‹ Leçons sur le strabisme et la diplopieChapitre 26 sur 40 · PARALYSIES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

PARALYSIES MUSCULAIRES

Cela veut dire que le pied de l'objet (lequel correspond h l'extrémité supérieure de l'image) est porté vers la droite du sujet.

L'image vraie étant verticale, ce même pied sera donc écarté de celui de celte dernière image, si les images sont croisées. — Il en semblera, au contraire, rapproché, si elles sont homonymes.

Qu'on n'oublie pas ce moyen directeur de l'argumentation délicate que nous suivons ici, car rien n'est aisé comme d'y faire confusion.

Le second cas comprend les circonstances dans lesquelles l'inclinaison de l'image fausse doit être attribuée à un mouvement du méridien vertical qui a fait défaut.

Il est clair qu'il s'agit ici des mouvements obliques,

La raétbode analytique n'est pas moins simple que dans le cas précédent.

Prenons toujours l'œil gaucbe pour l'œil malade, celui pour lequel l'image est fausse. On le sait à l'avance par l'élude de la mobilité diminuée, ou complètement suspendue.

Dans l'œil gauche, disons-nous, l'image fausse est inclinée, lors d'un mouvement oblique. Gela ne peut se rapporter qu'à un mouvement d'inclinaison du MV qui a fait défaut dans cet œil. Les images de l'objet même, tenu verticalement, sont droites comme dessin; mais une seule est droite comme sensation, celle de l'œil sain.

Or, nous savons que dans cet œil, le MV s'est incliné dans un certain sens, et l'image verticale, qui fait avec ce méridien mobile un angle donné, semble cependant toujours verticale. Cela veut dire que le sensorium apprécie très-exactement la position du MV par rapport à l'image, et réciproquement.

Mais, dans l'autre œil, l'image, dont le dessin est vertical, paraît pourtant inclinée ! Qu'est-ce à dire? que le méridien MV, qui est demeuré droit et vertical, est jugé incliné et en parallélisme avec celui de l'autre œil, par le sensorium. L'image, qui est dessinée dans ce méridien demeuré droit, est donc appréciée comme si elle était dessinée dans le méridien parallèle au MV de l'œil sain.

L'image verticale produit donc le môme effet que si elle était, dans un œil sain, dessinée sous l'inclinaison que devait prendre le méridien retardataire.

Cette donnée bien déterminée, le reste est aisé. Le MV de l'œil malade devait se porter, avons-nous dit, en dedans, par son extrémité supérieure : c'est en ce sens-là qu'est aussi censée inclinée la même extrémité de l'image.

Or, il s'agit de l'œil gauche; et c'est en dedans qu'est censée inclinée l'extrémité supérieure de l'image. Le pied de l'objet (partie correspondante de ce point de l'image) est donc dirigé en dehors, c'est-à-dire à gauche, puisqu'il faut renverser les directions.

Le pied sera donc ou écat^té ou rapproché de celui de l'image vraie, suivant que les images doubles seront homonymes ou ci'oisées.

Ces principes posés, l'élude détaillée des paralysies musculaires de l'œil va être d'un facile accès.

§ Sî . — Paralysie du droit interne (gauche).

l iMutatis mutandis, la môme méthode que nous avons suivie pour le droit externe, serait applicable à l'analyse des symptômes de la paralysie du droit interne.

Symptômes objectifs :

1° Diminution de la mobilité en dedans; prédominance manifeste de l'abducteur ;

2° Strabisme divergent apparent dès qu'on porte l'objet à droite; ce strabisme augmente avec le mouvement de l'objet dans ce sens;

3° L'angle de déviation secondaire est plus grand que l'angle de déviation primitive.

Symptômes subjectifs :

Diplopie croisée, traduisant subjectivement le degré du strabisme divergent; la distance des images croît à mesure qu'on porte l'objet sur la droite du sujet (du côté du muscle paralysé).

l'aria môme raison que pour le droit externe, aucune inclinaison des images ne s'observe quand l'objet est transporté dans le plan horizontal. Le droit interne n'a, pas plus que son antagoniste, d'action sur l'inclinaison du méridien vertical de l'œil.

Mais ce qui ne se rencontre pas dans les mouvements cardinaux, va pouvoir s'observer dans les mouvements diagonaux du regard intentionnel. La discussion de ce cas va nous fournir l'occasion d'appliquer immédiatement les principes posés dans le paragraphe précédent.

Si le droit interne n'exerce, en fait, aucune action sur la verticalité du méridien vertical principal de l'œil, nous ne devons pas oublier qu'il est une des composantes obligées du mouvement diagonal, dont l'autre composante serait elle-même la résultante de l'action combinée des muscles du mouvement en haut (droit supérieur, oblique inférieur) ou du mouvement en bas (droit inférieur, oblique supérieur). ■ " '!

Or, si l'on veut porter le regard associé en haut et en dedans, ou bien en bas et en dedans, le droit interne gauche, dans le cas qui nous occupe, va faire défaut. L'œil droit porte en dehors l'extrémité supérieure de son méridien vertical (MV), par la môme action qui élève la pupille et la porte en dehors.

Mais à gauche que se passe-t-il?

La composante verticale manifeste son action ; la pupille s'élève à la môme hauteur qu'à droite. Mais le droit interne n'appelle pas en dedans la pupille.

D'autre part, que devient le MV de l'œil paralysé?

Évidemment, il reste droit : celui de l'œil sain ne s'incline que par suite du mouvement latéral produit. Ce mouvement détermine, comme nous l'avons vu au § 5, la supériorité d'action des composantes secondaires de l'oblique inférieur sur celles du droit supérieur dans cet œil ; et il est nécessaire pour que celle prédominance ait lieu.

L'absence d'un mouvement corrélatif à ce dernier, dans l'œil malade, y laissera donc le MV dans sa position verticale.

Cela posé, que seront les impressions fournies par les images?

Nous sommes ici en présence du deuxième cas de la discussion du paragraphe précédent,

11 y aura inclinaison virtuelle d'une des images, par suite de l'immobilité duMV, quand ce méridien aurait dû s'incliner.

Les deux dessins dans les rétines sont verticaux; mais celui-là seul donne lieu à une image verticale dont le MV s'est incliné.

Le dessin tracé dans le MV demeuré vertical, paraîtra donc incliné dans le sens qu'est censé avoir pris ledit méridien.

Or, ce méridien est censé incliné, son extrémité supérieure en dedans;

L^extrémité supérieure du dessin rétinien de l'œil malade aura donc sa projection virtuelle reportée en dehors. Or, le point supérieur du dessin correspond au pied de l'image virtuelle extérieure ; ce sera donc ce point qui semblera dévié en dehors ou sur la gauche.

De plus, nous savons que les images sont croisées; ce déplacement fera apparaître en sens inverse, c'est-à-dire rapprochés l'un de l'autre, les pieds des deux images. Les doubles images diverge7-ont par en haut.

Si, au lieu de porter l'objet en haut et en dedans, c'était en bas et toujours en dedans qu'on le portât, le MV qui demeure vertical serait, par le sensorium, jugé dans l'inclinaison, l'extrémité inférieure en dedans. Le pied du dessin rétinien impressionnerait donc le sensorium comme s'il était incliné en dedans. Le sommet de l'image virtuelle de l'œil gauche serait donc reporté en dehors ou à gauche.

Les images d'ailleurs sont croisées; les têtes des images seraient donc rapprochées l'une de l'autre; les doubles images convergeraient par le haut.

§ 58. — Attitudes vicieuses. — Prismes correcleurs.

De même que dans la paralysie du droit externe, la diplopie binoculaire qui décèle la paralysie du droit interne, impose au

PARALYSIE DE l'aDDUCïEUB. 161

malade une attitude vicieuse el forcée. Celle altitude est celle qui porterait la face vers la région droite de l'espace ou du côté du muscle paralysé.

' 'iDe même encore devrait être renversé le sens des prismes dévialeurs. L'angle doit en être tourné du côlé externe à gauche, ou la base en dedans, comme cette môme base doit être tournée en dehors pour le prisme opposé à l'œil sain. De celte façon les rayons sont déviés dans le sens utile, et une inclinaison vicieuse de la tête évitée.

En résumé :

Caractères dilTércniiels :

PARALYSIF DU

Droit externe, \ Droit interne.

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