‹ Leçons sur la viscosité des liquides et des gaz (volume 2)Chapitre 79 sur 104 · CHAPITRE III. — VISCOSITK DES LIQUIDES PURS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — VISCOSITK DES LIQUIDES PURS

Quant à la température du liquide contenu à l'intérieur du bloc, après divers essais infructueux, on l'a mesurée au moyen d'un thermomètre à mercure introduit dans une longue moufle d'acier R, vissée à fond dans le bouchon, à laquelle l'appareil en verre est fixé par les colliers K {fig^ 46). Enfin, pour que la position du tube d'écoule-

Fig. 46.

ment soit toujours la même par rapport au mercure, ce qui est indispensable pour que la pression motrice soit rigoureusement la même dans les expériences successives, il a fallu supprimer tout anneau de métal écrasable entre le bloc et le bouchon; le bouchon a été fait, comme le bloc Caillelet, en excellent acier, reposant sur le bloc par une petite surface tronconique rodée, et l'on a obtenu l'obturation parfaite au moyen d'un serrage très énergique.

Toutes les précautions paraissent avoir été prises, et les mesures effectuées avec précision.

Au-dessous de 32" la viscosité de l'eau diminue quand la pression augmente.

A 32 ' la viscosité est indépendante de la pression jusqu'à 4^0 sitmosphères.

Au-dessus de 32" la viscosité croit avec la pression ifig^ i'j).

La variation relative croit plus vite que la pression.

La compressihilité du mercure et l'extension du bloc d'acier sous 4oo atmosphères ont diminué la pression motrice de o,3 pour loo. Cette diminution résulte d'un abaissement du niveau du mercure dans

l84 LIVRK II. — LES LIQUIDES.

le bloc, qu'on a réussi à mesurer directement par une expérience préliminaire; deux pointes d'acier reliées aux fils de cuivre qui tra-

Fig. I7.

-»■ 0,005' .Vartation relative de la viscosité due à la pression

Température

versent le bouchon plongent dans le mercure à de très petites profondeurs, inégales; par compression on supprime le contact du mercure successivement avec l'une et l'autre des deux pointes : un abaissement du niveau de o""",4o est produit par une pression de i^o-atmosphères.

158. Anhydride carbonique près du point critique. — Warburg, après avoir collaboré avec Rundt à l'étude de la viscosité des gaz sous des pressions très faibles, a publié en 1882, avec von Babo, un très important travail Sur la viscosité de Uanhydride carbonique au voisinage de la température critique ( ' ).

Warburg a adopté la méthode des tubes capillaires, qui paraît seule applicable dans ce cas. Pour définir l'état de l'acide carbonique il faut mesurer la température et la pression du gaz; pour définir la pression motrice, produite par la descente du mercure, il faut connaître aussi la densité de l'acide carbonique employé, dans les conditions mêmes de la mesure; enfin, le lluide du tube capillaire et du réservoir qui se remplit est soumis à une pression un peu différente de celle du fluide extérieur; il faut donc tirer de la courbe des densités en fonction de la pression la correction correspondante, tout à fait incertaine au point critique même, comme on sait. Il faut, en

outre, suivre l'écoulement du liquide, pour la mesure de viscosité; le tube capillaire et son réservoir jaugé sont donc enfermés dans une

éprouvette en verre épais qui permet de voir ce qui se passe. Tout l'appareil doit tenir la pression de 120*^"', jusqu'à une température de 4o" environ.

(') Wied, Ann., t. XVII, 1882, p. 390-427.

La réalisation de toutes ces conditions a exigé la constmction d'ui llppareil assez compliqué, eo partie en acier, en partie en verre, qu mérite une description d(5laillée {Jig. 48).

Le gaz carbrinique préparé avec les plus grands soins est coinprinn

jusqu'à liquéfarlion dans un solide récipieol qui en contient Soo^. On le fait passer pur distillation dans l'appareil refroidi à zéro, où il arrive par le tube de cuivre N et le robinet à pointeau ML; les autres robinets à pointeau II/( et 7,v étant fermés.

Le manomètre è azote TS indique quand il faut arrêter le remplissage en fermant le pointeau ML, et aussi quand il faut ouvrir les pointeaux H/* ou t-Z pour empêcher la pression de trop monter pen-

- LES LIQVIDBS.

dant le réchaiiffemeui de l'appareil. Ce manomètre est formé par un tube de verre S de 640"'" de long, de S'"" d'épaisseur et o""',5 de diamètre intérieur, terminé en T par un réservoir d'environ 3™' qui plonge dans le mercure du bloc d'acier O. Le tube étroit, calibré et divisé, est entouré d'un manchon avec bain d'eau; l'azote est bien sec et débarrassé d'acide carbonique. La pression se déduit du volume de l'azote supposé remplir exactement le réservoir T sous la pression atmosphérique; mais le transport du tube est assez délicat, de sorte que, sur trois séries, deux concordent bien et la troisième donne des pressions plus faibles de j^ environ; on corrige de la différence de niveau de mercure dans le tube et dans le réservoir, et de la dépression capillaire. Le pointeau V permet d'isoler complètement le manomètre.

Page 1