ÉGALITÉ DES VERS
qu'on veuille réunir alin de simplifier le travail, cela est facile : il suffit de donner à la levée qui est en retard une chaleur un peu plus forte et des repas plus fréquents, tandis que celle qui est en avance sera chauffée un peu moins et alimentée en conséquence; quand les vers auront absorbé un même nombre de repas depuis la mue, on pourra les réunir.
Il ne faudrait pas se laisser entraîner à égaliser un trop grand nombre de vers en vue de faciliter le travail ultérieur, car on pourrait se trouver dans un grand embarras à l’époque de la montée, lorsqu'il s’agirait de mettre la bruyère rapidement à tous les vers arrivés à maturité; il convient de n’avoir, à un jour donné, à la montée que ce qu’on peut enramer sans précipitation avec lepersonnel dont on dispose.
En résumé, l’égalité des vers, condition indispensable d’une forte récolte, entraîne la séparation des levées; Tuniformité des températures et d’alimentation, la fréquence des repas et la division de la feuille, au moins dans les premiers âges ; enfin, à toutes les mues, une certaine méthode dans la cessation et la reprise des repas. Si on néglige l’une ou l’autre de ces pratiques, les vers ne seront pas aussi égaux qu’on pourrait le désirer ; aussi est-ce à cet indice de l’égalité des vers qu’on reconnaît au premier coup d’œil un magnanier soigneux.
Espacement. — Il faut que les vers, sans se gêner mutuellement, puissent accomplir leurs fonctions de nutrition : se mouvoir, manger, respirer, exhaler par toute la surface de leur corps une grande quantité de vapeur d’eau ; enfin subir leurs mues sans être troublés; il s’ensuit qu’on doit leur ménager, outre la surface
qu’ils occupent chacun, un certain intervalle de l’un à l’autre. Une autre raison oblige à ne pas faire cet intervalle trop petit : c’est la crainte de la contagion en cas de maladie épidémique; l’expérience prouve en effet que les vers clairsemés conservent leur état de santé d’une façon remarquable, et que le contraire arrive aux vers entassés dans un espace trop étroit.
Pour avoir une idée de la surface nécessaire aux vers, on n’a qu’à mesurer leurs dimensions moyennes et en déduire l’étendue qu’ils couvriraient s’ils étaient juxtaposés sans aucun intervalle. Nous avons donné plus haut (pag. 48) le tableau de ces dimensions.
En supposant qu’on attribue à chaque ver une surface triple de celle qu’il occupe sur un plan horizontal, il faudra, pour avoir les étendues de claies utiles aux divers âges, multiplier les chiffres de la dernière colonne par 3 fois le nombre des vers, c’est-à-dire, à peu près par 100,000, pour une once, puisqu’une once renferme 30,000 à 35,000 individus. On a ainsi :
A l’éclosion Qmc 30
A la sortie de lre mue 1 00
Id. 2e — 2 00
Id. 3« — 3 00
Id. 4e — 22 00
Avant la montée 60 00
Mais il faut remarquer qu’à chaque sortie de mue la surface des claies doit être égale, non pas seulement à la surface actuellement indispensable, mais à celle que les vers couvriront progressivement les jours suivants par suite de l’accroissement de leur taille, de telle sorte qu’on devra avoir pour la surface des claies :