SIXIEME LEÇON
De la réfraction.
Messieurs,
On peut diviser en trois groupes les différentes parties dont se compose l'appareil de la vision :
Le premier croupe contient les parties extérieur es j servant à protéger Tœil ou à le mouvoir: paupières, orbite, muscles extrinsèques, etc.
Dans le second croupe, on peut ranger les parties conductrices de la lumière, en d'autres termes V appareil dioptrique de rœil, servant à mettre en rapport le nerf optique avec le monde extérieur.
Le troisième enfin comprend ïappareil nerveux^ qui conduit à Torgane central les impressions lumineuses transmises par les milieux du second groupe.
Nous nous sommes occupés jusqu'à présent des parties qui peuvent rentrer dans notre premier groupe, et nous les avons étudiées au seul point de vue qui doive nous guider dans ces conférences, au point de vue de l'exploration médicale.
Nous allons maintenant aborder l'étude du second groupe, plus important encore que le premier. Il est constitué, vous ai-je dit, par ïappareil dioptriqtce de l'œil, et c'est lui qui donne à cet organe ses propriétés de réfraction et d'accommodation.
Je ne vous apprendrai pas que cet appareil dioptrique se
compose de la cornée, de rhumenr aqueuse, du cristallin et du corps vitré. La connaissance de ces milieux est aujourd'hui fort avancée, mais elle ne remonte pas à longtemps, puisque ce fut seulement en 1611 que Kepler prouva scientifiquement, pour la première fois, que les milieux dioptriques devaient produire des images réelles et renversées au fond de Fœil.
D'ailleurs, ce n'est que vers la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci, que Th. YouNoet Volkmann ont Posé les bases de la théorie de la réfraction et de l'accommodation de l'œil. Mais c'est surtout Helmholtz qui, à l'aide de son ophthalmomètre, a déterminé avec une exactitude mathématique les dimensions, les rayons de courbure et l'indice deréfraction des milieux dioptriques de cet organe. C'est lui et Listing qui en ont déduit les constantes optiques, les points cardinaux, etc.
DoNDERS, notre illustre maître, a eu le mérite de développer dans un sens pratique, les travaux de ces savants physiciens, en étendant nos notions sur l'accommodation, et en établissant la théorie des anomalies de la réfraction et les principes de leur traitement.
Vous voyez par là que la dioptrique physiologique est de date toute récente.
Peut-être est-ce en partie à cette circonstance, que le chapitre de l'accommodation et de la réfraction de l'œil doit d'être généralement regardé comme le plus difficile, le plus obscur, et surtout le plus théorique de Tophthalmologie. Pour ce dernier reproche, il ne le mérite point, et une fois au courant de ces questions, vous serez étonnés de voir combien il en découle d'avantages essentiellement pratiques : à combien de malades inutilement traités par cent collyres difl'érents ou estropiés par des opérations inopportunes, ne nous arrivera-t-il pas de pouvoir rendre la vue et le travail par des lunettes justement déterminées et administrées à propos î
Quant au reproche d'aridité, il s'explique bien moins encore par le défaut de connaissances mathématiques et phy-
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-îc ie ^rvis- ^i-Tiiii-r *r> îljfTrïrHï'jv* riL -«T^tetî entre les 'ieijJL aiJ-ti^^L>* t4 -i-- .' " <ii* rimaT*:iim obligé que :oil:^? 3':cr^ i^i-nriC'.Ti /ncipiiï f^ïc ^fojrjr? àaaee sor Fancieû >.y<:eiiin». ^c ri»? r^i'i^-^ii 'ûSfrjri ùz ^inrrçax à leancoiip de
prvaea *jl:î»? leurlle .vin^Tiif. ît i' jtncfei^, par exemple, et servez-v':îr5-«ii icor ^rritii:!? Limage du soleflsar un écrsia. Voas <aTP2 x^'rc a^î*^-^ A'îpïT' principal de la lentille, ou siiiiplement A'-^/t^r. Te^^droit où se forme cette image, et distance focale. la dlîtance qm sépare celle image de la lentille.
Kn mesurant cette distance et en Texprimant en ponces, vous trouverez, dans notre exemple qu'elle est ^le à
5 pouceig. En &ffet, les tiuméfos que poftéht les veires de lunettes ëU usagé jusqu*â ce joUt*, iûdlquent en pouces la dîâtâncë focale de Ces veri*es. Le numéro 20 a 20 pouces de distance focale, le n« 15 â W, et ainsi de suite, et pout* lei^ lentilles convexes d't^ne certaine force, la méthode la plus simple pour déterminer le numéro, est de mesurer ia distance focale de là manière indiquée.
tJne lentille est d'autant pluu forte qu'elle dévie plue fortement les rayons lumineux, qu'elle les fait converger plus près d*elle (èû cas de convexité), eh d'autres termes, que sa distance focale est plus petite. Il en résulte que, plus le numéro d'une lentille est élevé, plus là lentille est faible, et inversement, les plus petits numéros correspondent aux plus fortes lentilles.
En efltet, Id force réfringente d'une leniitle est VinMrse de sa distance focale, et trouve par Conséquent son expression dans une fractiôfi dont le numérateur est 1, et le dénominateur, la distance fbcale. Ainsi l'ancien n<» B, qui a une distance focale de 5 pouces, a une force réfringente de 1/5, le n^'lOde 1/10, etc.
Par conséquent, si au n® 5, vous voulez ajouter un n» 10, vous n^obtenez pas un n« 15, mats comme -i--f ^ = 3;^, vous avez une lentille de 3 pouces 3/4 de distance focale, et qut devrait porter le n« 3 3/4.
De même si, au n<» 8 conveXe vous ajoutez un n° 15 concave (lentille négative :^), vous avez pour résultat de cette combinaison : 4 — 1^ =^ + A ^^^^ "tÎ^ » c'est-à-dire une lentille positive (convexe) dé 1,5 pouces de foyer, et portant le numéro 1,5. Vous voyez que pour les moindres combinaisons de lentilles on a ainsi toujours besoin de calculer sur des fractions. C'est là un grand inconvénient de l'ancien système de numérotage des verres de lunettes. Si on avait choisi comme base de numérotage de ces verres, non la distance focale, mais la force réfringente, on n'aurait plus qu'à ajouter ou à soustraire des nombres entiers.
Mais ce n'est pas là le seul inconvénient de ce système. En effet, le pouce n'est pas une mesure uniforme, corres-
pondant à une grandeur universellement adoptée ; c'est une mesure arbitrairement choisie, différente pour chaque pays ; il y a le pouce de Paris, le pouce anglais, le pouce autrichien, le pouce prussien et maints autres, qui tous diffèrent entre eux, de sorte que les mêmes numéros des verres ne se correspondent pas dans ces différents pays.
C'est pour remédier à ces inconvénients et à quelques autres d'un ordre plus secondaire, qu'une commission, composée de MM. Donders, 0. Becker, Giraud-Teulon, Javal, Leber, Nagel, Quaglino, Soelberg-Wells, avait été nommée, lors du congrès ophthalmologique de Paris, en 1867, et qu'au dernier congrès des ophthalmolo^stes de Heidelberg, ainsi qu'au congrès médical international de Bruxelles en 1875, on a adopté le nouveau système de numérotage des verres de lunettes, dont voici les principes :
l® Substitution du mètre au pied ;
2° Numérotage des verres de lunettes suivant leur force réfringente, et non selon leur distancefocale ;
3^ Choix d'une unité assez faible pour que les numéros des lunettes généralement en usage, soient des nombres entiers et non des fractions ;
4° Intervalles équidistants, autant que possible, entre les différents numéros.
On a ainsi pris comme base et unité de toute mesure de réfraction une lentille qui a 1 mètre de distance focale. On l'appelle dioptrie, et on lui donne le signe D (1). Sa force réfringente est représentée par la fraction j^.
On désigne par le n^ 2 la lentille qui a 2 unités de force réfringente (dioptries) î-fr. =2 D ; le n^ 3 représente une lentille quia 3 unités de force réfringente, une lentille équivalant à trois dioptries, et par conséquent 3 fois plus forte que le n<* 1 . Et ainsi de suite.
En suivant ainsi simplement les nombres cardinaux, on obtient une série de lentilles ayant toutes entre elles le môme intervalle, 1 dioptrie.
{\) Proposition Monoyer.
On a cependant aussi admis quelques lentilles plus fkibles qu'une dioptrie, c'est-à-dire ayant plus d'un mètre de distance focale ; ainsi on a une lentiUe de 2 mètres ayant une force réfringente de -}-«., et portant par conséquent le n<> 1/2 ou 0,5 ; une autre, portant le n** 1/4 ou 0,25 a pour distance focale 4 mètres ; une troisième, n<> 0,75 a 133 cm. de distance focale. (Voir le tableau annexé à la fin du yolume.)
Le numéro de la lentille ne donne plus maintenant la distance focale, mais celle-ci est très-facile à trouver quand on se rappelle qu'elle est l'inverse de la force réfringente. .Nous avons par exemple une lentille de 4 D ou -}-..; sa distance focale est -f ■• = 0,25 centimètres ; le n« 6 a -J-"* ou i|û.em. =16 cm. de distance focale, et ainsi de suite.
On arrive avec la môme facilité, à l'aide d'un calcul inverse, à déterminer le numéro d'une lentille dont on connaît la distance focale. On nous demande, par exemple, le nombre de dioptries (d) correspondant à une longueur focale de m. 25 cent., nous mettons :
Voilà tout le principe du nouveau système. Vous voyez dès maintenant qu'il n'est pas plus compliqué que l'ancien. Ce qui seul peut embarrasser, c'est qu'à l'époque où nous nous trouvons, nous avons encore à tenir compte de l'ancien système. Mais vous allez voir qu'il est très-simple de passer de l'ancien système au nouveau.
Pour cela on n'a qu'à se rappeler que 1 mètre = 37 pouces de Paris. La dioptrie D correspond donc à une lentille ayant 37 pouces de distance focale.
1 D {ou-|-B,.) du nouveau système est donc^ r=»n® 37 de l'ancien.
2 D = ^ =-^ -jI-^ ou 18,5 de rancien.
3D=^ = :j^' ou no 12 — 4D=^ = -S- ou no 9 —
Vous voyez donc que pour trottvei* le numéro de Tancien système correspondant à un numéro nouveau, oU n*a qu'à diviser 3^ par ce dernier.
Veut-on au contraire ti*ouver le nombre de dioptries (numéro nouveau) correspondant à un ancien numéro, opération inverse , on divisera 37 par le nonlbre ancien.
Exemple : nous avons le n® 31 de Tancien système, nous disons : autant -^ contiendra de ^. autant Tancien n*» 11 représentera de dioptries. Or, diviser ^ par -^ revient à diviser 37 par 1*7, ce qui donne 2,25 B.
Cette difficulté étant résolue, nous devons revenir maintenant à notre sujet principal, la réfraction de VœU, et vous exposer, les données élémentaires de cette question. Vous pourrez alors plus facilement nous comprendre, quand nous appliquerons à la pratique ces données fondamentales de loptique physiologique en déterminant là nature de la réfraction de Tœil et le degré de Tamétropie.
L'appareil dioptrique de l'œil comprend d'abord la corncCy dont le rayon de courbure est de 8 millimètres. Elle est séparée du o^istallin par la chambre antérieure, remplie àluoneur aqueuse et ayant 4 millimètres de profondeur. La surface antérieure du cristallin est courbée suivant un rayon de 10 millimètres, la surface postérieure suivant un rayon de 6 millimètres, son épaisseur est de 4 millimètres. {Jig. 10,) Après avoir traversé ces milieux, la lumière poursuit son chemin dans le coy'^s t?i^r^ jusqu'à la rétine. L'indice de réfraction de l'humeur aqueuse et du corps vitré est en moyenne de ^ et celui du cristallin de ff.
Les chiffres que je viens de vous donner ont été déterminés et adoptés par Listing, Helmholtz et Donders. Us n'ont cependant pas une valeur absolue et ils peuvent différer dans une certaine mesure d'un œil à l'autre. Ce sont en somme des valeurs moyennes qu'on devrait toujours avoir présentes à l'esprit, puisqu'elles servent de base aux considérations d'optique physiologique.
La destination de l'appareil dioptriqae de l'œil est de produire sur la rétine des images nettes des objets extérieurs.
Vous savez que ces images sont renversées, comme toutes les images réelles fournies par un système collectif. On a discuté souvent la question de savoir pourquoi nous voyons droits les objets dont notre œil reçoit des images renversées. Au siècle dernier encore,il se trouvait des savants qui niaient le fait lui-môme et qui, ne pouvant s'expliquer que des images renversées fussent projetées comme droites à l'extérieur, soutenaient que la rétine reçoit des images droites. Je me rappelle, par exemple, avoir trouvé dans un ouvrage de médecine dû àStephan Blanquard et publié au commencement du xviii^ siècle, un dessin qui montre comment les images, qui ont été renversées par le cristallin, sont de nouveau renversées, c'est-à-dire redressées par le corps vitré.
L'explication du fait en question me paraît cependant assez simple. La voici : supposez un aveugle-né qui recouvre subitement la vue. Loin de se rendre compte de ce qu'il voit, il n'interprète pas du tout ses images rétiniennes dès le premier abord. Il ne voit ni droit, ni renversé, il ne voit pour ainsi dire pas, quoique les objets se peignent sur sa rétine. En effet, il n'a pas encore de représentations mentales qui correspondent à l'impression des terminaisons nerveuses de sa rétine. Ce n'est que par Texpérience, par la comparaison des impressions du toucher, de l'ouïe et des autres sens avec son impression visuelle qu'il arrive à mettre en rapport l'image rétinienne avec Tobjet extérieur» L'expérience lui appirend, entre autres choses, que pour observer l'extrémité supérieure d'un objet, il doit diriger ses yeux en haut, pour voir l'extrémité inférieure en bas, et voici l'interprétation de la position des objets établie à l'aide des mouvements des yeux. Il serait môme tout-à-fait inutile de recevoir des images droites, l'individu ne trouverait pas plus de facilité à les interpréter que les images renversées. Il lui faut, dans tous les cas, le secours de V expérience.
Ce qui est bien pi os important que la direction de Timage rétinienne, c'est sa netteté. En effet, dès qae l'image n'est pas nette, Tœil ne distingue pas clairement. Or, pour que rimage soit nette, il faut que l'écran (la rétine), sur lequel elle se produit, se trouve juste au foyer du système dioptrique.
Comme tout système dioptrique, l'œil pourrait fournir des images nettes seulement pour les objets situés à une seule et même distance, si son appareil dioptrique n'était pas susceptible de changements. Mais heureusement nous voyons également bien à des distances très-différentes.
La cause en réside dans le pouvoir accommodateur de l'œil. L'accQmmodation,dont nous parlerons plus longuement danslasuite,consiste,comme vous lesavez, en une augmentation de convexité du cristallin par suite de la contraction du muscle ciliaire. L'accommodation atmmenie donc la force réfringente de l'œil et l'adapte à des objets rapprochés.
L'œil à l'état de repos est adapté au point le plus éloigné qu'il puisse distinguer nettement, c'est-à-dire à son puncium remohnn.
Or, la plus grande distance à laquelle un objet puisse se trouver et à laquelle il y ait intérêt à voir, estVinfini. C'est pour cela qu'on a admis comme 7ionnal l'œil qui, à l'état de repos, voit infiniment loin, et on a désigné cet état sons le nom d^emniétropie.
EmméCropie.
Vœil emmélrope est donc un œil qui, à l'état de refios, voit à l'infini, et puisque pour voir nettement il faut qu'une image nette se forme sur la rétine, la rétine de l'œil emmétrope doit se trouver là où les rayons venus de l'infini, c'està-dire les rayons parallèles, sont réunis par le système dioptrique de l'œil. Or, c'est au foyer principal de ce système que se réunissent les rayons venus d'infiniment loin.
Moas pouvons donc défluir l'œil emmétrope delà façon suivante :
■ L'œtl emmétrope est un œil dont la rétine se trouve au Ibyer principal de son système dioplrique, qui réunit sur i-êtine les rayons parallèles, ou tien encore dont le punctum remoium est situé à l'iiiflni-
On pourrait r-iprésenter l'œil emmétrope par une lentille convexe au foyer de laquelle se trouverait un écran correspondant à la rétine (E E, fîg. H.)
Le soleil, ou tout objet éloigné, forme une image nette sur
ïécran. Pour plus de simplicité, nous choisirons comme t la flamme d'une bougie placée à 5 mètres environ;
— frU
.j iii»r;i rrè «riaiii pùur i'-jrii "iiiie disîaiîce assez grande pour •îue les rayons q:ii en prcvier-nent puissent être considérés comme parallèle^.
Amétropie
Tout œil qui n'e>t pas emmétrope est aniéirope. Dans Vaméfropie les rayons paraîlt-les ne se réunissent donc pas sur la rétine, mais en avant ou en arrière de celle-ci: Avanrons ou reculons Técran de notre lentille et nous Terrons rirnage de la flamme devenir diflftise (aô, Va\fig. Il] Le même phénomène se produit dans rœil.
ropie.
Lorsque la rétine se trouve t^> avant du foyer des milieux dioptriques, les rayons parallèles tendent à se réunir cler- 'riùre la rétine (fig. /i) et w^ forment sur celle-ci qu'une ima;^e diffuse, a h.
Pour iHre réunis sur la rétine, les rayons devraient déjà co)ivc'rr/er plus ou moins avant iVarriver à l'œil, comme rindiquent les lignes pointillées do la fig, 12. Or, il n'existe paH dauH la nature de rayons lumineux convergents. Ceux qui itroviennent de pointa plus ou moins rapprochés sont aiveri/ents ; ceux provenant de Vinfîni sont parallèles; pour ôtro convergents il fauilralt, pour ainsi dire, que les rayons provinssent d'au-delà de Vin/hii. On a donné le nom iVhypennétropie à cet état dans lequel Tœll est idaptd à un point situé au-delà de la distance normale à laquelle est adapté l'œil emmétrope.
Le pwictum rcmotum auquel Tœil hypermétrope est
adapté i\ rétat do repos ne peut être situé devant l'œil.
Il correspond au point d'intersection des rayons con-
verftenls dont Vœil ei besoin pour voir nettement. En
probnseant ces rayons nous trouvons dans notre 11-
[ara comme punctum remotum, ce point d'intersection
, fiff. *i)-
Le punetum remotum de Tceil hypermétrope, au lieu f d'être le point de départ des rayons lumineux, est au con-
traire le point vers lequel les rayons lumineux doivent converger pour être réunis sur la rétine, parce que sa force réfringente est trop faible relativement à sa longueur (voyez fig. 13). Pour le rendre emmétrope, il faut donc augmenter la force réfringente de cet œil en lui ajoutant une lentille convexe. Le numéro de la lentille qui adapte l'œil hypermétrope à la vision au loin des rayons parallèles, indique par cela môme de combien de dioptries l'œil liypermétrope est plus faible que l'œil emmétrope et donne ainsi la mesure de l'hypermétropie. Si la lentille convexe a 6 dioptries, la force réfringente de ll'œil est plus faiile de 6 dioptries que celle de l'œil emmétrope, son hypermétropie est de 6 dioptries.
Mais la lentille correctrice nous indique encore autre chose : si l'œil hypermétrope qui a besoin de rayons lumineux convergents, voit nettement à l'infini à travers une lentille convexe, il en résulte que la convergence communiquée par la lentille aux rayons parallèles est juste celle dont cet œil a besoin. Or, la lentille fait converger les rayons parallèles vers son foyer, et les rayons que l'œil hypermétrope réunit sur sa rétine doivent converger vers ■on puDctum remotum. Le punctum remotum de l'œil et le foyer du verre correcteur doivent donc coïncider, et la Lahdolt. 6
— sa —
Soalkt et 11 kfitOlp omfvxe placée juste devAnt Tjhl est àzmz éaii i la dâUn^e qui sépare le ponctom re-
La âits»» SMile de la leatiDe COTiectrice étant, dans :ï^t^» €X£SL;ùf . oe *-^ == I^oa. . le piinctom remotum est sita^
à Ift oBBllBilraa tefllra roO. 81 roB plaea la Tamoor-
.iHwràaagcMtÉttailBMniifàjatrialltPtr «umplti ^ oealialbM. dott amir «aa lialaaee ft)cala plu graadfl* DaM MM eat la fMMten roMlMm itaiit altoé à M ctBtiMMrai taiMra la eonia al la tam «tant à S eanttniMra dafaal lacama, laiMaaeatealadoltMradaie-f-Sar 18 caallartCraai al aa kn^ mmi da 6, auda aaolamant d«
d I dioj'îriôs /j^ — = 5.5^ . poar qoe son foyer coïncide avec
Par rapport à roùl. Taction de la lentille convexe est ea effeC d^antut pins forte qa'elle est plus éloignée de oelù^i. C'est poariaoi tous totci les Yieillards auxquels les lanettes conrexes commencent à reftiser le service, les éloigner des yeox. et 1^ mettre sur le bout du nex. Il est donc important de se rendre compte de la distance à laquelle on place la lentille correctrice.
Bn pratique, on ne peut pas savoir si Tindividu met plos ou moins en jeu son accommodation. Celle-ci, quelque fâi' ble qu elle soit, diminue le degré apparent de lliypermëtropie; c*est pourquoi on doit prendre, comme expression de lliTpermétropie, la lentille convexe ia plus fbrte Ç[ui adapte rœil à Vinfini, soit à une distance de 5 mètres au moins.
C'est pour la même raison que les Jeunes hypermétropes qui jouissent encore de toute la force de leur muscle cilialre et ceux dont Thypermétropie n*est pas trop fbrte voient parfaitement au loin et même jusqu*à une distance assex rapprochée sans intervention de lunettes convexes.
Causes de thypermétropie. — L'hypermétropie qui, comme nous venons de le voir, consiste en ce que le foyer principal des milieux dioptriques est situé derrière la ré* tine, peut être produite par des causes différentes.
!• Le système dioptrique de Tœil hypermétrope est le même que celui de l'œil emmétrope, mais Vaxe de l'œil est trop court, comme le représente la flg. 4i, J'ai donné à cette forme d'hypermétropie le nom d'hypermétropie axile et le signe H* pour indiquer à la fois la nature de l'amétropie et sa cause.
2«» La longueur de l'œil hypermétrope est la môme que celle de l'œil emmétrope, mais sa force réfringente est trop faible^ soit que la convexité de la cornée ou celle des surfaces du cristallin ait diminué, ou que le cristallin manque, ce qui constitue l'hypermétropie de courbure H'', 3° soit que Vindice de réfraction de l'humeur aqueuse ou du cristallin ait diminué, H^
La forme la plus fréquente de l'hypermétropie est Vhypermétropie axile, c'est-à-dire l'hypermétropie produite par un certain arrêt du développement de l'œil dans sa totalité ou dans son diamètre antéro-postérieur. Ces yeux se distinguent par leur petitesse et par leur mobilité, ce qui fait qu'en les faisant regarder fortement du côté du nez et en écartant les paupières, on distingue non-seulement toute la partie équatoriale fortement courbée, mais encore une bonne partie du globe oculaire qui descend plus brusquement vers le pôle postérieur.
Quant à la seconde forme de l'hypermétropie, Vhypermétropie de courhure, elle est beaucoup plus rare : la cornée de l'hypermétrope n'est généralement pas plus plate que celle du myope, elle est même souvent plus convexe. Mais il existe des cas d'hypermétropie produite par une dépression de la cornée à la suite de kératites. L'hypermétropie de courbure suit aussi quelquefois l'aplatissement de la cornée qu'engendre l'augmentation de la tension intraooulaire, et l'aplatissement du cristallin dans la paralysie du muscle ciliaire (1).
Je n'ai pas besoin de vous citer des exemples de l'hypermétropie produite par la disparition du cristallin ; vous
(l) Mtutbner* — Die optisehen Fehler des A^gêSi P. 223
ayez tous observé des cas de luxation du cristallin» et vous voyez tous les jours des opérés de cataracte armés d'immenses lentilles convexes qui corrigent le haut degré d'hypermétropie qu'ils doivent à l'extraction du cristallin. Enfin, l'hjrpermétropie qui se développe dans l'âge avancé, comme Donders l'a démontré le premier, doit très-probablement être attribuée à une diminution de l'indice de réfraction totale du cristallin par suite d'une dégénérescence sénile. On a alors un exemple d'H'.
Myopie.
Revenons à notre expérience de tout à l'heure, si au lieu d'avancer nous reculons l'écran sur lequel nous avons reçu l'image delà flamme [fig, i4), nous obtenons de nouveau une image de diffusion (&'a'). Celle-ci est formée par la divergence des rayons après leur réunion au foyer, et cet état correspond à la myopie. Nous définissons donc la myopie de la façon suivante : la myopie est Vétat de Vœil dans lequel la rétine se trouve située en arrière du foyer du système dioptrique ; et on peut dire d'une façon générale que le système dioptrique de VœU myope est trop fort relativement à sa longueur.
Pour que les rayons venant de notre flamme pussent se réunir sur l'écran, il faudrait, ou les rendre plus convergents en rapprochant la flamme (en R, fig. 44), ou, la flamme restant à l'infini, diminuer la force réfringente de la lentille.
De môme, pour adapter l'œil myope à l'infini, c'est-àdire pour le rendre emmétrope, on doit diminuer sa force réfringente. Cela s'obtient à l'aide de lentilles concaves, et le numéro de la lentille concave qui permet à l'œil de voir à l'infini représente le degré de myopie^ parce qu'il indique de combien de dioptries l'état de réfraction de l'œil myope est plus fort que celui de l'emmétrope.
En nous rendant comptede l'action de la lentille concave
correctrice, nonstroaTeroDsencore la même coïncidence âa '
son foyer avec !e pnnctnm remotam de l'odl myope, coa nous l'aTons expliqué pour l'œil hypermétrope.
L'œil myope, à l'état de repos, est adapté à son puactnm remotnm sitaé à mie certaine distance devant lui, en d'autres termes, il a besoin pour voir Dettement de rayons la- '
mineox divergeant de ce pnnctnm remotnm. Or, l'action d'une lentille concave consiste à rendre les rayons parallèles divergents, comme s'ils provenaient d'un foyer situé 1 derrière elle. Lorsqu'une lentille concave adapte l'œil myope à la vision au loin, elle doit nécessairement donner aux rayons parallèles une divergence telle qu'ils paraissent provenir du pnnctnm remotum de cet œil. il en résulte que le foyer de la lentille correctrice et le pnnctum remotum R de l'œil myope coïncident. Si l'œil a besoin d'une lentille concave 6 placée très-près de la cornée [d = 0, (ig. i3), son punctum remotum R est situé à 16 centimètres devant lui parce que la distance focale de cette lentille est égale à 16 I centimètres.
Si nous plaçons la lentille correctrice à 2 centimètres de la cornée {(1=2 centimètres) la distance focale LR doit , avoir deux centimètres de moins, c'est-à-dire 14centimètrea et la lentille n'aura pas 6 mais "7 dioptries (^ = 7 D).
Nous voyons donc qu'il n'est pas indifférent de savoir où l'on place le verre correcteur : plus on l'éloigné de l'œil myope, plus il doit être fort, et inversement. Ceux d'entre TOUS qui portent des lunettes concaves ont sans doute fait
souvent cette obienration que plus ils les rapprochent de leurs yeux, plus leur action est forte.
Puisqu'il suffit de mesurer la distance entre le punctum re motum et Tceil pour connaître le degré de la myopie, on peut déterminer la myopie même sans intervention de Imtilles, n suffit de faire lire à Tindividu des caractères fins à la plus grande distance possible. De cette façon on trouve la punctum remotum, et la distance qui sépare celoi*cl de rœil est la distance focale de la lentille qui donne le degré de la myopie.
Supposons un myope qui lit sans effort d'accommodation à une distance de 8 centimôtres, sa myopie sera égale à 11 D, parœ que 9 centimètres représentent la distance focale de XlD.{^Ji=ll)-
Dans la détermination de la myopie on doit encore tenir compte de raccommoda tion; si celle-ci n'est pas absolument nulle, elle fait paraître la myopie plus forte qu'elle ne Test en réalité, en augmentant la force réfringente de l'œil. C'est pourquoi on aura toujours soin de chercher la lentille concave la plus faible qui procure aux myopes la meilleure acuité visuelle au loin. Dans la détermination directe, on prendra comme distance focale la distance la 'plus grande à laquelle de petits caractères sont lus.
Causes de la myopie, — • Ainsi que l'hypermétropie, la myopie peut avoir difiérentes causes :
1*» L'œil est trop long pour un système dioptrique pareil à celui de l'œil emmétrope : myopie aanle. M*.
2» Le système dioptrique est trop forU tandis que l'œil a la longueur de l'œil emmétrope, myopie de courbure, M^
3<» L'indice de réfraction du système dioptrique a augmenté.