‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 129 sur 156 · X. — 20 septembre · texte numérisé non relu

X. — 20 septembre

Urine Par litre. Dans

émise. glucose, l’émission,

lit gr gr

Le 19,

à 10 h. du soir . .

Le 20,

à 8 h., à jeun .

A midi

, après café pris à 8 h . . .

En quatre heures, 0,11 des éléments saccharifiahles de la ration ont été trouvés dans l’urine à l’état de glucose.

Ainsi, dans neuf observations, ^1^, en moyenne, des principes saccharifiahles compris dans la ration de café au lait, ont été dosés dans l’urine émise à l’état de glucose, qu’on doit surtout attribuer au sucre et à la lactose, puisqu’on remplaçant le sucre et le lait par des œufs, tout en conservant dans la ration les 35 grammes de pain, contenant 19=%75 d’amidon, il n’y a plus eu

apparition de glucose dans la sécrétion urinaire survenue après le déjeuner.

A partir du dîner, la proportion de glucose augmente dans l’urine. Il était intéressant de rechercher quel était, sous l’influence d’une nourriture plus abondante, plus variée que celle du premier repas de la journée, le rapport existant entre le poids des principes sucrés ou sacchari fiables consommés et celui du glucose excrété.

J’ai tenté quelques expériences sur ce sujet; leur nombre trop limité n’étonnera personne, car on sait que, pour les exécuter, il faut le concours de trois volontés : celles du médecin, du chimiste et du malade.

Les observations ont duré pendant quatre-vingt-seize heures.

Le régime alimentaire consistait en viande bouillie et rôtie, poisson, choux, pain, potage, lait, café à l’eau, thé, sucre, vin.

Les principes sucrés ou saccharifiables compris dans la nourriture étaient :

gr gr

Pain . 95 Amidon 52,54

Pomme de terre.. 60 13,92

- gr

66,46 = Glucose 73,97

Choux . 100 Sucre.. 5,00

Sucre . 15 15,00

20,00 = Glucose 21,05

Lait . 400 Lactose 20,00 = Glucose 20,00

Glucose pouvant être produit par la ration . 115,02

I. Observation duii au 14 novembre 1871. — Urine rendue en vingtquatre heures : lht.4 ; glucose dosé dans 1 litre : 34î'^,2 ; dans l’émission : 473r,9.

/i88 LEÇONS SUR LE DIABÈTE.

IL Observation du 14 au 15 novembre. — Urine rendue en vingt-qûatre heures : ; glucose dosé dans 1 litre : 229'’, 8 ; dans l’émission : E4gr ^

III. Observation du 15 au 16 novembre. — Accidents nerveux par suite de tristes préoccupations J insomnie.

L’urine fut examinée à diverses époques de la

journée.

Urine

Dosé par litre,

rendue.

glucose.

l’émission.

lit

gr

gr

De 5 h. du soir à 9 h. du matin .

en 16 h. 1,1

De 9 h. du matin à 2 h. du soir. .

en 5 h. 0,3

De 2 h. du soir à 5 h. du soir -

en 3 h. 0,3

IV. Observation du 16 au 17 novembre. — Urine rendue en vingtquatre heures : lliÇ6; glucose dosé dans 1 litre : 25 grammes ; dans l’émission: 40 grammes..

Le glucose trouvé dans Turine émise en vingt-quatre heures, sous l’influence du régime dont j’ai indiqué le poids et la composition, représente :

Observation I. — Les 42/100 des principes sucrés ou saccharifiables de la ration, exprimés en glucose.

Observation II. — Les 30/100 des principes sucrés ou saccharifiables de la ration, exprimés en glucose.

Observation III. — Les 69/100 des principes sucrés ou saccharifiables de la ration, exprimés en glucose.

Observation IV. — Les 40/100 des principes sucrés ou saccharifiables de la ration, exprimés en glucose.

Dans aucun cas, la totalité des principes sucrés ou amylacés de la ration n’a été retrouvée à l’état de glucose dans r urine.

On exclut rigoureusement du régime des glucosuriques les potages à pâtes féculentes, au riz, au vermi-

culle, au sagou, ce qui est cerlaineraeut une grande privation. On permet, il est vrai, de les remplacer par des potages à pâtes de gluten.

L’exclusion m’ayant paru exagérée et la substitution peu justifiée, j’ai voulu savoir ce qu’il existe de féculents dans une assiettée de soupe dont le volume dépasse rarement 166 centimètres cubes.

Dans 1 litre de bouillon on ajoute, pour faire un potage, les doses suivantes :

Vermicelle . 44 grammes.

Riz . 43 »

Sagou . 56 »

Gluten, grains d’orge . 60 »

Par conséquent, il y a dans l’assiettée de 166 centimètres cubes :

Amidon. Glucose.

Vermicelle .

Riz .

Sagou .

Gluten, grains d’orge.. . .

Ainsi, dans une portion

de potage

, il n’y a que 6 à

7 grammes de glycogènes ; il est à remarquer que le potage à pâte de gluten renferme en réalité plus d’amidon que les autres.

Les légumes verts, les racines exemptes de fécule sont admises à peu près en toutes proportions dans les régimes des diabétiques ; il y a pourtant dans les aliments végétaux de notables quantités de matières sucrées. M. Joseph Boussingault a trouvé de 5 à 7 pour 100 de sucre réducteur dans les choux ; 6 à 8 pour 100 de sucre non réducteur dans les carottes ; dans certaines

années, le navet en renferme jusqu’à 8 à 9 pour looil est peu de feuilles qui n’eu contiennent. Cependant il est reconnu que la substitution des végétaux, des racines aux aliments féculents est favorable; serait-ce parce qu’il entre dans leur constitution des sels de potasse à acides organiques que la combustion respiratoire change en carbonates alcalins? Or, on sait que les alcalis portés dans l’organisme favorisent la destruction, la combustion du glucose. L’urine des herbivores, mis au régime du vert, est constamment alcaline : il s’y rencontre, ainsi que je l’ai reconnu, du bicarbonate de potasse. Jamais je n"ai observé de glucose dans l’urine du bétail, alors même que dans la ration je faisais entrer assez de betteraves pour qu’elle contînt 5 kilogrammes de sucre; et, en ajoutant à cette ration jusqu’à 3 kilogrammes de mélasse, de manière que l’animal reçût 8 kilogrammes de sucre en vingt-quatre heures, l’urine est restée tout aussi alcaline : elle n’a pas fait dévier un rayon de lumière polarisée.

Pour qu’on puisse se former une idée de l’alcali que peut renfermer une ration consommée à l’étable, on en a recherché la proportion dans plusieurs fourrages.

L’alcali, formé presque entièrement de potasse, a été dosé dans les cendres du végétal. Il s’agit ici d’alcali uni à des acides organiques et ne constituant pas des chlorures, des sulfates ou des phosphates, en un mot, d’alcali passant à l’état de carbonate dans la sécrétion urinaire.

Voici des résultats rapportés à 1 kilogramme de matière :

Potasse KaO.

Choux . . 2,5

Chicorée . 17

Navets . . . 37

Carottes . 25

Betteraves . 0 8

Pommes de terre . 3,2

Épinards.. . 45

Ainsi, dans 12'^, b de racines, de fourrages verts, que l’on fait facilement entrer dans la ration d’une pièce de bétail nourrie en stabulation, il peut y avoir :

Carbonate de potasse..

Dans les carottes . 45,8

Dans les navets . 60,3

Dans les betteraves . 123,6

Dans les choux . 29,9

Dans les pommes de terre . 59,0

On comprend dès lors comment l’urine des herbivores est toujours alcaline, et pourquoi il s’y rencontre, par litre, 15 à 16 grammes de bicarbonate de potasse, comme l’analyse l’a confirmé (1). Le foin qu’on ajoute aux racines, dans une ration, y apporte d’ailleurs un contingent d’alcali.

100 grammes d’épinards contiennent de potasse, pouvant former par la combustion 0®%6 de carbonate : ils ont, par conséquent, à peu près la puissance alcaline appartenant à 1 décilitre d’eau de Vichy.

Nul doute que, dans un régime prescrit aux glycosuriques, il n’y ait à prendre en considération l’alcali fourni par les aliments végétaux.

(1) Boussingault, Économie rurale.

Il n’est pas invraisemblable, par exemple, que dans l’équivalent des pommes de terre, pesant 173 grammes et où il y a les éléments de 0®',9 de carbonate de potasse les 40®', 2 d’amidon qui en font partie soient soumis à une action alcaline favorable au malade, et à laquelle échapperont les 40®', 2 d’amidon des équivalents de biscuit de gluten, du riz, des pâtes féculentes, du pain par la raison que, dans ces aliments, l’alcali s’y trouvant constituer des phosphates n’est pas dans les conditions voulues pour donner lieu à une production de carbonate, par reflet de la combustion accomplie dans l’organisme.'

DE LA MATIÉEIE GLYCOGÈNE CONSIDÉRÉE COMME CONDITION DE DÉVELOPPEMENT DE CERTAINS TISSUS, CHEZ LE FŒTUS, AVANT l’apparition DE LA FONCTION GLYCOGÉNIQUE DU FOIE (1);

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