‹ Leçons sur le chancre (volume 2)Chapitre 1 sur 53 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

CHEZ ADRIEN DELAIIAYE, ïhfi|\AiRE,

Place de l'Écolc-dc-Médecine, 23ps^V^' | Ç \

El aux Bureaux du Journal L'UNION MÉDICAttT ^"^

56 , RUE DU FAUnOUIlG-MONTMARTUE.

L'auteur cl Téditcur se rcsci'\cDl le droll de Iraduclion.

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A Monsieur

LE DOCTEUR Pu. RICORD.

Maître,

Des nombreuses questions que vous avez abordées dans vos leçons cliniques de l'année 1856, il en est une qui, par sa haute importance doctrinale et par l'intérêt de vos plus récents travaux , devait surtout attirer l'attention de vos auditeurs.

Cette question, je l'ai nommée par le titre même de ce petit volume; je l'ai choisie de préférence, pour donner, sur les nombreux et différents problèmes qui s'y rattachent le résultat de recherches encore inédites et l'exposé de vos doctrines actuelles.

C'est donc à l'étude du chancre que j'ai consacré cette publication.

Limitant ainsi mon sujet, j'ai pensé que je pouvais sans crainte lui donner un développement que vous vous étiez interdit dans le cours de vos cliniques, alors que vous traitiez de la syphiUs tout entière. Je ne me suis donc point borné à reproduire ici les leçons que vous avez professées sur cette intéressante question du chancre. Je me suis aidé, pour compléter mon sujet, de voire enseignement quotidien et de vos instructions familières. J'ai rassemblé, pour les annexer à votre texte, une foule de notes que j'avais recueillies de votre bouche, soit au lit des malades, soit aux consultations du Midi si fécondes en exemples pathologiques de tout genre; je me suis inspiré de vos publications antérieures, et j'y ai puisé largement; je vous ai môme co2né quelquefois, certain que tout le monde, gagnant au plagiat, excuserait le plagiaire.

Mais, pour être complet, je ne me dissimule pas que j'ai encouru un grave reproche par ce mode de travail. Votre enseignement ainsi reproduit — je le sens mieux que tout autre — perd son cachet original : la doctrine se retrouve peut-être dans ces Leçons ; mais, à coup sùr, l'on n'y voit point le maître.

Aussi bien, que n'apprenez-vous à vos élèves, en même temps que la vérole , le secret de la peindre comme vous ! Que ne leur donnez-vous le moyen de rendre cette parole qui dicte depuis un quart de siècle les dogmes de la syphilis, de reproduire avec tout son éclat cet enseignement inimitable qui charme en instruisant, qui sème une science à la fois profonde et facile, médicale et populaire!

Hélas! maître, vous manquez à ce livre, et il me faut tout d'abord m' excuser près de vous et de vos lecteurs de vous avoir défiguré.

Disséminant mes forces, je n'aurais fait que montrer davantage mon insuffisance. Je me suis donc restreint, je vous le répète, à un sujet unique.

Toutefois , il est plusieurs questions que j'ai cru ne pas devoir sacrifier entièrement, parce qu'elles se rattachaient d'une façon trop immédiate à l'étude du chancre. — Je leur ai consacré quelques chapitres.

Il en est d'autres encore que leur nouveauté ou leur haute importance doctrinale ne me permettait pas de distraire. Je leur ai ouvert une place soit dans le courant du texte, soit dans les notes additionnelles que vous trouverez à la fin de ce volume.

Telles sont , par exemple , les questions relatives à Véiat du sang chez les syphilitiques, à la contagion médiate, à la transmission du chancre dans ses différentes variétés, à V action thérapeutique du chlorate de potasse, à la dualité du virus chancreux, etc.

J'ai cru devoir rejeter de même au cbapitre des pièces justificatives plusieurs documents slalistiques ou autres , que leur clendue ne

me permettait pas d'insérer dans le cours de vos Leçons , sans danger de distraire l'attention des lecteurs du sujet principal.

Je serais heureux que cette distribution des matériaux que j'avais à classer pût vous satisfaire.

Vous trouverez encore, mon cher maître, çà et là, au bas de votre texte, quelques furlives notes empruntées aux premiers auteurs qui ont écrit sur la syphilis naissante. C'est qu'en effet de bien curieuses analogies rattachent à votre doctrine ces observateurs du vieux temps, pour en faire, comme on l'a dit, les précurseurs de votre école. Je n'ai pu toujours résister au désir de signaler cette communion d'idées à travers les âges. Quelques citations éparses — qu'il faudra me pardonner — montreront que votre doctrine a ses fondements dans les annales les plus reculées de la syphiliographie, et que s'il lui fallait une sanction, elle pourrait la demander à l'histoire oi^i sont inscrits seg titres de noblesse.

Et maintenant, cher maître, comment vous remercier de la bienveillance infinie avec laquelle vous avez cité dans vos cliniques les quelques recherches sur la contagion chi chancre que j'avais entreprises sous votre direction? Mieux que tout autre, cependant, vous savez que cette étude n'a de valeur que par l'attention dont vous l'avez honorée : c'est vous qui l'avez provoquée, qui l'avez suivie, qui l'avez aidée de vos conseils et de votre temps ; c'est vous seul qui pouviez en féconder les résultats.

Soyez assuré, du moins, que je n'avais pas besoin de cette distinction si touchante et si flatteuse pour moi, pour vous être attaché par les liens d'une éternelle reconnaissance. Je me souviendrai toujours que j'ai trouvé en vous plus qu'un maître bienveillant, et je ne fais aujourd'hui qu'acquitter une dette du cœur en m'associant à ce double sentiment que conservent pour vous les aînés de votre école, et, avant tous, la génération des internes que vous avez formés : affection pour l'homme, admiration pour le professeur.

A. FOURNIER

Août 1857,

A Monsieur Alfred FOURNIER,

ANCIEN INTERNE DE l'HÔPITAI, DU MIDI (1).

Mon cher ami et excellent disciple ,

Je n'ai que des éloges à vous adresser.

Votre travail est aussi complet que possible — Je suis heureux et fier de vous avoir trouvé pour interprèle

Vos notes, vos nombreuses observations, vos propres recherches et vos travaux statistiques que vous avez ajoutés à mes Leçons, ne peuvent qu'être bien accueillis par vos lecteurs : c'est le fruit d'études sérieuses, d'un travail persévérant et consciencieux, que je me plais à reconnaître et que je ne saurais trop encom-ager.

Vous avez été bienveillant pour moi autant qu'on peut l'être ; recevez donc mes sincères remercîments, et croyez au bonheur que j'éprouve de vous compter parmi mes meilleurs élèves et aussi au nombre des amis auxquels je tiens le plus.

Votre affectionné ,

RiCORD.

Paris, 27 août t857.

(1) J'ai cru devoir apporter cette lettre à la connaissance du public. C est une consécration donnée par le maître à cette publication. C'est de plus la meilleure recommandation que puisse invoquer près du public médical le rédacteur de ces leçons.

[Note de l éditeur.)

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