‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 26 sur 98 · POIDS DE 36.000 INDIVIDUS · texte numérisé non relu

POIDS DE 36.000 INDIVIDUS

A la naissance

gram

A la sortie de lre mue. .

A la plus grande taille. .

A la maturité

Cocons (472 au kilog.) . .

Clirysalides seules

Papillons (moitié / ,-y de chaque sexe). 1 ' ^

Description des organes extérieurs. — Observons le ver parvenu à sa plus grande taille : voici les détails quil nous sera facile de remarquer.

Son corps a la forme d’un cylindre assez allongé présentant douze renflements, ou anneaux, sans compter la tête et l’appendice anal (fig. 1). Les trois premiers an-

Fig. 1.— Ver à soie sortant de la 4e mue.—* Grossissement linéaire : 3.

neaux sont munis chacun d’une paire de jambes appelées

jambes (ou pattes) antérieures , ou écailleuses , lesquelles ont trois articles et un ongle terminal pointu. Les deux segments suivants n’ont pas d’appendice ; les quatre qui viennent après, c’est-à-dire les 0e, 7e, 8e et 9e, ainsi que le 12e, portent chacun une paire de jambes membraneuses qu’on nomme aussi fausses pattes : ce sont des mamelons rétractiles, au sommet desquels on aperçoit, à l’aide d’une loupe, une double rangée de petits crochets recourbés du côté de la ligne médiane du ventre ; c’est principalement à l’aide de ces petits crampons que l’animal se soutient ; les pattes antérieures servent à serrer la feuille qu’il est occupé à manger.

La tête a la forme globuleuse ; sa paroi est durcie par une épaisse couche de chitine. Vue par dessus, elle offre deux squames pariétales et une squame frontale ; à celleci s’attache un appendice médian large et court nommé labre. Les squames pariétales présentent, "du côté antérieur, chacune une espèce d’échancrure livrant passage à des organes tactiles qui sont formés de trois articles cylindriques et qu’on appelle antennes; enfin, sur le bord externe de ces mômes échancrures, sont placés six paires d’yeux simples. En dessous et en avant, la tête porte trois paires d'appendices qui sont homologues des pattes, c’est-à-dire qu’on peut les regarder comme étant les pattes d'anneaux élémentaires soudés entre eux pour former la tête (/ ig . 2). Ce sont, en allant de haut en bas :

1° Les mandibules , pièces dures, dentelées, qui se meuvent transversalement sous l’action de muscles puissants logés dans la tête et découpent ainsi très bien la feuille de mûrier ;

2° Les mâchoires , tubercules rigides, légèrement mobiles dans le sens transversal ; chacun de ces organes est

DESCRIPTION DE LA LARVE

garni de gros poils courts et se prolonge latéralement par une pièce tactile, triarticulée, appelée palpe maxillaire ;

3° La lèvre inférieure , pièce médiane constituée par deux corps mous accolés ensemble et prolongés chacun par un organe tactile articulé appelé palpe labial.

Enfin, par-dessous la lèvre inférieure, on voit un petit mamelon conique, qui est la trompe soyeuse ; à son

Fig. 2. — Tête de ver à soie sortant de la 4e mue. Grossissement linéaire : 10.

A. Crâne. — B. Labre. — C. Mandibules. — D. Mâchoires. — E. Lèvres et trompe soyeuse. — F. Yeux.

sommet, se trouve l’orifice du canal qui donne issue au fil de soie.

Les tubercules chargés de longs poils, qui se remarquaient durant le premier âge sur tous les anneaux, s’effacent aux âges suivants ; en même temps, les poils deviennent plus courts et plus clairsemés. Il subsiste seulement une corne droite sur le 11e anneau. On voit aussi sur le 5e et sur le 8° anneau deux taches en forme

décroissant; ces taches existent aussi dans la pellicule qui tombe à la mue. Au contraire, les zébrures et marques brunes ou noires de la peau des vers appartenant à certaines variétés sont dues à un pigment intérieur qui ne passe pas dans la dépouille.

Enfin, pour terminer cette description sommaire des parties extérieures du ver, nous n’avons plus qu’à mentionner dix-huit petites taches noires, qui sont très apparentes sur les lianes: on les nomme stigmates ; ce sont autant d'ouvertures qui correspondent aux conduits respiratoires, et dont nous aurons à reparler plus loin.

Description des organes intérieurs servant à la nutrition. — Parmi les organes intérieurs du ver à soie, le plus apparent au premier abord est le tube digestif, canal à peu près rectiligne, allant de la bouche à l’anus (Jig. 3); on y distingue une première région,

Fig, 3. — Structure du ver à soie.

AA, vaisseau dorsal ; — BB, tube digestif ; — a, glandes salivaires ; — b, vaisseaux de Malpighi ; — G, glandes soyeuses ; — D, ganglions nerveux ; — E, organes reproducteurs.

l'œsophage, qui aboutit au fond de la bouche, flanqué de de deux glandes appelées salivaires ; vient ensuite l’estomac proprement dit, dont la paroi recèle de nombreuses cellules glanduleuses sécrétant un suc très alcalin propre

DESCRIPTION DE LA LARVE

à digérer la feuille ; enfin on trouve l'intestin, divisé en deux dilatations [cæcum et rectum), où séjournent les excréments avant d’être évacués. Dans la partie étranglée qui sépare l’estomac de l’intestin, débouchent deux conduits qui se ramifient chacun en trois tubes fort longs, repliés en anses à la face dorsale et à la face ventrale de l’estomac et, après de nombreux replis, allant finir en cul-de-sac dans la région anale : ce sont les tubes de Milpighi , ou vaisseaux urinaires, ou encor Qurino-biliaires ; ils contiennent des cristaux tabulaires semblables à ceux qui recouvrent la peau au sortir des mues ; on y trouve aussi des concrétions de divers urates, et parfois aussi des cristaux octaédriques d’oxalate de chaux. Il est à remarquer que quand la mue est accomplie, les vaisseaux urinaires sont presque vides, tandis qu’auparavant ils étaient pleins de cristaux.

La paroi musculaire du tube digestif est doublée en dedans par une couche de cellules qui sécrètent une pellicule chitineuse faisant suite à celle de la peau ; cette pellicule d’ailleurs est sujette à la mue comme celle-ci ; dans la région œsophagienne, elle est plissée et adhérente aux couches externes ; dans la partie stomacale, elle est au contraire presque flottante et absolument lisse ; enfin, dans le cæcum, elle est de nouveau solidement fixée et hérissée d’épines microscopiques, puis redevient lisse ou légèrement plissée dans le rectum.

Extérieurement aux couches musculeuses du tube digestif, on trouve une membrane très mince qui enveloppe le tout et se prolonge à la façon d’un péritoine sur tous les organes de la cavité viscérale ; c’est pourquoi quelques auteurs l’appellent membrane péritonéale.

Dans ses replis est accumulée une masse de liquide

assez considérable qu’on appelle le sang. Les produits absorbables de la digestion viennent enrichir ce liquide en traversant par endosmose les parois de l’estomac. Aussi ce sang tient-il delà nature du chyme; on y trouve une foule de globules pâles, de forme et de grandeur variables, pourvus chacun d’un ou de plusieurs granules intérieurs, puis des cellules huileuses ; tout cela flotte dans un liquide parfaitement limpide, incolore ou légèrement jaunâtre. Ce liquide est neutre ou faiblement acide. Il noircit à l’air. Les contractions musculaires de l’animal le ballottent irrégulièrement de côté et d’autre.

Mais il existe en outre, sous la peau du dos, un appareil spécial de circulation qui contient un sang moins chargé de globules : c’est un long tube à parois musculeuses fort minces appelé vaisseau dorsal ; quelques fibres musculaires, vestiges des ailes du cœur , si développées chez d’autres insectes, maintiennent ce vaisseau en place, en l’attachant à droite et à gauche aux parois des anneaux. Il n’a ni orifices latéraux ni valvules ; il paraît même complètement fermé en arrière, de sorte que le sang n’y entre que par endosmose ; il s’ouvre en avant dans la tète. Ce vaisseau se contracte 40 à 50 fois par minute, d’arrière en avant, et fait ainsi cheminer dans sa cavité le liquide sanguin, qui vient ensuite se mêler à celui de la cavité générale.

Dans ce trajet, le sang baigne les ramifications des trachées ou organes respiratoires, et subit ainsi le contact de l’oxygène. On a déjà signalé les stigmates comme étant les points où aboutissent ces organes : ce sont des tubes ramifiés, dont le calibre décroît depuis le tronc principal, qui peut avoir 1 /3 de millim. dans le ver adulte, jusqu’aux plus petites branches, qui sont microscopiques ;

DESCRIPTION DE LA LARVE

leur paroi est formée extérieurement par une membrane mince se confondant avec la membrane dite péritonéale ; en dedans, existe une membrane chitineuse qui fait suite à celle de la peau et subit comine elle la mue ; dans les trachées, elle offre des replis ou épaississements affectant la forme de spires assez régulières et caractéristiques, qui cessent d’exister quand le diamètre de la trachée est plus petit que 1/900 de million. ; les spires sont également absentes en certains points des troncs interstigmatiques, là où ces troncs doivent se rompre à l’épo que des mues. Sous chaque stigmate existe une cavité arrondie, sorte de vestibule d’où partent trois tubes interstigmatiques peu ou point ramifiés et qui vont, l’un en avant, le second en arrière, l’autre enfin au stigmate du flanc opposé ; du même vestibule sortent encore trois ou quatre troncs qui se ramifient à l’infini, les uns du côté dorsal, les autres du côté ventral de l’animal, soit aux viscères, soit sous la peau.

Quand on écarte le tube digestif dans un ver adulte, on rencontre deux longs boyaux brillants {fig. 4), contournés en nombreux replis ; c’est dans ces organes que s’accumule la soie. On distingue dans ces tubes trois parties. La partie postérieure, d’aspect mat, incolore ou à peine teintée en jaune, est celle qui passe pour sécréter le liquide soyeux proprement dit; elle a la forme d’un tube cylindrique de lmm environ de diamètre, offrant de nombreux replis dont le développement atteint de 14 à 15 cent, de longueur. La partie moyenne, plus renflée, est également limpide chez les vers à cocons blancs, mais elle est colorée en jaune vif chez les vers à cocons jaunes; elle sécrète le grès , matière glutineuse spéciale qui enveloppe la soie proprement dite et lui donne ainsi la cou-

leur verte ou jaune ; elle a environ 3mm de diamètre et

6 h 7 cent, de long. Enfin la partie antérieure des glandes

Fig. 4. — Glandes de la soie chez un ver mûr.

DESCRIPTION7 DE LA LARVE

soyeuses est formée par deux tubes longs de 3 à 4cm et de 0mm,3 de diamètre à leur origine ; leur calibre va en décroissant peu à peu à mesure qu’ils approchent de la trompe soyeuse ; immédiatement avant d’y aboutir, ils se réunissent en un tube unique. A ce point de jonction débouchent deux petites glandes découvertes par De Filippi; elles lubrifient le canal de la trompe soyeuse et en même temps revêtent le fil de soie d'une espèce de vernis cireux. Les deux tubes fins, appelés tubes excréteurs , fonctionnent comme de véritables filières; c’est dans leur intérieur que les fils soyeux prennent leur forme et leur consistance. Il s’ensuit qu’à sa sortie de la trompe, le brin du cocon , ou bave, se trouve composé de deux fils élémentaires cylindriques accolés parallèlement en une sorte de lanière plate, dont les replis sont encore assez gluants pour adhérer entre eux en formant le cocon; mais cette couche superficielle se ramollit assez dans l’eau chaude pour que le dévidage du cocon soit très facile. Par-dessous le vernis, chaque fil soyeux présente donc : 1° une enveloppe colorée qui est soluble dans l’eau de savon bouillante : c’est le grès ; 2° un axe massif et incolore beaucoup plus résistant àl’action des alcalis: c’estla vraie soie ou fibrome.

Les parois des glandes soyeuses sont formées par de grandes cellules hexagonales, dont deux suffisent pour enclore le tube. De nombreuses trachées se portent à leur surface. La parci, dans les tubes excréteurs, a un épais revêtement de chitine ; c’est précisément là que se durcit la matière soyeuse ; tant qu’elle est dans les deux autres parties des glandes, elle reste molle.

Un brin de cocon ordinaire a environ 0"im,02 de largeur sur 0mm.01 d’épaisseur; mais la bave émise par un ver jeune, et surtout un ver nouvellement éclos, est bien plus

ténue encore; cependant la ténacité de ces fils est telle qu’à tout âge un brin soyeux peut porter le ver qui l’émet : il faudrait un poids presque double pour amener sa rupture.

Tous les viscères dont nous avons parlé jusqu’ici ont leur surface parcourue par des ramifications de trachées qui les maintiennent dans leurs positions respectives. Dans les interstices de ces viscères se logent des lobules d’une matière particulière, d’aspect blanchâtre : c’est le tissu appelé graisseux , amas de cellules adipeuses groupées sur un arbre trachéen qui en est comme le support ; ces lobes sont revêtus par la membrane péritonéale. Leur abondance augmente pendant la période larvaire ; il se forme ainsi dans le corps de l’animal une sorte de réserve d’aliments respiratoires, grâce auxquels il peut vivre à l’état de chrysalide et de papillon, tout en ne prenant plus aucune nourriture.

Le tissu graisseux qui avoisine le vaisseau dorsal semble avoir une nature et des fonctions différentes. Ses lobules, d’un jaune plus foncé que les autres, seraient, d’après quelques savants, des glandes jouant le rôle de foie.

Organes servant aux fonctions de relation. —

Pour terminer cet aperçu sommaire de la structure du ver à soie, il nous reste à parler des organes spéciaux du mouvement et de la sensibilité, savoir : les muscles et les nerfs.

Les muscles dont il a été question précédemment font partie des viscères ; leurs contractions sont indépendantes de la volonté de l’animal. Les suivants, au contraire, lui obéissent ; ce sont des faisceaux affectant la forme de rubans et composés de fibres parallèles striées ; les ex-

DESCRIPTION DE LA LARVE

trémités de ces rubans s’insèrent sous la peau. Les plus courts vont d’un anneau à un anneau voisin, ou même ne sortent pas des limites d’un anneau unique : ce sont les plus superficiels ; ils sont généralement très obliques, ou même transverses. Viennent ensuite des faisceaux un peu plus longs, et obliques, qui produisent des mouvements de torsion du corps. Enfin les muscles les plus profonds, les plus voisins par conséquent de la cavité viscérale, sont longitudinaux ; ils vont d’un anneau au voisin et se font suite les uns aux autres sur toute la longueur du corps. Cornalia a compté dans le corps du ver, non compris la tète, 268 muscles courts, 168 muscles moyens et 110 muscles longs; d’ailleurs chacun de ces rubans musculaires contient en moyenne 8 faisceaux musculaires ; on arrive ainsi à un total de plus de 4,000 muscles élémentaires.

Les mouvements de tous ces muscles, aussi bien que ceux des muscles des viscères, sont sous la dépendance du système nerveux. On appelle ainsi des amas de cellules particulières d’où émanent des filaments qui vont d’une cellule à une autre, ou bien d’une cellule à un muscle, ou à quelque point de la périphérie du corps. Les amas de cellules nerveuses se nomment ganglions; les filaments qui en sortent sont les nerfs.

Le système nerveux de la vie animale, dans le ver à soie, se compose de 13 ganglions réunis par des cordons conjonctifs ; la tête contient 2 de ces ganglions, situés l’un au-dessus, l’autre au-dessous de l’œsophage (v.fig. 3); leurs cordons conjonctifs forment le collier œsophagien. Viennent ensuite les trois ganglions thoraciques, situés sous le tube digestif, dans les trois premiers anneaux; puis les huit ganglions abdominaux, situés également

sous le tube digestif, dans les anneaux suivants ; le huitième et dernier ganglion est logé à côté du septième dans le septième anneau abdominal.

La masse nerveuse supra-œsophagienne, ou cerveau, est assez volumineuse, et bilobée ; elle émet des nerfs allant aux antennes et aux veux ; la masse sous-œsophagienne en envoie aux pièces buccales. Les autres ganglions émettent des nerfs pour leurs anneaux respectifs.

Le système nerveux qui gouverne le tube intestinal est distinct du précédent ; il se compose, suivant M. Blanchard, d’une série de 3 ou 4 ganglions très petits, placés à la face dorsale du tube intestinal et émettant des filaments nerveux ; le premier de ces ganglions, appelé frontal , est au-devant des 2 lobes du cerveau êt s’v rattache par deux filets distincts. Le même savant reconnaît, en outre, les nerfs dits respiratoires , qui vont aux stigmates et émanent d'une file de petits renflements situés à chaque anneau entre les ganglions de la chaîne principale. Enfin le vaisseau dorsal possède à sa partie antérieure des ganglions spéciaux situés à droite et à gauche, et qui ss rattachent au cerveau par de petits filets.

Organes de la reproduction. — Les fonctions de reproduction sont nulles chez les vers à soie à l’état de larve. Néanmoins on trouve déjà chez eux les corps qui deviendront plus tard, en se développant davantage, les organes de la reproduction dans les papillons ; ces corps s’appellent capsules génératrices , ou encore corps rèniformes. Ils sont déjà visibles dans la larve avant la première mue ; ce sont deux petits globules blanchâtres logés près du vaisseau dorsal, vis-à-vis la suture des

DESCRIPTION' DE LA LARVE

anneaux qui portent la 2e et la 3e paire de jambes membraneuses. Dans la larve à maturité, ces globules ont grossi ; ils ont pris la forme de reins, ayant 2 à 3 millimètres de long.

On peut alors reconnaître, comme l’a fait Hérold, qu’ils sont tenus en place par des trachées émanées des stigmates de la 6e paire, et en outre par des ligaments spéciaux, savoir: deux paires de ligaments courts, aboutissant aux tissus cutanés voisins, et une paire de ligaments longs qui sortent du milieu de leur face interne et vont se réunir dans la ligne médiane sous le rectum, contre la peau du 1 Ie anneau.

En examinant au microscope le contenu de ces capsules, on trouve qu’il y en a de deux sortes, suivant les sujets d’où on les tire.

Les unes, qui caractérisent les individus mâles, renferment, au début, une matière semi-fluide, granuleuse, où se forment des cellules à noyau ; plus tard, apparaissent de grosses cellules dont le contenu est un amas serré de sphérules transparentes; plus tard encore, ces grosses cellules s’allongent au point de devenir cylindriques et leur contenu est strié dans le sens de la longueur ; on dirait des paquets de filasse (fig. 5). Tels sont les éléments

Fig. 5. — Contenu des capsules génératrices mâlesKd’après^Cornalia).

qui coexistent pians les capsules lorsque les vers sont arrivés à maturité.

Dans les capsules femelles, la matière granuleuse se groupe en petits amas qui deviendront les œufs ; dès la troisième mue, on peut reconnaître dans chaque capsule quatre tubes dont les nombreux replis sont serrés les uns contre les autres et qui renferment les œufs en voie de formation. Dans le ver adulte, ces tubes ovariques sont très accusés ; au fond de chacun d’eux, il n’y a qu’une matière granuleuse continue où on distingue de petites cellules à noyau ; plus loin, à des distances à peu près égales, se sont formés des groupements distincts, dont chacun deviendra un œuf. Ce qui paraît être, dans chaque groupement, le centre d’attraction, c’est une grosse cellule que sa transparence fait ressortir au milieu de l’amas granuleux opaque qui l’entoure; cette grosse cellule, appelée vésicule germinative, a un noyau très distinct. Enfin, plus loin encore dans le tube ovarique, on trouve les œufs les plus avancés ; ici , l’amas granuleux , qu’on appelle quelquefois Y auréole vitelline , s’est augmenté, vers l’arrière, d’un assez grand nombre de grosses cellules, nommées cellules vitellines, qui semblent destinées, ainsi que l’auréole vitelline, à nourrir la vésicule principale ; de plus, chaque œuf est séparé de l’œuf suivant par une matière claire, et l’épaisseur des parois du tube ovarique est devenue très visible (fig. 6) .

Ces détails prouvent que l’observation au microscope du contenu des capsules génitales de la larve permet de reconnaître son sexe de très bonne heure. On peut y parvenir aussi par une dissection soignée de la partie ventrale du onzième anneau ; en effet, M. Cobelli a observé que, dans les larves mâles, les ligaments longs des capsules se réunissent sur un petit corps bilobé, qu’il a nommé Y organe de Iiérold , et qui est situé tout à fait à

DESCRIPTION DE LA LARVE

l’arrière de la ligne médiane de l’anneau susdit ; dans les femelles, au contraire, les deux ligaments se rapprochent vers l’extrémité antérieure de cette ligne, puis s’écartent de 1 millim. environ, pour aboutir, vers l’extrémité pos-

Fig. 6. — Tubes ovariques sortis des capsules génératrices femelles

(d’après Gomalia).

térieure, à deux corps globuleux séparés, qui représentent ici l’organe de Hérold. Mais ces différences ne se trahissent pas au dehors, et les caractères superficiels par lesquels certains praticiens prétendent distinguer les sexes des larves sont tout à fait illusoires.

Page 1