PARALYSIES MUSCULAIRES
prismes qui dévient sur la droite les rayons qui viennent frapper les yeux, c'est-à-dire de prismes à sommet dirigé vers la droite. Cette discussion suppose que l'on ait présent à l'esprit le mécanisme des projections virtuelles, et au dehors, dans l'espace, des images dessinées sur les rétines pendant l'accord, comme pendant la désharmonie, des axes oculaires.
Pour que le lecteur puisse bien se rendre compte de toutes les variations subjectives de position des images, lors de la discordance des axes, nous allons, avant de continuer cette étude dans les autres muscles, revenir sur les principes qui doivent guider dans cette analyse. Ce soin va être l'objet du paragraphe suivant, après la lecture duquel il conviendra de reprendre l'étude symptomalologique de la paralysie du droit externe qui pourrait n'être pas suffisamment claire sans cette précaution.
Nous l'avons d'ailleurs déjà exposée une première fois dans l'analyse des mouvements physiologiques des muscles (§ 7).
§ 66. — Principes au moyen desquels on pourra déterminer le sens de l'inclinaison apparente des images doubles dans la paralysie des muscles de l'œil.
L'inclinaison d'une image fausse sur l'image régulière, dans la diplopie binoculaire, sera d'abord rapportée aû plan vertical médian du sujet, au moyen de l'argumentation suivante :
r L'inclinaison susdite a lieu, soit par le fait de l'inclinaison du méridien vertical (MV) de l'œil paralysé, lors d'un mouvement associé qui ne suppose pas cette inclinaison;
2° Soit, au contraire, par la non-inclinaison du môme méridien dans un mouvement oîi elle devrait avoir lieu.
La première chose nécessaire dans cette étude diagnostique, sera donc de se rappeler la situation que doivent prendre, dans les mouvements qu'on ordonne au malade, les méridiens verticaux (MV).
Ordonne-t-on un mouvement régulier suivant la verticale, on sait que, dans un tel cas, les deux méridiens verticaux restent parallèles et verticaux. Si donc l'image fausse est inclinée.
on en conclura que le MV de l'œil paralysé s'est lui-môme incliné quand il ne devait pas le faire.
Un objet mince, verticalement tenu, dessinera une image parfaitement verticale et renversée dans les deux yeux. Cette image sera en outre tout entière dans le MV môme de l'œil non paralysé; mais dans l'autre œil, non. Le MV y a nécessairement pris une inclinaison anormale, puisque l'image fausse paraît inclinée.
Or, ledit méridien est droit pour le sensoriura; le sujet n'a pas conscience de son inclinaison. L'image, droite en réalité, mais inclinée relativement à ce méridien, portera donc au sensorium l'impression d'une inclinaison sur le plan vertical médian du sujet. Cette inclinaison subjective de l'image est d'ailleurs en sens contraire de celle réelle du MV.
.Ainsi (prenant pour point de repère leurs extrémités supérieures à l'un et à l'autre), si le MV s'est incliné en dedans par en haut, l'image verticale est appréciée par le sensorium comme si son extrémité supérieure faisait avec le plan médian ^un angle ouvert en dehors, et égal à celui que le MV fait vicieusement en dedans.
Voilà pour le dessin du fond de l'œil. Pour passer de là aux sensations subjectives, il faut renverser ces indications dernières. Les objets et leurs images ne sont-ils pas renversés, les uns relativement aux autres?
L'extrémité supérieure de l'image dessinée dans le plan vertical de l'œil, donne dans ce cas, avons-nous dit, au sensoriura, l'impression qu'eût produite une image semblable, inclinée (l'œil étant dans sa position normale) en haut et en dehors du MV.
Or, pour chaque œil, l'hémisphère extérieur correspond au côté des objets, interne par rapport au sujet; c'est-à-dire au côté gauche du sujet pour l'œil droit, au côlé droit pour l'œil gauche. Supposons donc qu'il s'agisse de l'œil gauche, que ce soit lui l'œil malade.
L'image fausse y est censée inclinée en dehors (par son extrémité supérieure, le MV s'étant porté en dedans).