SEIZIÈME LEÇON
Los eaux niÎDuf.iles fiui convie nu ent au Iraiteiïieiit lic la méfrUe srrafuleuac sont, aî-je dit, nombreuaps. Elles appartieniipnt k la classe dm clilorunjos sodiqucs bromo-ioduréea, des sulfureuses, des arsenicales.
, Les promières, Ica eaux ehlorurées aodiques bronio-ioduri''e8, renformeiit 1^ 1 à 250 gramiuoH de cliloruve de sodium par litre, de l'Iode, du Ijrôme et même de l'arsenic à doses variables. Parmi ellea, nous trouvons les oaux d'Arbonno (Savoie), de Salies (BasBcs-Pyréuées), de Salins (Jura), de Salins-Moutîer (Savoie), de Ualaruc (Hérault), de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne), de Bourbou-l'Ai'cbambaiilt (Allier), de La Motte (Isère), doBo'urbon-Lancy(Saiîne-«t-Loiro),de Sierck(LoiTaijH.'), de D,ix (Laudes).
Parmi les eaux sulfureuses et bromo-ioduroes, je lu i>ii ■> 1 : ' 'li;ill(^
(Savoie), Gréoulx (Bassea-Alpea), Gazost (Haute 1 ■ i.oiis
(Valais), Bondouneau (Drôme), Saint-BoëK.Parrailea -i' nies,
on trouve Luchon (Haute- Garonne), Cautorots (H"auie.<-I',i' ... :':ii'(';;'<'s (Hautea-Pyrénées),Saint-Sauveur(ll;iiii,-,-l'vr,'i;. ,-i. niLgiii'-re.^-de-Hi-orre, les Eaux-Cbaiides (Basses-Pyréiii'^r.. : l'yn'nées-OriOntales),
Molitg, Vemet, Vinca, Thuez, Amcl ii ■ ■ ■ L 1 1 'stc, Olette (PjTt'nées-
Orîentales), Ax (Ariège), Saînt-AiUgii.i.-i]i,-i.la:!.^.ia (Uorse), Aix, Saîut- Gervais (Savoie), Uriage (Isère), Lavey (cautuu di; Vaud). Parmi les eaux sulfureuBos arsenicales, je mentionne principalomoutlIammam-Meskûutîue (Algérie), liagnols (Lozère), Uolalncourt (Vosges).
I^nni les arsenicales, on trouve la Bourboulo, la source de Sails, à Bagnt res- de-Bigorre .
On compte une grande quantité de aoui-ces minérales h. l'i^franger aptes au traitement de la métrite scrofuleuse. Je n'en p^rle pas, car nuire sol offre tout ce qu'on peut d(»sirer à ce point do vue.
En présence d'un ai grand nombre do sources t.LL'fmo-niin<!Tali!3, comment procèderez-vous pour faire votre choix?
■Tg ne méconnais pas que ce choix est parfois difficile, mais j'espëre vmM démontrer qu'un gynécologue attentif et sagacc parvient assez aisément à vaincre cette difficulté. Tenant un compti; exact de la modalité clinique et auatoniiiiue de la mctrite scrofuleuse d'une part, ayant une conuaiEsance approfondie des eaux minérales, de leur constitution chimique, de leur action pliysiologiquo et patUogénétiquo d'autre part, il arrive vite à discerner quelle est l'eau tliermo -minérale qui convient à telle ou telle modalité à^ la métrite.
C'est ainsi que voui cliui^iri-x les eaux clilorurées sodiques de Salina, de Salies, de Salius-Moutier, ei l'inflammation utérine est caractérisée par une augmentation considérable du volume de l'organe, par des tissus mous, blafai'ds, par ime ulcération irrégulière, profonde, fongueuse, végétante, saignant peu, par une séci-étion Icucorrhéique abondante, louche; si la métrite est indolente, torpide, avec adéno-lymphitc multiple, peu ou pas douloureuse, à l'état ganglionnaire ou avec péri-lympliajigite, péri-adénite non suppurées et adéno-peivi- péritonite adhcsivo, et si en même temps la malade présente au plus haut degré les attributs de la constitution scrofulouse, lymphatique. Dans ces mSmes conditions, vous aurez recours aussi aux eaux sulfureuses bromo-iodurces de Challes, de Gréoulx, de Gazost, de Baréges, à l'eau sulfurou.'^o, arsenicale, goudrennée de Saint-Boës, aux eaux sulfureuses sodiques fortes de Luchon.
Au lieu de recourir à ces eaux si puit-sautcs, vous prescrirez des eaux moins actives, telles que les eaux chlorurées sodiques de Balaruc, de Bourboune-les-Bains, de La Motte, de Bourljon-l'Archambault, ou les eaux sulfureuses de Cauterets, Aix, Saint-Sauveur, Bagnères-de-Bigorre, Saiut- Gervais, Amélie-les-Bains (surtout l'iiiver), Molitg, Saint-Hoiioré, etc., etc., si la lésion anatomique est plus marquée sur la muqueuse uti'^riue que sur le parenchyme, si le volume est peu augmenté, si l'ulcération est superflcielle, la leucorrhée peu abondante, si, surtout, il existe une certaine tendance aux métrorrhagics, aux poussées inflammatoires, aux recrudescences fréquentes, si la réaction est vive, avec douleur lombaire et pelvienne, si par conséquent l'adéno-lymphife est douloureuse, intense, ai m péri-adénite, l'adéno-pelvi-ijéritonite ont une tendance a suppurer.
Si à tous ces caractères se joint un tempérament nerveux excesdf, accusé surtout par des névra^ies, de la gastralgie, etc., etc., les eaux précédentes seront trop énergiques; il faudra recourir aux eaux d'une lîiible minéralisation, telles que celles de Bourbou-Laney, Kéris, Plombières, Luxeuil, Bains, Ussat, Ax, les Eaux-Chaudes.
Si la chlorose et l'anéjuie sont très prononcées, ordonnez les sources de Foires (Seine-Inférieure), de Sylvanes (Aveyron). Toutefois si, en m&ne temps, il existait une paraplégie, vous pourriez recourir aux eaux chlorurées sodiques bromo-iod urées de Salins, de Salies, de Bourbonne-les-Bains ; aux eaux sulfureuses bromo-iodurées de Challes.
Si l'adéuo-lymphite s'est compliquée d'adéuo-phlegmon, d'adéno-pelvipéritonite, si les douleurs sont violentes, il faut recourir aux eaux de Plombières, de Bourbon-Lancy, de Néris, de Dax (Landes), et aux boues de Saint-Araand (Nord), de liarliotau (Gers).
Les eaux minérales pour le traitement de la métrite arikrifiqtu, sont celles qui contiennent les bicarbonates de soude, de chaux, et les sels de lithine. La médication alcaline, vous le saveis; est par excellence le traitement de l'artliritis. Bazin la considérait avec raison comme spécilique de cette maladie constitutionnelle, dyscrasiqiie.
Ces eaux, en effet, sont presque toutes sursaturées d'acide carbonique, et à ce titre, leur digestion est des plus faciles. Elles constituent la médication dite altérante; elles neutralisent les acides, excitent le système cutané et i»ar là exercent une action révulsive, une action substitutive même ; elles sont, en outre, l'econsti tuantes. A tous ces litres elles sont utiles dans le traitement de la métrite arthritique.
Les eaux minérales bicarbonatées sodiques, calciques et lithinées sont nombreuses en France.
Cest ainsi que parmi les eaux bicarbonatées sodiques que vous avez à votre disposition, sont celles do Vichy f Allier), Vais (Ardèche), Le Boulou (Pyrénées-Orientales), I^a Caldette (Lozère]; parmi les eaux bicarbonatées mixtes (soude et chaux), celles de Château ntiuf (Puy-de-Dôme), La Malou (Hérault;, 8aint-Alban, i^ail-los-Bains, Cuuzan (Loire), Chateldon (Puy-de- Ùôme) ; parmi les eaux bicarbonatées sodiques, clilorurces, lithinées, légèrement ferrug^ineuses, les eaux de iSaint- Nectaire, Hoyat, Saint- Maurice, Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme), Vic-sur-Cèrc (Cantal). Quant aux eaux bicarbonatées calciques, elles sont reprt-sentéea par celles de Pougues (Nièvre), Fou caude (Hérault), Alet (Aude). Enân parmi les eaux bicarbonatées sodiques chlorurées magnésiennes, nous trouvons surtout celles de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme).
Outre ces eaux bicarbonatées sodiques, caleiques, les eavx sulfatées maffiiAieimea sont prescrites avec avautigc dans le traitement de la métrite arthritique. Elles sont représentées par les eauxdeMiers(Lot), Uontmii-ail (Vaucluse), Rubinat (Basses-Pyrénées); à l'étranger, vous avez les eaux jîoyale -Hongroise Bâkiiczy, et Hunyadi-Janos.Vous pouvez aussi conseiller les eaux sulfatées clilorarrês de Brides (Savoie), de Saint-Gervais (Haute- Savoie).
H eu est de même des eaux «uZ/Vi/een ctilcîquts do Bagne resde-Bigorre, de Capvem (Hautes-Pyrénées), d'AuIus (Ariège), qui parfois sont préférées aux précédentes.
Les eaux arsenicales rendent aussi de signalé.s services dans le traitement de la métrite arthritique. C'est ainsi que vous prescrirez avec succès celles de la Bourboule, du Mont-Dore (Piiy-de-Dûme), de Salies (source de Bagnéres-de -Bigorre ) (Hautes-Pyrénées).
Enfin les eaux de Néris, Plombières, Luxeuil, Bains, Ussat, Dax et les boues de Dax, llalaruc, i3arbotan, Salnt-Amnnd, trouvent dans la métrite arthritique une indication aussi spéciale que dans la métrite scrofulcuse.
Vous le voyez, les eaux minérales applicables au traitement de la métrite arthritique sont nombreuses et variées. L'embarrae du choix est grand. Pour vous guider, vous tiendrez compte, ainsi que je l'ai fait pour l*!» métrite scrofuleiise, des modalités clinique.s de l'affection utérine.
— lOG —
Vous ordoniniriiz, par QxempU', los eaux bicarbonatées sudtqiios fortes de Vichy, de Vais, ai In, femmâ est jeune, pléthorique, si l'utt^rus estvohiinineuxet offre des tissus violacés; s'il existe une névr3,lg^eilio-loml)aire; ai l'adôno-tympliite n'est paiï douloureuso, pas complitiuée de péri-adénite, d'adéno-pelvi-péritoiiitc, car il faut craindre en pareil cas la suppuration soi t de la péri-adénite, soit de l'adéno-pelvi-péritonite, ainsi que j'en ai observé plusieurs cas ; si les métrorrhagieB sont fréquentes ; si la dyspepsie eut acescente et surtout s'il existe une lithiase biliaire.
Aux caractJîres précédents, la malade joint-elle une dyspepsie Hatutentâ, du pyrosîs, du vertige stomacal, ordonnez les eaux bicarbonatées calciqucs ; PouguGS, Alet, Lacaunc (source de Bol-Air).
Si, à tous ces caractères, s'ajoutent une constipation opiniâtre, une pléthore abdominale, des troubles gastro-intestinaux, l'obésité, donnez les oaux de Haint-Gervais, d'Aulus, de Brides, d'Uriage.
Y a-t-il de la lithiase rénale, conseillez les eaux de ContrexévîUe, dt- Vittel, de <Japvern, de la Preste, de la l'ioule, de Martîgny.
Parmi toutes ces eaux, vous aurez encore à faire une sélection. Ainsi, lorsque la métrîte arthritique s'accompagne de lithiase, biliaire ou rénale, de congestion hépatique, do pléthore veineuse abdominale, et par suite de pesanteur abdominale, de tympanite, de constipation, d'hémorroïdes, d'obésité; lorsque l'adéno-lymphite existe à l'état chronique; loi-sque les ganglions sont volumineux, entoures d'une légère zone do péri-adénite, lorsque radéno-pelvi-péritonito chronique est comstituée par des adhérences nombreuses, lorsque la femme en même temps est anémique, vous aurez recours aux eaux de Brides, de préférence à celles de Vichy, car, ainsi que Je disent les docteura l'hilbort et Laiesus, ces eaux sulfatées calciqucB et magnésiennes légèrement ferrugineuses et arsenicales, touteu élantlaxativeactpuigatives, sont enmême temps toniques, reconstituante», résolutives.
Les eaus de Châtel-Guyon seront préférées s'il existe une plénitude abdominale, une constipation plus ou moins opiniâtre, des troubles gastriques dyspeptiques.
Lorsque la constipation chez la femme atteinte de métrite arthi-itique résulte d'un défaut de tonicité des muscles intestinaux, d'une sécrétion peu active des sucs intestinaux, qu'il existe en un mot une dyspepsie plutôt intestinale que gastrique, les eaux d'Aulus seront avant tout indiquées.
Si la méti-ite arthritique, tout en s'accompagnant de lithiase rénale, présente une complication vésîcale, telle qu'une cystite, une cystite pumlente, vous proscrirez avec avantage les eaux silicatées sodiques de Sailles-Bains. Elles agiront d'autant mieux que la femme présentera en même temps un terrain lympliatique.
L'eau nitrée de Relperstweîlor (source César) (Alsace) sera aussi des plus utiles, alors qu'il s'agit d'obtenir un effet diurétique prononcé chez les femmes atteintes de lîthiaRe rénale et d'affection cardiaque.
Les eaux de Saint-Nectaire, de Royat, de Châteauncuf, de La ïtalou, d'Andabre, conviennent aux cas où l'affection utérine affecte surtout la
iqueuse, où la leucorrhép est ahoiidante, muco-purulento, où l'ulcération col est torpîde, nù la métritp cstsanH réaction, sans douleur, carac- Bée surtout par l'aménorrhée et par une .odéno-lymphite multi|iIo, non âouloureuso et non compliquée d 'ai iéno-pelvi -péritonite. Elles conviennont aussi aux cas où l'on observe les névralgies ilio-loinbairefi et vulvairus, le Tulvisme, les névralgies générales, une dyBpepsie ocescenlfî et HUrtout l'anémiG, la cliloro-anémie. Toutes ces eaux contiennent en effet du
, et elles agis.scnt en sttnnilatt l'organisnie. Aussi sont-elles contreidùiuécs dans les cas où l'adénu-lymphitc est douloureuse et compliquée
pelvi -péritonite douloureuse, aiguë et mime subaigug.
^^^t auomie ^^^^r, e ^^Hndùiuéc ^^HKcpelvl-
^H[ Si la ^^^Rkien d'i ^^fl^ins, U
Si la malade sq plaint de manifestations articulaires, elle so trouvera den d'une saison à la Itourboule. Enfin, Luxeuil, Néris, l'IombU^res,
ins, Ussat, Bourhon-Lancy, conviennent aux métrites artliritî(|ucs irritables, douloureuses, offrant des poussées congestiveii, une advno-lymphite doulonreuse et compliquL^ de péri-adénite, de pelvi-péritonlto, de troubles nerveux répétés et variés, tels que névralgies pelvionnon, lombaires, intercostales, hystéralgiquos.
\ S'il existe un gonflement douloureux des articulations, si la métrlte p»t larpido, si le corps utérin est volumineux, fli l'adéno-lymplille ot la pelvi- ' 'rilonite sont considérables, ordonnez les boues de Haint-Amand, de ;X, etc.
i N'employez les eaux sulfureuses : Salut-Sauveur (triui sédatives cui>en- ^ant, à cause de la glalrinc qu'elles contiennent), MoHtg, Vernet, Kaux- Chaudes, Cauterets, eaux à faible mînérali.sation, qu'avec circonoiwction dans le traitement de la méirite arthritique. Oen eanx «ont parfutn dangereuses ; elles l'a^raTcnt; elles produisent des ponnit^e» coDgeKtlvcH, ce dont il est ûicile de se rendre compte par l'augmenlatioa do I^éno-lymplilto et les complications iiu'elle produit.
Le savant inspecteur des eaux de Saiut-Hauveur, le docteur ('aulnt, a tr&s bien mis en évidence cette action parfois nocive des mux snifiirnuscN ; il a vu plusieurs cas aggravés kous l'inllucnee de e^lte médicnllon,
Moi-même, dans mon Traité cliniijue de» ajfisr.lionë utdrinim, J'ai «oiitiinu ceUe opinion, me basant sur le^ faits Hlgnaléi» par M. (Jatilrrt. Ihtjuiix, J'ai observé plusieurs faits qui conllrment cette TosaiSUrn de vulr et me porti^nl, ainù que je viens de le aire, à Être des plus clpconspect» en face du trallcment de l'inilammation utcrine par le* csux sulfurcuMM, mAme Inx moin* riches en minéralisation.
Je ferai observer, toutefois, nue le AnfsUntt Kahail, iiiMofin k Haint' Sanvenr, a publié plusieurs faits conlrnrivant eett« oplni'>u. Il ftuniU guéri plusieurs caa de métritc arthritique.
Lorsque U métrite arthritiqne nxlale ehim une fitinm» lympiiAlIqnn, stmmeuse, métiâaage commun vn jKitlioioK^le g/ni/irale, et qu'ollft mt caractérisée par un catarrhe plus ou moins abondant, par une hy|fArtrophie, une augmentation du vttume «ta cnrpa "t du ii»], \i%t Am hrmSnnti blal^nles, plut on moînt étffndnes, saigna»!/;*, dont I» clnalrlMttlfrn mi difficile à obtenir, quelle e« surV'Ul torpld«, atoniqae, fait T&Tf*\»m\H faru e parement arthritique "1 qui appartient stirt'iut k la inMrlO ikcrofnlense, elle est jastitiabk <\f* i>artx '!til'«r(irA»s wtdlquMi fulblM, t«lliM ï B(rarboiuie-l£»-BBilu , lVrttrb'm-l'Arehiiml«nir , Kalnnic, «iii., irt«,i
— iourtes eaux aulfiii-ées-chlofiir(''OM (i'I'ri.iKO, surtout s'il existe des troubles ^astriijues, rt'Aîx; des oaux sulfureuse» arsenicales de Saint- Honoré, ou des sulfureuses faibles : Sai ut -Sauveur, Eaux-Chaudes, Kaux-lloiiiies même, Cauterets et baguitres-de-Bigorre.
Les eaux de Saint-Cbristau conviendront si les «Ici; ration s sont profondes, phagédéniques.
Toutes ces eaux affissent non seulement sur l'affection, sur les maladies dyscrasIqueB, m:ùa encore sur l'adéiio-lymphite qui,Idan8 ce cas, est multiple, volumineuse, souvent accompagnée de péri-adénite et d'adéuo-pelvipéritooite. Aussi verrez-vous ces lésions péri-utérines se résoudre facilement.
Dans le même ordre d'idées les eaux sulfureuses chlorurées de Dax, les boues de cette célèbre station, ainsi que celles de Saint-Âmand, de Barbotan, vous donneront de très bons résultats.
Lorsque la métrlte arthritique existe chez nue femme herpétique et qu'elle se révèle par des caractères insolites d'irritabilité, d' excita ni lîté, qu'elle est ^sujette à des exaspérations soudaines, vous la traiterez par les eaux de Néris, Plombières, Bains, Ussat, etc., etc.
Si la métrite arthritique et scrofuleuse est trop influencée par les climats IVoïds et humides, adressez votre malade, pendant l'hiver, aux eaux sulfureuses alcalines d'Aniélie-les-Ba-ins, de Molîtg.
Les eaux minérales pour le traitement de la vuîtnte herpêtiq\ie appartiennent à différents groupes. C'est ainsi que nous trouvons les arsenicales, les sulfureuses sodiqucs, les sulfureuses arsenicales, les sulfatées oalciques, les sulfatées chlorurées ou salines sulfurées, les amétalliques.
Parmi les premières, vous avez à votre disposition les eaux de la Bourboule, du Mont- Dore, de Vais (Saint-Louis, Dominique), de Vichy (Lardy), de Bussang. Au nombre des deuxièmes, celles de Saint-Sauveur, de Cauterets (petit Saint-Sauveur), dos Eaux-Chaudes, de la Preste auront votre préférence. Parmi les troisièmes, vous rencontrez les eaux de Saint- Honoré (Nièvre), de Bagnola (Lozère), do Mavlioz (Savoie). Kelativement aux sulfatées calciques, je signalerai à votre attention celles de Bagnèresde-Bîgorre, d'Aulus, de Capvom. De mC-me pour les sulfatées chlorurées ou salines sulfurées, je m'entiounerai Saint-Uervais, Uriage. Enfin celles de Plombières, Néris, Ussat, Bains, Luxeuil, parmi les dernières.
Ainsi que pour les précédentes métrites dyscrasiques, vous ferez votre sélection entre ces diverses eaux minérales, suivant la modalité clinique de la métrite berpétique.
C'est ainsi que la Bourboule convient aux malades dont la métrite torpide est caractérisée par une exagération du volume de l'utérus, par une leucorrhée abondante, par une ulcération blafarde, sans tendance à la cicatrisation, par une adéno-lyinphite peu douloureuse et surtout sans péri-adénite et sans pelvi-péritonite. En effet, cette eau détermine une excitation telle sur l'organisme, active la circulation utérine avec une
telle énergie, qu'elle ramène rapidement un état aigu on vertu duquel
l'adéno-lymphitê devient douloureuse, se complique de péri-adénite, de
pelvi -péritonite, et parfois suppure, ainsi que je l'ai observé à plusieurs
reprises. Cette eau eonrient surtout aux malades a^iblies, débilitées et
' présentant, outre la mètrito, une éruption herpétique sur la vulve, le
•■vagin, le col utérin et sur la peau. Vous la prescrirez surtout alors que La
Kftmme est atteinte d'uu eczéma chronique, d'un psoriasis.
Si, en même temps que les précédents caractères, vous observez des douleurs, de la congestion utérine, de radéuo-lj-inphîte avec tendance à se compliquer de péri-adénite ou de pelvi-péritonite ; si, eu un mot, la mélrite est irritable avec névralgies, dyspepsie acescente, troubles menstruels, plutôt fonctionnels que mécaniques, tels par exemple que la dj-gruénorrliée, l'aménorrhée fonctionnelles, prescrivez les eaux du Jlontliore dont ractiou est plus faible.
Vous ordonnerez Vais (sources SaintLouis ou la Dominique), Bussang, I Vichy (source Lardy), si, à la modalité clinique précédente, s'ajoute une uiémie prononcée. En effet, ces sources sont en mémo temps arsenicales et fecrugineuses.
Saint-Gervais convient aux raétritcs irritables, dont la leucorrhée est
abondante, mais pauvre en globules de pus. On peut conseiller aussi celte
source quand il y a des ménorrhagies à chaque époque menstruelle, quand
I |e col offre une érosion superficielle du imc poussée d'herpès, quand
p l'adéno-lymphite est douloureuse et compliquée, quand la malade offre sur
la peau et les muqueuses des ivuptions iierpctifonnes, quand enfin il y a
dyspepsie asthénique, pléthore abdominale, paresse intestinale, eonstipa-
j tion. £n effet, l'eau de .Saint-Gervais est l^èrement purgative. Elle c«t ea
Poutre très sédative. Aussi convient-elle aux personnes nerveuses, irritables, ûnsî qu'à celles qui présentent en même temps un tempérament lymphatique.
Vous préférerez les eaux de Saint-Sauveur, de Uauterets, des Eaux- Chaadcs, si l'adéno-lymphite est torpide, non douloureuse, compliquée ou non, de péri-adénite, de pelvi -péritonite chroniques, alors qu'il existe, non de la suppuration, muLs seulement un cpaïssisscmcnt du tissu cellulaire péri-ganglion naire, une péritonite adhésive ; si la leucorrhée est abondante, séro-purulentc ; si la congestion pelvienne est prononcée; la ménorrhagîe fréquente; si les névralgies utérines, lombaires, crurales sont intenses; si enfin les tronblcs nerveux sont très accusés, la femme prc- -«cntant des phénomènes d'hysléricisme ou même d'hystéro-épilepsie, tels ■que contmetun.', paralysie générale ou partielle, troubles de la sensibilité.
Vous emploierez de préférence le.s eaux d'Uriage, s'il existe de l'eczéma
^humide. Il est digne de remarque, en effet, que l'eczéma arthritique
liumtde se guérit pla^ facilement par les eaux sulfureuses que par les eaux
bicarbonatées sodiques qui, parfois même, l'exaspèrent au plus haut point.
Les eaux de Saint- Honoré seront prescrites si la mélrite herpétique existe chez une femme présentant en même temps le tempérament lymphatique, alors (joc la leucorrhée est abondante, purulente, que les troubles menstnieh(, aménorrhée et dysménorrhée, sont très accusés, que l'adéno-
sbronique, non compliquée de péri-adcnite ou do pelvi-péritonite, alors surtout que la métrite est lorpidc et non irritable.
Vous aurez recours aux eaux de BEignèTes-dc-Bîgorro, d'Auhis, do Capvorn, s'il existe, en même temps que la métrite, une dyspepsie acide et Biirtoutune lithiase rénale ou hépatique.
Enfin, les eaux de l'iombièrcs, Ncria, Ussat, Luxeuil, Bains, conviendront Il la métrite avec leucorrLéo peu abondante, sans sclérose, sans ulcérations, on bien avec ulcérations supcrflcielles, accomi)E^née d'une iwléno-lymphilc douloureuse, de constipation et de troubles nerveux extrêmes i névralgies pelviennes, teuaccs, rebelles, gastralgie et ent(5ralgie.
La métrite chlorotîque est puissamment modifiée et même guérie par un grand nombre d'eaux minérales appartenant à toutes les classes. C'est ainsi que les chlorurées sodîciaes, les sulfureuses, les arsenicales, les sulfatées calciques, les bicarbonatées sodiqucs chlorurées donnent das résultats aussi cflicaces que les ferrugineuses proprement dites. Toutes ces eaux aident au relèvement des fonctions nutritives ; elles sont reconstituantes au plus haut degré, tout en aidant la résolution des produits inflammatoiroa.
En prescrivant le traitement hydro-minéral vous aurez, comme pour les métrites dyscrasiqucs précédentes, à tenir compte do la modalité clinique.
Aux malades atteintes d'une métrite chlorotique torpide, avec sclérose du tissu utérin, ulcération superficielle, blafarde ou même érosion, écoulement leucorrliéiqwe abondant, purulent, troubles menstruels peu accusés, aménorrhée plutôt que dysménorrhée fouctionneilea, adéno-lymphife ganglionnaire ou vasculaire non douloureuse, sans péri-adénite et surtout sans adéno-pelvi-pérîtonite ; si, en outre, celte métrite présente comme phénomène sympatliique une dyspepsie non douloureuse, non gastralgique, vous ordonnerez un traitement par les eaux de Saint-Nectaire, La Malou, lioyat, Lacaune, Chàteauneuf, Kenlaigue, Forges, Andabre, Oriol, (Jransae, Bussang, Orezza, etc., etc.
Los eaux de Vichy, de Vais, seront préférées si la métrite, tout en présentant les mêmes caractères aaatoiniques, est plutôt congestive; si les règles sont plus abondantes; si la dyspeysio est en même temps gastral- Rique. Les eaux de Pougiies conviendront de même à cette modalité de la métrite chlorotique si la dyspepsie est flatulente.
Par contre, si la lésion est profonde, l'ulcératiou étendue, la leucorrhée purulente, fétide, les règles abondantes; si l'adéno-ljTnphito s'accompagne de péri-adénite et de pelvi-péritonite et surtout si la métrite est torpide, vous aurez recours aux eaux de Bourbonne-los-Bains, de Salies, d'Uriagc, de Luchon, de Salins, de Sylvanèa, de Saint-Christau, de Dax, do la Bour boule.
Avec cette même modalité anatomi<\ue, si la métrite se présentt! avec de l'irritabilité, une adéno-lymphite douloureuse, un état névropathique accentué, des troubles menstruels accusés par des crises dysménorrhêiques
fonctiounGllos et une ménorriiagie légère, vous presci'iroa Ussat, SainU 1 Sauveur, Cautercta, Bagaèroa-de-Bigorre, Luxeail, Bains, les Eaux- Chaudeni, Mont- Dore,
Dans le cas où la mcnorrhag'tG est remplacée par l'amcnorrhôc fonctionnelle, les Eaux-lionnes (source d'Orlcïg') sont utilisées avec de boni | résultats pour les malades.
Telles sont. Messieurs, les métrites d'origine dyscrasique seules suscop. I tiblps d'&tre modifiées et guéries par lo fraiteuient hydro-minéral.
La metrUe typhiUtique, pas plus que la métritt tuberculeus6 ou la meirite cancéfetise, no peuvent, en effet, être g^uéries par les eaux minérales, Nous n'avons i\ notre dispoaition aucune eau minérale spécifique de ces diverses dyscrasies.
Je ferai remarquer toutefois que le traitement thormo- miné rai peut dans certaines conditions rendre quelques services, notanameut dans la métrite tj/j)hilitigue. Il est indiqué alors que, cliez une femme atteinte d'accidents syphilitiques dits tertiaires, une métrite scléreuse se développe ; alors que sous l'influence de la syphilis, une métrite dyscrasique d'origine scrofuleuse, arthritique, évolue. llien n'est commun, en effet, ainsi que l'a dit N. Guéneau de Mussy, que de voi r survenir, par le fait de la syphilis, une affection d'une autre origine dyscrasique. L'expression pittoresque de l'cmincnt lîicord, scro/ulate de vérole, signalant l'alliance des deux maladie» dyscrasiques, constitutionnelles, scrofule et syphilis, rend bien compte des faits cliniques ; elle est aussi exacte pour l'utérus que pour la peau, les muqueuses, les parenchymes. Tous les jours vous en vérifiez l'exactitude dans le service de Lourcine. Dans ces conditions le traitement thermo-minéral est indiqué. Les eaux: de Challes, de Luchon, d'Aix, sont surtout prescrites avec avantage.
Dans votre chois vous aurea à tenir compte aussi des modalités cliniques sur lesquelles je n'ai plus à revenir.
La meirite tuberculeuse n'est pas tributaire des eaux minérales. Toutefois, les eaux sulfureuses de Cautcrets, des lia ux-C bandes, des Eaux-Bonnes, d'AUevard, peuvent être utiles, ainsi que les eaux arsenicales et les eaux iudétcrmini'ïos, dans le cas où l'affection utérine est à son début, la lésion superficielle, la leucorrhée peu abondante, la ménorrhagie pou accusée, l'adéno-lymphite chronique, non douloureuse et non compliquée. Mais, tout en djrîgcant contre cette métrite un traitement minéral, n'oubliez pas. Messieurs, que le plus ordinairement il faut respecter cette affection, surtout la ménorrhagie qui constitue un de ses sjTnptSmes, et qui alterne avec l'hémoptysie. Souvent alors on voit la suppression des ménorrhagios donner à l'affection pulmonaire une marche rapide ou mËme la laire éclater, si jusque-là elle était restée latente.
Le traitement minéral do la métrite cancéreuse est non seulement inutile, mais nuisible. 11 favorise le développement du néoplasme, ainsi que j'ai eu à le constater plusieurs fois sur des malades dirigées à tort sur les stations minérales; il ne faut donc pas, en principe, envoyer une malade atteinte d'un cancer de l'utérus aux eaux minérales. Eu pratique, quelquefois le médecin est moralement oblige à conseiller nne station minérale à une malade dont le moral est affecté et l'esprit inquiet. Dans ce cas spécial,
et alors surtout que les douleurs abdominales sont atroces, violentes, Tinsomnic persistante, Fappétit nul, les forces épuisées, la métrorrhagie fréquente, vous prescrirez les eaux de Saint-Nectaire, Vichy, Royat, La Malou, afin de pouvoir donner des bains et des douches d'acide carbonique. Vous savez, en effet, d'après les expériences de FoUin, Charles Bernard, Demarquay, Monod, que le gaz acide carbonique est un puissant sédatif des douleurs utérines et de la ménorrhagie. Sous cette influence, l'esprit de la malade est moins inquiet, l'insomnie disparaît ; les fonctions digestives s'améliorent; l'appétit renaît; les forces se relèvent; l'organisme se reconstitue; il se produit en un mot un remontement général, suivant la célèbre expression de Bordeu. Malheureusement cette amélioration est passagère, et le médecin n'a d'autre satisfaction que celle d'avoir procuré un soulagement de quelques semaines, parfois de quelques mois, à sa malade.
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