‹ Leçons sur le diabète et la glycogénèse animaleChapitre 135 sur 156 · GLYCOGÈNE DU FOIE ET DES MUSCLES · texte numérisé non relu

GLYCOGÈNE DU FOIE ET DES MUSCLES

toutes les fois que les animaux sont très-bien nourris, quelle que soit d’ailleurs la nature de l’alimentation. Certains animaux semblent présenter cette matière glycogène musculaire en plus grande abondance. Tels sont les chevaux et les oiseaux. Peut-être même est-il certains muscles dans lesquels cette matière se rencontre en plus grande proportion que dans d’autres.

Cette matière disparaît ensuite dans l’abstinence prolongée, dans les contractions musculaires, etc. Cette matière disparaît aussi à la naissance chez les fœtus, et au réveil chez les animaux hibernants. Toutefois il faut remarquer que souvent la matière glycogène du foie disparaît avant celle des muscles du corps, surtout quand les animaux restent au repos, sans doute parce que la respiration, étant une fonction sans cesse en activité, agit en opérant d’abord la destruction de la matière glycogène hépatique.

Chez les animaux malades, chez les chevaux, par exemple, le même fait s’observe quelquefois; la fièvre peut faire disparaître la matière glycogène du foie avant celle des muscles. Malgré toutes ces circonstances, il est difficile de penser que la matière glycogène ne vienne pas du foie chez les animaux adultes, parce qu’on ne trouve pas dans leurs muscles les cellules glycogéniques qui se rencontrent partout où il y a formation de matière glycogène; à moins qu’on ne considère que les cellules qu’on observe dans la paroi du tube musculaire puissent jouer ce rôle.

C’est donc pour savoir si la matière glycogène qui infiltre les muscles provient du foie et est transportée

par le sang, que j’ai cherché à démontrer la présence de celte substance dans le sang par des expériences directes.

Chez des chiens et des lapins en pleine digestion, on a défibriné le sang, et l’on a trouvé que la fibrine traitée à froid ou à chaud par l’alcool potassé donnait un résidu indissous qui était soluble dans l’eau, précipitait par l’acide acétique. Toutefois les autres caractères de la matière glycogène étaient difficiles à saisir et il est douteux encore qu’il s’agisse de cette matière.

Dans d’autres cas, j’ai recueilli le sang des veines sus-hépatiques et l’ai immédiatement précipité par l’alcool. J’ai fait subir au coagulum plusieurs lavages successifs, à l’alcool, de façon à bien le dépouiller de tout le sucre qu’il renfermait, puis je l’ai fait dessécher à une étuve entre 30 et 40 degrés centigrades. En jetant ensuite ce sang sec coagulé dans de l’eau bouillante, le liquide n’était pas sucré, mais renfermait des traces appréciables de matière glycogène. Car si on laissait infuser ce sang, préalablement lavé à l’alcool, dans de l’eau tiède, il acquérait bientôt le pouvoir de réduire le liquide cupro-potassique, ce qui prouvait que la matière glycogène s’était alors changée en sucre.

J’ai injecté du sang défibriné dans un foie de lapin encore chaud ; et, après l’avoir fait passer à plusieurs reprises, on l’a recueilli. Ce sang était devenu trèssucré, mais il ne contenait point de matière glycogène d une manière bien évidente. H n’est pas probable cependant que le non-entraînement de la matière glycogène fût dû à l’absence de la fibrine.

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