‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 42 sur 98 · ÉLEVAGE SUR CLAIES · texte numérisé non relu

ÉLEVAGE SUR CLAIES

superposer les claies ; de l’un à l’autre de ces étages, on garde des distances verticales de 35 à 40 centimètres ou davantage ; les claies ont toute la longueur qu’on veut, mais la largeur ne doit pas excéder la distance à laquelle le bras peut atteindre commodément, c’est-à-dire 70 à 80 centimètres. Il n’est pas rare de trouver dans les Cévennes des magnaneries où il y a quinze ou vingt étages de claies, occupant toute la hauteur du bâtiment depuis le sol jusqu’aux toits ; en ce cas, il faut des échelles et un ou plusieurs faux-planchers pour le service des claies supérieures ; les montants qui supportent les claies sont solides et fixés à demeure. Au contraire, quand l’appartement n’a que 3 à 4ùnètres de haut et doit servir à d’autres usages,

Fig. 14.— Étagère pour huit paniers de 0m,80 sur 0m,54 (quatre paniers

seulement sont figurés).

on peut, au lieu de poteaux fixes, se servir de poteaux

munis de pieds et assemblés deux à deux par des traverses, ou encore de systèmes en forme do pliants qui se déplacent très facilement. (Voir les fig. 13 et 14.)

Dans tous les cas, des passages d’un mètre environ ou davantage doivent subsister tout autour des étagères.

Une fois qu’on est pourvu d’un nombre de claies suffisant, on les garnit de papier, afin que les excréments et les poussières ne tombent pas d’une claie sur l’autre.

Procédés d’espacement et de délitage. — Il reste à dire maintenant comment on pratique l’espacement des vers. Il y a pour cela plusieurs procédés.

D’abord, à l’éclosion, au fur et à mesure qu’on voit les feuilles de mûrier qui servent aux levées se garnir do vers en nombre suffisant, on les retire en les remplaçant par d’autres, et on les dispose à la üle sur un ou deux rangs pas trop serrés, au milieu d’une claie garnie de papier; les repas de feuille coupée, qu'on distribue ensuite, sont semés sur ces rangées de feuilles, et un peu à droite et à gauche, afin que les vers s’éparpillent de plus en plus.

Aux sorties des mues, quand on se sert de feuilles entières ou de petits rameaux, on procède d’une façon analogue.

Enfin, si l’on voit que les vers d’une claie s’y trouvent trop serrés, il est encore très facile de les espacer sans les prendre à poignées ni déchirer la litière; il suffit, au moment d’un repas, de semer çà et là quelques feuilles ou petits rameaux, et de les lever quand les vers sont montés dessus en assez grand nombre ; ceux qui restent reçoivent ensuite leur repas sur l’ancienne litière, qu'ils couvrent bientôt tout entière.

DÉLITAGE.

Ces procédés demandent beaucoup de temps et de patience. Quand on veut aller plus vite, on se sert de feuilles de papier percées de nombreux trous ronds, d’un diamètre proportionné à la taille des vers ; les figures

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Fig. 15. — Papier à déliter. — Vraie grandeur, pour le premier et le

dernier âge.

représentent leur vraie grandeur pour le premier et le cinquième âge ; on en fait aussi de grandeurs intermédiaires.

On donne à ces feuilles de papier les dimensions qu’on juge convenables, par exemple 25 centim. sur 40 pour le premier âge, 50 sur 80 pour le dernier ; on les étend sur les vers qu’on veut déliter ou espacer, et on donne un repas dessus ; les vers traversent les trous et montent

sur les feuilles. Quand on juge qu’il y en a assez, on emporte le papier ainsi chargé sur une claie nouvelle ; les vers qui restent font l’objet d’une nouvelle levée qu’on exécute par le même procédé. La litière se trouve ainsi dégarnie de vers ; il n’y reste que quelques traînards, qu’on jette ou qu’on met à part. On enlève alors cette litière, qu’on jette au fumier ou qu’on fait sécher pour la donner aux brebis ou aux cochons.

L’opération précédente s’appelle délitage ou délitement.

Au lieu de papier à trous, on peut aussi employer des filets à mailles carrées, qui ont l’avantage de se laver et durer longtemps ; mais ils sont moins commodes à manier que le papier.

On voit, par ce qui précède, que l’élevage des vers sur les claies n’exige pas seulement de très vastes surfaces, mais encore de perpétuelles manipulations pour déliter et espacer. On s’est demandé s’il n’y avait pas moyen de réduire ce travail, qui est nécessairement très coûteux, et de diminuer en même temps l’étendue des surfaces de claies. Ce problème, de prime abord, semble bien difficile à résoudre. On y parvient cependant en reprenant, avec certains perfectionnements, un mode d’élevage usité depuis bien des années dans tout le Levant : Y élevage aux rameaux.

Élevage aux rameaux. — -Voici ce mode tout rustique, tel qu’il est pratiqué en Perse, au rapport du Dr Orio (1863). Au milieu des champs de mûrier, on plante six ou huit poteaux, de façon à délimiter un rectangle de G mètres sur 4 ; on les assemble, à 2 mètres du sol, par des traverses grossières, assez solides pour porter un homme ; par-dessus le tout, on dresse un toit en paille

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