I. d'in. Inoc. posit. Inoc. nég
Chancres à la période de progrès
à la période d'état
k la période de transition . . . .
k la période de réparation. . . .
(') Ce chancre datait de neuf jours.
L'on aurait pu, ce me semble, prévoir et annoncer à priori ce défaut d'inoculabilité du chancre infectant parvenu à une certaine période. C'est qu'en effet, il esta la fois conforme à un fait d'observation journalière et aux grandes lois de la pathologie générale. D'une part, voyez si le chancre induré se multiplie sur place, comme le chancre simple, par une série d'inoculations successives de voisinage ; voyez s'il produit fréquemment à ses côtés ce chancre à base molle, simulant d'aspect le chancre simple, et auquel un syphiliographe contemporain a donné le nom de chancroïde. Il n'en est rien : le chancre infectant , comme l'a dit M. Ricord , est et reste solitaire. Pour qu'il se multiphe, pour qu'il se reproduise, il faut, pour ainsi dire, forcer la main à la nature, en ouvrant par la lancette une voie artificielle au pus virulent. Encore ce procédé est-il insufiîsant dans l'énorme majorité des cas, puisque l'inoculation ainsi pratiquée reste généralement stérile.
Et d'autre part, interrogeons les lois qui régissent la pathologie des affections virulentes. Le vaccin reproduit-il sa pustule spécifique quinze jours après une première inoculation ? L'insertion du pus varioleux ne demeure-t-elle pas sans résultat sur un sujet récemment atteint de la variole? — Ce serait donc, en réalité, par un privilège exceptionnel que le chancre infectant pourrait, au moment oîi il vient de créer une diathèse, se reproduire sur le même sujet, même en se modifiant dans sa forme et ses caractères extérieurs.
Les expériences précédentes ont démontré que le chancre infectant, dans les conditions d'âge oii nous l'avons observé, c'est-àdire après le second septénaire de son existence, ne se réinocule que très difficilement et très rarement sur le sujet qui le porte.
Eh bien, ce résultat ne doit pas être une lettre morte : la clinique peut en tirer parti et le faire concourir utilement au diagnostic différentiel des deux espèces d'ulcérations primitives.
Soit, comme exemple, un chancre datant de quelques semaines, à la période d'état. — Le gonflement des parties malades, l'œdème inflammatoire ou toute autre cause, empêche d'apprécier exactement l'état de la base sur laquelle repose l'ulcération. Je suppose de plus l'adénopalhie inguinale mal formulée et peu significative. — Dans de semblables conditions, les deux éléments ordinaires du
diagnostic faisant simultanément défaut, n'est-il pas vrai que la nature du chancre ne peut être déterminée, et que, borne a ses ressources habituelles, le jugement du médecin est nécessairement suspendu? Eh bien, ne pourrait-onpas, dans ce cas invoque un autre signe; ne pourrait-on pas demander a la lancette la distinction que la symptomatologie refuse? Inoculez le pus fourni par l'ulcération. Si l'inoculation reste négative, ce n est certainement pas à un chancre simple que vous avez affaire; car a laperiode où nous avons supposé l'ulcère, cette variété de 1 accident primitif s'inocule à coup sûr. Vous êtes donc en présence d un chancre infectant. -Avez-vous obtenu, au contraire, la pustule spécifique, les probabilités sont alors pour un chancre simple; car l'on sait que, dans l'énorme majorité des cas, sinon toujours, les ulcérations de nature infectieuse répondent négativement a la
lancette. , L'inoculation, sans doute, ne donne pas dans ces conditions de certitude absolue; et d'ailleurs, il n'est pas toujours possible d'y soumettre les malades. Néanmoins, il ne faudrait pas méconnaître les services qu'elle peut rendre et récuser son concours. Les indications qu'elle fournit sont, en effet, intéressantes à un double titre : d'une part, au point de vue doctrinal, elles nous révèlent une aptitude très différente des deux variétés de l'accident primitif; et, d'autre part, il est incontestable que l'inoculation offre à la pratique un nouveau signe différentiel, qui peut trouver son utilité dans certains cas difficiles et complexes, à titre (\: élément diagnostic complémentaire.
A. FOURNIER