‹ Leçons sur le diagnostic et le traitement des maladies chirurgicales faites au mois d'août 1865Chapitre 9 sur 9 · STATISTIQUE DES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DES OPÉRATIONS

Opérations sur l'anus. — Il y en a eu 16 ainsi réparties :

Fistules 13

Fissure 1

Hémorrhoïdes 1

Rétrécissement du rectum 1

Cette dernière opération a consisté dans l’ablation de condylomes siégeant au niveau de l’orifice ; le résultat a été douteux; quant aux 15 autres opérations, elles ont été suivies d’un succès complet.

Opérations sur les organes génito-urinaires. — Ce sont les plus nombreuses; il y en a 37, dont 32 chez l’homme. Ce sont les hydrocèles qui dominent; l’injection iodée a constamment réussi. (Voyez plus haut.)

Ainsi que vous le voyez, la plupart des cas de mort sont survenus par suite d’érysipèle; d’autres par infection purulente, dont il me reste à vous dire un mot.

De l’infection purulente. — Depuis quarante-cinq ans que j’ai publié mes premiers travaux, la thérapeutique n’a pas sensiblement progressé. Si vous êtes curieux d’état bîir une comparaison, vous n’avez qu’à lire la Revue médicale de 1826, et surtout les numéros de mai 1827. Tout ce qui est écrit là peut se redire aujourd’hui. J’avais déjà tenté la plupart des médications encore usitées, le quinquina, les antiseptiques, les purgatifs, etc.

On en a cependant expérimenté pas mal depuis : et il faut convenir que jusqu’ici rien ne guérit, pas même l’aconit tant vanté. Nous l’avons essayé cette année à toutes doses et sans aucun succès.

Je veux seulement vous prémunir contre une erreur. Certes, le diagnostic d’infection purulente est facile ordinairement; cependant des suppurations sourdes, locales, mais méconnues, peuvent en imposer en raison des fièvres qu’elles occasionnent. D’autre part, n’est-il pas très-pro-

bable, certain même, que l’organisme puisse se débarrasser de l’infection purulente à un faible degré? Car enfin il y a là un poison, ce n'est pas douteux ; et, s’il est absorbé en petite quantité, l’économie pourra le rejeter, et le médicament paraîtra avoir réussi.

Sachez donc, et cela est très-important, que le remède n’est pas encore trouvé : cela veut dire qu’il ne faut pas abandonner la partie, mais la poursuivre avec acharnement. La vérité se trouve tôt ou lard, il ne s’agit que de persévérer et de ne pas s’en laisser imposer par l’erreur.

Ici le cas est difficile; quel est ce poison? quelles sont ces molécules morbifiques? Sont-ce des êtres microscopiques, vivants, comme des recherches récentes tendent à le faire croire? Et s’il s’agit de petites bêtes attentant à la vie de cette grosse bête qu’on appelle l’homme, comment trouver le poison qui doit les tuer aussi? et, qaand on l’aura pour une espèce, il faudra le trouver pour les autres; et qui en sait le nombre?

Voilà, Messieurs, un vaste sujet de recherches au milieu de tant d’autres, car rien ne me choque plus que d’entendre dire tous les jours, et même à des jeunes gens, que la science est faite. Erreur t presque tout est à faire : vous le voyez par ce tableau rapide, par ces cas si nombreux où nous restons désarmés; il y en a pour des années et des siècles.

Mettez-vous donc au travail. Sachez d’ailleurs que c’est la seule source du bonheur, celle qui ne trompe jamais, surtout le travail consacré aux sciences et particulièrement à la médecine, où, vous rendant utiles à vous-mêmes et à vos semblables, vous poursuivez la réalisation d’un progrès dont le terme est indéfini.

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