, qn' Burexcito, la modère ou la régalarise, suivant les procédés employés qu'elle active la circulation génôralo et locale, et par suite la nutrition, Aassi la résolution, la résorption desessudats inflammatoires se produisent facilement et rapidement. L'hydrothérapie exerce donc une action pathogénique. Elle agit sur la lûsion utérine par l'intermédiaire du systiase nerveux; elle n'a et ne saurait avoir aueunc action spécifique sur la' maladie, cause originelle de l'afl'ection. Mais son rôle n'en est pas mains elficace pourvu que les indications en soient nettement posées; car, eaoS' cela elle aurait sur la lésion utérine une action tout aussi néfaste que lflB,j autres médications générales.
Avant de prescrire l'hydrothérapie vous devez vous assurer qwe ttk! circulation utérine a repris son cours, qaerassjmilation et la dés
lation s'exécutent normalement, que l'inflammation est en voie de „ ^
aion. Les médecine négligent trop ces indications; aussi je vois tons leS jours de graves accidents survenir après quelques jours seulement de douches générales, froides ou cliaudes, et à plus forte raison si les douches sont locales. Alors queje n'avais pas encore acquis l'expérience que donne la clinique, je prescrivais, ainsi que tous les gynécologues, l'hydrothén^ïe sans indication précise et bien des fois j'ai eu à constater une recrude^ cence de l'inflammation utérine, des lésions, dos synipt3me8 et des aoeidente péritonéaux que je considérais comme une péri-métrite. D^nik que je recherche avec soin les indications de la thérapeutique utérine, soît locale, soit générale, pareille mésaventure ne m'est pas arrivée. C'est ponrquoi je me permets d'insister autant sur ces préceptes généraux qui dominent toute la thérapeutique de l'inflammation utérine.
Ceci posé, dès que l'état aigu se sera dissipé, que le toucher indiquera 1» transformation granulo-graisaouse subie par les éléments lymphoïdes, le retour ;t l'état normal de la circulation utérine, l'intégrité de la contractilité utérineetvasculaire, le médecin prescrira l'hydrothérapie en laissant. an médecin spécial, au médecin chargéde diriger le traitement hydrothéraj)iquej le soin de choisir le ou les procédés qui lui paraissent répondre 1^ mieux aux modalités cliniques de l'affection utérine qui seront relatées avec soin par le médecin consultant ou le médecin traitant. Vous ne devez, Ueasieurs, en aucun cas, qu'il s'agisse du traitement thermo-minéral, de l'hydrothérapie ou do la thérapie marine, formuler la technique du procédé destiné k obtenir le résultat desii'é. C'est au médecin hydrologue ou hydropathe qu'incombe cette responsîibilitéj après toutefois, je le répète, l'aToît renseigné sur la modalité de l'affection, le tempérament de la malade.
L'hydrothérapie, Messieurs, sera prescrite toutes les fois que la métrîte chronique sera torpide; le corps utérin volumineux, dur, sclérosés l'adéno-lymphite à l'état de ganglions nombreux, volumineux ou pliquée de péri-adénite, de pelvi-péritonite adhésive ; l'ulcération du c«i blaTarâe, à cicatrisation lente ; la menstruation in'éguliére dans l'apparia, tion, la quantité, douloureuse ou non; la leuccurhée plus ou moins purulente, plus ou moiùs abondante ; les phénomènes sympathiques très accusés. tels que nutrition languissante, forces aQaiblics, débilitation extrême, tissus décolorés, anémia, appétit diminué, troubles gastro-intestinausav^ digestion lente, pénible, parfois douloureuse, constipation alternant MBt srent avec diarrhée, tympanieme, troubles nerveux esagérés.
Tous les médecins, MesHieurs, n'acceptent pas sans conteste le traîteuient de la métrite par l'iiydrothérapie. Virchow, Scanzoni, Brachet (d' Aix) oiit vu des accidents, des inâammations aigués, des focrudescences de l'inflammation utérine survenir par le fait de cette médication. Moimême, vous ai-je dit, j'ai observé à plusieurs reprises des accidents graves, des péri-adénites suppurées, des adéno-pelvi-péritonites suppurées à la suite de l'hydrothérapie conseillée par plusieurs de mea confrères. Ces rechutes, ces accidents, ne prouvent pas que l'hydrothérapie soit une mauvaise médication de la métrite chronique ; ils prouvent que l'hydrothérapie a été prescrite alors que l'indication n'était pas précise, les fonctions utérines n'étant pas rétablies par un traitement local approprié. Dans ces conditions, sous l'influence de l'eau froide, l'état congestionné de l'utérus aug^mentant, les lésions utérines et péri-utérines ne peuvent que s'accroître, les accidents tesplus sérieux se développer. Vous retrouvez ici les mêmes indications sur lesquelles j'ai insisté à diverses reprises tant pour le traitement hydro-minéral que pour le traitement hydrothérar pique. Hue faut donc pas dire avec les auteurs précédents i l'hydrothérapie est une mauvaise médication générale delà métrite chronique; il faut dire, au contraire : l'hydrothérapie est une excellente médication; elle itéce^Hite seulement des indications nettes et précises. Ce reproche adressé il l'hydrothérapie pouri'ait s'appliquer tout aussi bien à la médication thermo-minérale, puisque, ai-je dit, des accidents sérieux en sont parfois la conséquence; mais vous savez qu'Userait immérité, vous ayant montré qu'en se basant sur des indications foi-melles cette médication est des plus utiles pour guérir la métrite chronique, dyecrasique ou non.
La thérapeuthique générale de la mélrïte par les bains de mer tient le milieu entre la médication ^thermo-minérale et la médication hydrolhérapîque. En efl!et, si on prescrit les bains de mer froids de courte durée, les baiUB à la lame, on agit comme avec l'hydrothérapie. Si, au contraire, on prescrit les bains de mer chauds, et surtout si on conseille l'usage interne de l'eau de mer, on recherche l'action stimulante, reconstituante, des eaux chlorurées sodiques bromo-iod urées. Sous ce rapport la thérapie marine est supérieui'e à l'hydrothérapie, puisqu'elle permet au médecin d'obtenir une action pathogénique et une action spèeiiique dans le traitement de la métrite dycrasique, de la métiite scrofuluuse par exemple. Eu outre, elle permet l'hiver en envoyant les malades sur les plag'es méditen-anéenues, de continuer la médication générale commencée aux eaux thermales chlorurées-sodiques, aux eaux sulfureuses. Cette médication, enflu, est puissamment aidée par l'inspiration de l'air qui, sur les Lords de la mer, contient une certaine quantité de chlorure de sodium. Celte absorption par la muqueuse bronchique e.^t prouvée par les analyses de M, Leibrt qui a trouvé dans les urines des personnes, vivant sur le bord de la mer, une plus graude.quantité de eUlorui-e de sodium,
La thérapie mariue, ainsi que les médications précédentes, repose sur ' des indications net tes et précises. Je dis de suite que la métrite arthritique, la métrite herpétique ne sont pas justiciables de cette médication. La métrito serofuleuse, U métrite non dyscrasique, sont seutes influencées tavorablemeut par la thérapie marine. La métrite chlorotique, surtout si la malade est débile, ai les fonctions nutritives sont languissantes, sera de mÊme influencée favorablement par cette thérapie. Pour cette métrite dyacrasique le séjour d'une grande ville est pei-nicieux ; les lésions restent Itationnaires ; la résolution de l'Inflammation ne l'ait aucun progrèB.
La métrite aiguB, la œétrite irritable ne sont pas justiciables do la thérapie marine ; seule la métrite torplde relève de cette médication. Aussi la prescrirez-vous, alors que la métrite chronique présentera, comme modalité, une augmentation du volume du corps et du col, une leucorrhée çlus ou moins abondante, plus ou moins purulente, une ulcération phagedénique du col, une adéno-lymphite pcri-utérine caractérisée par des ganglions volumineux, multiples, entourés de péri-adénite suppuréeounon, de pelvi-péritonite. Vous la prescrirez alors qu'il existe une h yposthénie très accusée, une gi'ande faiblesse organique, une nutrition vicieuse. Vous la prescrirez enfin si la métrite n 'offre aucune tendance aux congestions, aux hémorrhagies.
Le chois de la station maritime se base comme celui de la station thermale, sur la modalité de l'inflammation utérine, sur les phénomènes sympathiques, sur la constitution et le tempérament de la malade.
Ainsi, si la métrite chronique torpide existe chez une femme à constitution robuste, si la leucorrhée est intense, l 'adéno-lymphite constituée par des ganglions volumineux ou par une péri-adénite, vous prescrirez, pendant l'été, les plages de la Manche ou celles du sud-ouest, telles que pour celles-ci : Biarritz, 8aint-Jean-de-Luz, Arcachon. Ces dernières seront plutôt choisies pendant les mois de septembre et d'octobre, à cause de la trop grande chaleur des mois d'août et de septembre. Les plages du midi de la France, lesplagesméditerranéenneB,telIesqueHyères, Saint-Eaphaai, Cannes, Nice, Eoquebrune, Menton, seront prescrites de préférence l'hiver aux femmes délicates, aSaiblies, névropathes; aux femmes dont la nutrition est paresseuse.
La thérapeutique de la métrite comporte, ai-je dit, le traitement pcUho-
génique. Il ne suffit pas, en effet, de traiter l'inflammation utérine et les modalitéscliniquesquien découlent, de traiter la maladie dyscraslque d'où elle est souvent l'émanation ; il faut aussi traiter la cause qui la produit, qui facilite les récidives, qui entrave l'évolution, qui entretient l'état chronique.
Le traitement pathogénique comprend deux indications primordiales : premièrement traiter la cause réelle de l'inflammation utérine ; deuxièmement prévenir les causes susceptibles de provoquer l'éclosion d'une maladie dyscrasique, de produire une aggravation, de retarder la guérison de la métrite. Cette deuxième indication englobe surtout les moyens hygiéniques que doivent suivre les femmes atteintes de métrite ; elle s'adresse à l'hygiène générale de la femme.
Le traitement pathogénique de la métrite est tout aussi important que les deux premiers. Il doit êtrd pour le médecin l'objet constant de ses préoccupations.
Pour remplir la première indication, le gynécologue, après avoir établi la cause première de l'inflammation utérine, après avoir reconnu que cette cause réside dans un micro-organisme, métrite puerpérale, métrite blenuorrhagique, métrite tuberculeuse, s'applique à détruire le micro-orga-
Pour la métrite puerpérale, tout en conatituaDt le traitement do l'iiiflammation utérine, il fait faire des lavages a-voc les solutions de sublimé à 1 pour 2000, les eolutioiis de aulfato de cuivre à 1 pour 200 à 500. Suivant la lésion de la muqueuse, 11 pratique la cautérisation de la cavité utérine avec le porte-caustique chargé de nitrate d'argent.
Quant à la métrite blennorrhagiqne dont la rareté, vous le savez, est grande, il détruit le gonoeoccus qui se loge soit dans les follicules utérina du col, soit dans les follicules de la muqueuse utérine, au moyen du galvano-cautère dans le premier cas, au moyen du nitrate d'argent dans le deuxième oas.
Relativement à la destruction du micro-organiBme de la métrite tuberculeuse, qui n'est autre que le bacille de Kocli, nous ne possédons actuellement aucun agent ayant une réelle efficacité. Toutefois, vous pouvez recourir aux solutions de sublimé à 1 pour 1000 ou 2000 en irrigations vaginales, en badigeonnages de la muqueuse utérine. Cet agent est préférable aux cautérisations soit avec le nitrate d'argent, soit avec legalvanocautère.
Vous connaissez, d'après ce que j'en ai dit, les causes traumatîques, les causes prédisposantes locales qui produisent par leur action directe l'inflammation utérine, favorisent son développement, alors que la métrite '"'"' dyscrasique, aggi*avent et prolongent son énroîution. Je n'insiste pas.
Le traitement patliogénique peut se résumer dans les deux préceptes sui-
1" éviter toutes les causes prédisposantes locales qui peuvent déter-
!Ur l'utérus une manifestation de la. maladie dyscrasique; 2° éviter
causes qui peuvent entraver l'évolution de la métrite dyscrasique ou
C'est ainsi que lo gynécologue surveillera attentivement les fonctions physiologiques de l'utérus. Il veillera notamment à l'accomplissement régulier de la menstruation ; il favorisera ou modérera l'écoulement sanguin selon son abondance; il conseillera à la malade d'éviter toutes les causes qui troublent l'accomplissement de cette fonction, telle que fatigues corporelles, impressions morales vives, refroidissements; il proscrira tous les exercices capables d'imprimer des mouvements brusques à l'utérus, tels que les courses prolongées, l'équitation, la danse. A ce propos, je dois vous dire qu'avec le tamponnement de l'utérus, tel que vous me le voy.a pratiquer à l'aide de la ouate imbibée de glycérine, il n'est nul Ijosoin de faire garder àla malade un repos complet, le décubitus dorsal, ainsi qu'on le faisait et qu'on le fait encore. Je prescris au contraire un exercice modéré, des promenades à pied. L'utérus est tellement maintenu qu'il ne subit aucun ballottement, aucun déplacement; les malades n'éprouvent aucune souffrance; la marche est facile. Cet exercice journalier est excellent; car, outre qu'il modifie le moral de la malade, il active les fonctions digestives, rétablit la nutrition générale, favorise la résolution, la résorption des produits inflammatoires,
e médecin proscrira les injections vaginales, les douches vaginales qui, ptiquéesaumoyen d'un iqjecteur et d'unecanuleen caoutchouc, produisent "B exacerbation de l'inflammation utérine, sontla cause de nombreuses
rechutes et prolongent l'évolution de cette affection. Pendant la durée de la métrite, coumie en dehora d'elle, du reste, la l'enimo doit procéder à sa toilette intime en pratiquant des irrigations vaginales avec un îrrigatenr ordinaire dont le robinet est à peine ouvert, de manière à ne pas avoir un jet et dont la petite canule en ivoire est seule introduite. Pour procéder à cette opération, elle se place dansle décubiiua dorsal.
Les i-apports sexuels doivent-ils être défendus? Vous connaisses! la métrite balistique, la contusion utérine due au membre viril. Il semble donc que la réponse à cette question soit facile et que la prohibition des rapports sexuels s'ensuive.
Cependant, si les gynécologues s'accordent pour défendre les rapports sexuels pendant l'évolution aiguë de la métrite, pendant les exacerhationa aiguës de la métrite chronique, ils ont une opinion variable au sujet de ces rapports pendant l'évolution chronique de l'inflammation utérine. Les uns les proscrivent absolument; les autres les permettent.
Quelle doit être. Messieurs, votre conduite?
Lorsque la métrite est à l'état chronique, le lissu utérin dur, sclérosé, anémié ; lorsque l'adéno-lymphite n'est pas douloureuse, vous permettrez les rapporta sexuels, vous les recoromanderez même au besoin ; car, sacbez-le, la congestion utérine qui en résulte n'a aucun inconvénient; bien plus, elle faciÛte parfois la nutrition de l'organe, la résorption des produits inflammatoires. En outre, ils n'ont pas les inconvénients graves des attouchements illicites: manuélisation, saphisme, qui, se répétant fréqueinnieoti produisent, ainsi que vous le constatez tous les jour.s dans mon service, des exacerbations de l'inflammation utérine. J'ajoute que la proscription absolne est illusoire, funeste pour la morale; car elle est toujours éludéu, et si elle ne l'est pas, les faits les plus immoraux se produisent. Dans mes leçons sur les Déformations vvJ.vaires et anales, vous trouverez plusieurs exemples de sodomie résultant d'une affection utérine, la femme préférant se livrer à cet acte contre nature que de voir son mari chercher ailleurs une satisfaction à ses sens. Sachez, en outre, qu'il est des femmes, à nature ardente, chez lesquelles les désire sexuels non satisfaits, en entretenant une fluxion, une excitation neiveu.se et per.sistante de l'organe utérin, sont bien plus pernicieux que la contusion résultant du coït.
A tous égards, donc, les rapports sexuels doivent être permis pendant l'évolution de la métrite chronique, en se basant sur les indications que je viens de signaler.
Dans votre pratique vous serez, Messieurs, souvent invités à répondre à la question suivante ; Puis-je marier ma fille, atteinte de métrite?
Vous savez, en effet, que les jeunes filles sont atteintes parfois d'une métrite, toujours dyscrasique en pareil cas. Vous savez, en outre, que cette affection, ainsi que l'a montré NoSl Gueneau de Mussy, subit presque toujours une recrudescence d'acuité du fait des premiers rapports sexuels; que bien souvent la métrite est considérée comme se développant sous l'influence de la balistique alors qu'il s'agit du réveil, de 1* recrudescence d'une aflection existant depuis un certain nombre d'années ; que la stérilité des premières années du mariage et même la stérilité définitive est la conséquence de cette affection ayant
Çébuté avec l' instauration mcnstruello , parfois mPmo quelques années
avant, la mt-trite tuhorculeuse. par exemple. La réponse ne saurait donc
être douteuse ; elle sera négative. En la. faisant, vous donnez les raisouii
qui découlent des quelques proposition» que je viens de rappeler; vous
signalez les dangers qui peuvent survenir notamment du côté de l'adéno-
lymphite péri-utérine, de ses complications péritonéalea, et vous conclues
en institu.-Lnt le traitement de l'inilaniniation utérine. Voua montrez que
ce traitement peut être snivi par la jeune fille sans qu'il en résulte
des défomiations viilvaires appréciables, et vous assurez qu'après la
gnérison qui, en pareil cas, ne se fait pas trop attendre, le mariage pourra
avoir lieu. C'est la conduite que je tiens toujours, alors que Je suis con-
^—Solté par une mère de famille, et je puis vous assurer que je n'ai jajnais
^Hfco à m'en repentir. Aussi ne eaurai-je trop vous recommander de la snivre
^^^p toutes occasions.
^^ La métrite chronique, ai-je dit, est souvent la cause de la stérilité ; pourtant il vous arrivera de voir une grasseasc survenir pendant le traitement do l'inflammation utérine. Pans ce cas, votre conduite est toute tracée. Vous cessez immédiatement le traitement local et général ; vous Bttrveillez attentivement l'évolution de la grossesse; vous évitez toute cause pouvant éveiller ou exciter la contractîlité utérine. Après l'accoucliement, vous devez porter toute votre attention aux suites de couches; vous prescrivez les irrigations vagrinalos et utérines avec les solutions antiseptiques do sublimé, de pulfate de cuivre, d'acide phénique ; vous prescrivez, en outre, le repos au lit pond.int un temps assi^z long, six semaines au moins, afin de permettre à l'involution utérine de s'eS'eetuer complètement et sans arrêt; au besoin même vous l'accélérez en excitant la contraction utérine au moyen de la poudre d'ergot de seigle, au moyen des courants électriques à travers l'utcrus. Vous recommanderez surtout l'allaitement maternel qui, en produisant la fluxion mammaire, la détonmo ^e l'utérus et n'enraye pas le travail de l'involution.
r Le traitement pathogénique acquiert une importance considérable dans A métrite dyscrasique, dans la métrite constitutionnelle ou di.athcsique. î a pour but, en effet, non seulement de faciliter l'action des deux autres, lais encore do prévenir les rechutes, les recrudescences di; l'affection. 11 rie suivant la nature scrofuleuse, arthritique, herpétique de la métrite.
Ainsi, la malade est-elle scrofuleuse, lymphatique? le médecin prescrit un changement d'air ou de climat, le séjour à la campagne, sur les bords de la mer, une nourriture fortifiante, un exercice modéré ; il s'applique, en nn mot, à éloigner autant que possible toutes les causes débilitantes.
1a malade est-elle arthritique ? le médecin conseille d'éviter l'action du oid, surtout celle du froid humide ; à cet effet, il prescrit l'usage de pansions de flanelle, d'uno ceinture do flanelle. Je me suis toujours bien trouvé de conseiller l'usage d'une ceinture en toile de caoutchouc fine recouvrant tout l'abdomen ; le caoutchouc étant appliqué directement sur la peau. Cotte ceinture, je le dis on passant, est surtout très utile chez les personnes dont les intestins sont très influencés par le froid; chez celles qui sont atteintes de diarrhée catarrhalo dès qu'elle» ressentent une impression même légère de froid. A l'aide de ce petit moyen, j'ai rendu de ids services à des ofSciere, h des soldats résidant dans les pays chands,
Ifroi
couchant B0U9 latente ou rerenua en France avec une diarrhée incoercîlG] très difficile à modifier par les médications ordinaires.
Vous recommanderez, en outre, à ces malades, atteintes d'une métrite arthritique, de s'abstenir, dans leur nourriture, de poissons de mer, de salaisons, de boissons excitantes.
A la femme, atteinte d'une métrite herpétique, vous recommanderez d'éviter autant que possible les émotions morales vives, les chagrins ; de suivre un régime doux, non excitant.
Lorsque la femme est atteinte d'une métrite chlorotique, voua prescrivez un exercice modéré, un séjour à la campagne, sur les bords de la mer.
Telles sont, Messieurs, les lignes principales que vous suivrez dans le traitement pathogL-niquo de la métrite. Je n'ai pu que vous en donner une indication succincte. Vous en trouverez le complément dans mon Traité cZiniqiie des affections iitérinea.
Arrivé au terme de cette étude sur la thérapeutique do l'inflammation utérine, j'espère. Messieurs, avoir montré que le traitement de la métrite n'est pas un, ainsi que le disaient les anciens gynécologues et le disent encore quelques-uns d'entre nous. J'espfere avoimiontré que ce traitement ne repose pas seulement sur une lésion, et qu'il ne suffit pas de guérir cette lésion pour déclarer que l'inflammation utérine dont elle est une émanation est guérie. J'espère que vous partagez tous ma conviction sur la curabilité de la métrite, que vous reconnaissez que celle-ci n'est possible qu'à la condition pour le gynécologue de traiter la maladie générale, la maladie dyscrasique, constitutionnelle oudiathésiquc, dont dépend l'inflammation utérine, de traiter cette inflammation et les modalités cliniques si variables sous lesquelles elle se révèle, de traiter enfin la cause qui la produit ou la suscite. Vous l'avez vu, de nombreuses médications générales et locales, de nombreux moyens préventifs sont nécessaires pour mener à bien la guérison do la métrite. Non seulement la matière médicale, la thérapie minérale, la thérapie marine, l'hydrothérapie vous fournissent tonales éléments de cette guérison, mais encore l'hygiène y contribue pour une large part. C'est à ne négliger aucune de ces médications que vous devez vous appliquer. En procédant ainsi vous donnez à la thérapeutique de la métrite des bases physiologiques nettes et précises. Vous assurez son progrès et vous placez la gynécologie française bien au-dessue de la gynécologie étrangère qui est restée et reste dans la localisation anatomique ou Bymptomatique.
Si, par ces leçons, j'ai pu vous convaincre de cette vérité, vous initier à l'étude d'une branche de la pathologie trop délaissée dans nos écoles, vous montrer le rôle important de la gynécologie, je m'estimerai très heureux du résultat obtenu. En tout cas je ne puis terminer sans vous remercier de votre assiduité et de votre bienveillante attention.
Paris. — Imp. A. Linier, 14, me fiégruier.