‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 13 sur 98 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

l’exhalation de vapeur d’eau qui doit s’opérer à la surface de chaque œuf se trouverait empêchée. Des moisissures pourraient aussi se développer sur les œufs et en altérer le contenu .

Il n’y a au contraire aucun inconvénient à tenir l’air presque sec en mettant des fragments de chaux vive dans la chambre ou dans le récipient où l’on conserve les graines. Pour reconnaître si le degré de siccité convenable est obtenu, on place à côté des graines un hygromètre à cheveu. L’expérience a appris que cet instrument indique 75° quand la fraction de saturation de Pair est environ 1/2; ce degré de sécheresse est bien suffisant pour la bonne tenue des graines. Dès que l’aiguille outre-passe 85°, il faut remettre de la chaux neuve.

Si l’on exagère le degré de siccité de l’air en employant, au lieu de chaux ordinaire, du chlorure de calcium fondu, l’évaporation des liquides de l’œuf est plus grande et l’incubation plus difficile à bien conduire. M. G. Beauvais a reconnu qu’en pareil cas il faudrait l’effectuer dans un air saturé d’humidité * .

Influence des variations de température. Action

1 «Vers le milieu du mois de mai dernier, dit M. C. Beauvais, deux gros de graine de vers à soie furent retirés d’un flacon qui avait été déposé le 20 juillet 1834 dans la glacière de Neuillv ; cette graine fut placée dans une étuve chauffée à 14° et élevée graduellement jusqu’à 24° du thermomètre de Réaumur. On augmenta aussi graduellement l’humidité, et pendant huit jours que dura l'éclosion, l’hygromètre de Saussure marquait depuis 80° jusqu’à 100°. Cela ne suffit pourtant pas, et il fallut couvrir la boîte dans laquelle les œufs étaient renfermés d’uu linge qu’on arrosait d’heure en heure. Par ce moyen, l’éclosion, qui d’abord avait paru languir, se développa avec un ensemble qu’offre rarement la graine d’une année dans les circonstances ordinaires.» (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 25 juillet 1836.)

HIVERNATION DES GRAINES. 27

du froid. — Considérons enfin l’influence qu’ont sur les œufs les variations de température auxquelles ils peuvent être soumis depuis la ponte jusqu’à l’éclosion.

Leeuwenhœk (1687), Loiseleur-D,eslongchamps (1829), Duclaux (1869) ont constaté que les graines de vers à soie communément élevées en Europe, c’est-à-dire celles qu’on nomme annuelles, sont incapables d’éclore avant l’hiver, même quand on les expose à l’action prolongée de la chaleur ; transportées au Bengale, au milieu de races polyvoltines, elles conservent encore la même propriété.

Cependant on observe quelquefois, chez des graines annuelles, des cas d’éclosion qui surviennent une quinzaine de jours après la ponte ; mais le nombre de ces bivoltins accidentels est toujours fort restreint, et on présume que la chaleur n’y est pour rien. On peut donc laisser séjourner les graines tout l’été dans la salle même où elles ont été pondues, sans les porter dans un endroit froid, comme le font quelques éducateurs.

Cette période de la vie des graines, pendant laquelle elles ne peuvent éclore, dure jusqu’à l’époque où le froid vient agir sur elles, c’est-à-dire, dans nos climats, depuis juin jusqu’à novembre. Mais elle peut se prolonger bien plus longtemps. Ainsi, les graines importées du Chilien février ou mars, ayant été pondues en novembre, n’éclosent que l’année d’après, en avril. Inversement, cette période prèhivernale peut être raccourcie, et réduite par exemple à quinze ou vingt jours, comme l’a fait voir M. Duclaux : il suffit pour cela de porter les graines dans une glacière quinze ou vingt jours après la ponte.

Vient ensuite la période d ' hiverna tion, pendant laquelle la graine subit l’action du froid. On suppose que cette action consiste en quelque changement moléculaire des

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