II. — Physiologie de la Larve
Structure de la peau. Mue et sécrétions diverses. — Nous avons vu avec quelle rapidité et dans quelles proportions énormes s’effectue la croissance delà larve, lorsqu’on lui fournit les aliments convenables. Il faut que le renouvellement de la peau marche du même
pas, aussi bien que l’activité des fonctions nutritives en général.
La peau présente deux couches bien distinctes. L’une,
profonde, appelée hypoderme , est formée de cellules,
les unes arrondies et remplies de granules de pigment,
les autres polyédriques et à contenu plus clair; ces cellules représentent la partie vivante de la peau ; parmi elles rampent des trachées et des nerfs, et le sang vient les baigner en passant entre les muscles situés sous elles. L’autre couche, appelée cuticule , est superficielle et composée de lames chitineuses très minces, d’aspect homogène, sécrétées selon toute apparence par les cellules précédentes; delà superposition et de la soudure de ces lames résulte une pellicule coriace fort résistante, quoique assez flexible et bien propre à servir de point d’appui aux muscles qui viennent s’y implanter. On remarquera que la lame la plus extérieure est hérissée de petites aspérités microscopiques qui la font paraître comme chagrinée; elle porte en outre çà et là des poils droits qu’on aperçoit à l’œil nu avec un peu d’attention. Il est évident, d’après la manière dont est formée la pellicule chitineuse, qu’elle s’endurcit de plus en plus et impose une limite nécessaire à la croissance de la chenille; si cette limite doit être franchie, il faut que cette pellicule tombe : c’est précisément ce phénomène qui constitue la mue.
Il se prépare de la façon suivante : sous la pellicule de chitine apparaît une nouvelle lame de même nature, revêtue d’aspérités et de poils, qui formera la nouvelle surface libre du corps ; entre elle et la vieille pellicule s’amasse un liquide spécial où flottent des cristaux en forme de tablettes rectangulaires; peu à peu la dépouille