Ch. du fourreau; période d'étaL — Inoc au22*j. — R
négatif.
189. Ch. uréthral; écoideinent séro-purulent. — Inoc. au62*j.
— R. négatif.
(Accidents coni>éculifs : roséole, plaques moqueuses, alopécie, etc.)
190. Ch. de la rainure, datant de quelques jours (le malade ne
peut en préciser Torigine); période ô*augment, — L'inoculation fournit la pustule spécifique.
RésumoDs celle longue cnuiiiéralion. — El d'abord, mettons hors de cause les chancres développés sur des sujets antérieurement syphilitiques, ulcérations hybrides, sur la nalurc desiiuelles les sypliiliographes sont loin d'être fixés, et qui pouri*aienl donner lieu à de nombreuses discussions doctrinales. De la sorte, nous n'aurons à comparer que les résultais de l'inoculation sur des espèces franches.
Eh bien , voici ce que donne rexpérimentation :
1" Inoculations de chancres simples.
N.Mhhrc né>ulUU R^MiHalff «les iiiftciilal. pasitif«. ucgatif^.
Chancres simples à h [)<';ric)(lc iyaugmeni.. 2 2 »
— à la jK riihlc ù'ëUii 4 4 44 »
~^ — à la pcriude de Ivansi-
tion 9 9 ».
Nombre Résultais Rësullals des inoculât, positifs, négatifs.
Chancres simples à la période de réparation bien établie 12 9 3
— — à la période de répa-
ration déjà avancée . . 3 3 »
— — à la période de répara-
lion extrêmement avancée 7 2 5
Chancre simple à forme gangreneuse .... I » 1
Chancre simple inoculé après une cautérisation profonde i » i
2® Inoculations de chancres indurés.
Chancres indurés à la période d*augment . .
— — à la période (Vétat •
— — à la période de transition.
— — à la période de réparation.
— — à forme gangreneuse. . . .
11 suffit de jeter les yeux sur ces deux tableaux pour être frappé des résultats différents que fournit l'inoculation, suivant qu'elle s'adresse à des chancres simples ou bien à des ulcérations de nature infectieuse. D\in côté, elle répond presque invariablement d'une façon positive ; de l'autre, sa réponse est presque invariablement négative. Comparons comme exemple ce que fournit l'inoculation de chancres de nature différente, mais interrogés à des périodes semblables de leur existence, soit à la période d'état :
Chancres simples: hà inoculations; — Ai inoculajtions positives, c'esl-à-dire fournissant la pustule spécifique.
Chancres infectants : 55 inoculations; — 55 inoculations négatives, stériles.
Voil.^, certes, des résultats absolus de part et d'autre et absolument contraireè.
Mais continuons le parallèle.
Le chancre infectant, qui ne fournit pas d'inoculations positives à sa période d'état, ne se laisse point inoculer, à plus forte raison, à sa période de déclin, aloi^ que la spécificité virulente décroît. Voyez, au contraire, le chancre simple conserver sa faculté puissante d*inoculabilité, non pas seulement à la période de transition, mais à la période de réparation même ; la cicatrice se fait déjà sur ses bords que le centre de l'ulcère n*a pas encore perdu sa spécificité virulente. Sur sept chancres simples inoculés à une période où le travail réparateur était extrêmeivient avancé^ il y en eut deux, comme le montre notre tableau» qui fournirent la pustule caractéristique.
Les résultats numériques qui précèdent suffisent donc amplement à démontrer cette double proposition :
I. — Le cfuincre simple^ à la période d'état^ est inoculable à coup sfir au sujet qui le porte.
II. — Z^ chancre infectant, à la même période^ e$i d'tme itfbculation sinon impossible^ au moins très dif* ficile à obtenir et très rarement obtenue (i ) .
Cette dernière proposition demande toutefois une réserve : elle ne s'appli(|ue (|u*au chancre à la période d'état^ c'est-à-dire ayant acquis son complet développement. Elle ne préjuge rien des conditions «rinoculabilité de Taccident primitif à forme infectieuse avant cette période.
C'est précisément ce rapport entre l'inoculabilité et l'âge du chancre infectant que l'on n'a pas suffisamment étudié jusqu'à ce jour. Cette lacune de nos connaissances
(I) Ce résultai est entièrement conforme aux expériences de M. le docteur Puche, d'après lequel rinoculatioii du chancre infectant ne fourmrail pa» UEH KOis SIR CENT la pustule spécifique.
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 89l
est surtout sensible pour le stade de débuts et il est probable qu'elle ne sera pas de longtemps comblée.
Il est fort rare, en effet, au moins à l'hôpital, que Ton rencontre celte variété de l'accident primitif à une époque très voisine de son origine. L'indolence de l'ulcération explique sans doute le retard que mettent les malades «^ réclamer les soins du médecin. La plupart des sujets infectés ne se présentent que plusieurs semaines après la contagion, c'est-à-dire à une époque où le chancre a acquis en général son complet développement. On n'a donc qu'exceptionnellement l'occasion d'interroger le pus d'un chancre très jeune {\). Pour ma part, les plus jeunes que j'ai pu inoculer cette année comptaient de onze à quinze jours d*existence, et je n'en ai jamais rencontré d'une origine plus récente.
On aurait pu, ce me semble, prévoir et annoncer d priori ce défaut d'inoculabilité du chancre infectant parvenu à une certaine période. C'est qu'en effet, il est à la fois conforme à un fait d'observation journalière et aux grandes lois de la pathologie générale. D'une part, voyez si le chancre induré se multiplie sur place, comme le chancre simple, par une série d'inoculations successit^es de voisinage; voyez s'il produit fréquemment à ses côtés ce chancre à base molle, simulant d'aspect le chancre simple, et auquel un syphiliographe contemporain a donné le nom de chancroïdc. Il n'en est rien : le chancre infectant, comme Ta dit M. Ricord, est et reste solitaire. Pour qu'il se multiplie, pour qu'il se reproduise, il faut, — qu'on me passe le mot — il faut forcer la main à la naturej en ouvrant par la lancette une voie artificielle au
(1) Je parle, bien entendu, d'un chancre itiduré. Si l'induration ne s'était pas encore produite, bien coupable serait le médecin qui tenterait une semblable expérience, au lieu de détruire le ciiancre naissant par une cautérisation abortive et de prévenir les ciiances possibles de l'infection.
pus virulent. Encore ce procédé esl-il insuffisant dans Té* norme majorité des cas, puisque Tinoculâtion ainsi pratiquée reste généralement stérile.
El d'autre part, interrogeons les lois qui régissent la pathologie des affections virulentes. Le vaccin reproduitil sa pustule spécifique quinze jours après une première inoculation? L'insertion du pus varioleux ne demeuret-elle pas sans résultat sur un sujet récemment atteint de variole? — Ce serait donc, en réalité, par un privilège exceptionnel que le chancre infectant pourrait, au moment où il vient de créer une diathèse, se produire une seconde fois, et cela même en se modifiant dans sa forme et ses caractères extérieurs.
Les expériences précédentes ont démontré que le chancre infectant, dans les conditions d'Age où nous l'avons observé, c'est-à-dire après le second septénaire de son existence, ne se réinocule que très difficilement et très rarement sur le sujet cpii le porte.
Eh bien, ce résultat ne doit pas être une lettre morte : la clinique peut en tirer parti et le faire concourir utilement au diagnostic différentiel des deux espèces d'ulcérations primitives.
Soit, comme exemple, un chancre datant de quelques semaines, «^ la période d'état. — Le gonflement des parties malades, l'œdème inflammatoire ou toute autre cause empêche d'apprécier exactement l'état de la base sur laquelle repose l'ulcération. Je suppose de plus l'adénopathie inguinale mal formulée et peu significative. — Dans de semblables conditions, les deux éléments ordinaires du diagnostic faisant simultanément défaut, n'est-il pas vrai que la nature du chancre ne peut être déterminée, et que, borné à ses ressources habituelles, le jugement du médecin est nécessairement suspendu? Eh bien, ne pourrait-on pas, dans ce cas, invoquer un autre signe; ne pourrail-nn pas demandera la lancette la distinction
que la symptomatologie refuse et que réclame Tinléret du malade? Inoculez le pus fourni par rulcéralion. Si rinoculaiion reste négative, ce n'est certainement pas à un chancre simple que vous avez affaire ; car, à la période où nous avons supposé ruicère, celte variété de Taccident primitif s'inocule à coup sur. Vous êtes donc en présence d'un chancre infectant. — Avez-vous obtenu, au contraire, la pustule spécifique, les probabilités sont alors pour un chancre simple; car on sait que, dans rénorme majorité des cas, sinon toujours, les ulcérations de nature infectieuse répondent négativement à la lancette.
L'inoculation, sans doute, ne donne pas dans ces conditions de certitude absolue; et d'ailleurs, il n'est pas toujours possible d'y soumettre les malades. Néanmoins, il ne faudrait pas méconnaître les services qu'elle peut rendre, ni récuser son concours. Les indications qu'elle fournit sont, en effet, intéressantes à un double titre : d'une part, au point de vue doctrinal, elles nous révèlent une ciptitude très différente des deux variétés de l'accident primitif; et, d'autre part, il est incontestable que l'inoculation offre à la pratique un nouveau signe différentiel, qui peut trouver son utilité dans certains cas difficiles et complexes, à titre A' élément diagnostique complémentaire.
[ Depuis répoquc où ces résultais ont été signalés, de nouvelles eipérieucesont été entreprises sur le même sujet. Je les analyserai en quelques lignes.
Mon collègue etauii, V. Poisson, qui a continué dans le service (le M. Ricord ses recherches sur rinoculaiion comparative des deux chancres, a obtenu des résultats conipléioment analogues aux miens. On en jugera par le tableau suivant qu'il a bien \oulu nie transmettre :