CHAPITRE IV. — TUBES. — HAUTES TEMPÉRATURES
Hors de l'éluve, on trouve d'un côté le manomètre M à air libre; de l'autre côté, les deux tubes B et D en relation avec la boule E, le baromètre tronqué M' et la pompe à mercure.
Dans l'étuve se trouve en outre un ihermorégulateur métallique qui règle la température à i" près, et un thermomètre à air de Jolly.
L'appareil d'écoulement est entièrement en verre; les joints rodés o,, 02 du tube D tiennent à sec; il en est de même du robinet R, dont le fonctionnement reste bon dans l'étuve à 4oo".
Le robinet R est d'abord tourné de manière à mettre le capillaire c en communication avec le tube B. On fait le vide à chaud de manière à enlever tout l'air de l'appareil jusqu'au manomètre m; et, par le robinet r, on introduit ou l'on enlève de l'air dans l'espace compris entre /w et M, de manière qu'à la température adoptée toute la dénivellation se produise dans M. Au bout d'une heure environ, on commence la mesure de l'écoulement en tournant le robinet R vers D. Le mercure qui a traversé le tube capillaire vient se condenser en totalité dans le tube D, exposé à l'air, un peu au delà du point û| . Un observateur noie le lemps, lit régulièrement la température et la pression en M, en s'assurant qu'il n'y a pas de différence de niveau sensible en m, pendant qu'un aide entretient la dépression M' constante en manœuvrant la pompe à mercure.
Au bout d'une demi-heure environ le poids de mercure distillé en D est' devenu suffisant pour la pesée (20"*'* à 200"^, suivant la température). On tourne le robinet R, on détache le tube D de ses rodages et l'on pèse.
Le calcul complet de l'expérience n'exige plus que la connaissance de la densité de la vapeur de mercure par rapport à Tair, 6,978 d'après Dumas.
Trois tubes capillaires ont été employés :
i 9^^873 ig,'ijt 18,0
R o*™, 004*24% 0,00593 o,oo8'238
Entre 270** et 38o", les résultats sont bien représentés par la formule
fx = 0,000067 -h 0,000001 559
ou encore par lu formule
[1 = 0,000 162(1 H- aO )».•».
Deuxième tube.
fjio observé 0,000494 55 1 641 654
\Lc calculé 0,000492 552 G39 656
La grandeur 1,6 de l'exposant ne laisse aucun doute; c'est le choc qui doit être remplacé par une rencontre.
Le volume moléculaire qui en résulte est égal à 4)^9 fois celui de l'hydrogène à la même température de 3oo®; ce rapport devient 12,9 à o".
Enfin, de la densité de vapeur à 3oo°, 3i4 . io~' de celle du mercure liquide, et de la viscosité, il résulte que le diamètre moléculaire est sensiblement 42.10"' centimètre.
234. Vapeurs organiques. — L. Meyer (* ). — La mesure de la viscosité des vapeurs de liquides dont le point d'ébullition est élevé présente de grandes difficultés ; mais la relation que la théorie cinétique établit entre la viscosité et le diamètre moléculaire donne un grand intérêt à ces mesures, puisqu'elles équivalent alors à des mesures de volume moléculaire ; à un facteur numérique près, le même pour toutes
les substances, le volume moléculaire est mesuré par \— — j — A
en appelant w le poids moléculaire. C'est cette considération qui a décidé L. Meyer à effectuer des mesures sur la benzine et un grand nombre d'éthcrs, après avoir reconnu l'accord entre les volumes moléculaires déduits des viscosités de Graham et ceux directement mesurés par Kopp.
La mise au point de l'expérience a été extrêmement difficile. Après plusieurs tentatives infructueuses pour la régulation de la température, Meyer a dû se décider à opérer avec de la vapeur d'abord saturante qui se détend dans le tube capillaire à la température même de l'ébullition. La partie délicate et fragile de l'appareil est le bouilleur qui enferme le serpentin capillaire, entièrement construit en verre par Geissler {Jig* 82). Ce serpentin, d'une longueur totale de i5o*^"*, a 3o spires; sa hauteur est de i4*"" et son diamètre extérieur i*^™,8. Le ballon A qui contient le liquide est chauffé au bain-marie; la vapeur s'élève autour du serpentin capillaire aa, sort en soulevant une
(») Wied. Afin., t. Vil, 1879, p. 497.