‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 50 sur 98 · POROSITÉ DES MURAILLES · texte numérisé non relu

POROSITÉ DES MURAILLES

bien fait ressortir l’heureuse influence de la porosité des murailles ; il cite des expériences de M. Pettenkofer, qui prouvent que l’air traverse avec une grande facilité les murailles en briques: ainsi, dans une chambre de 75 mètres cubes entièrement close, une différence de température do 19° avec celle de l’air ambiant a produit en une heure une évacuation égale à 75 mètres cubes, c’està-dire a renouvelé entièrement l’air ; une différence de 1° faisait passer en une heure 245 litres d’air par chaque mètre carré de la surface libre du mur.

Cette perméabilité de la brique et de tous les matériaux de construction doit être prise en considération dans les calculs sur la ventilation des édifices.

En ce qui regarde spécialement les magnaneries, il est intéressant de noter ce fait, que l’humidité des murailles diminue beaucoup leur perméabilité aux gaz; c’est une raison déplus à ajouter àtoutes celles que nous avons données pour expliquer le bon succès des éducations pendant les saisons sèches et froides, qui sont celles où aucune pluie ne vient mouiller les murailles des magnaneries.

Nous voyons par là combien il est avantageux de choisir des matériaux poreux pour la construction des murailles des magnaneries. Il n’importe pas moins de disposer les constructions de façon que cette perméabilité se conserve en temps de pluie, car c’est justement à ce moment qu’elle est le plus utile. Par conséquent, il convient que les toitures se 'prolongent en forme d'auvents pour abiiter ces murailles contre la pluie. Chez beaucoup de paysans des Cévennes, un escalier extérieur couvert remplit parfaitement cet office, d’un côté au moins de l’édifice. La galerie couverte qui entoure la magnanerie japonaise est encore plus efficace.

Aucun constructeur, queje sache, n’a tenu compte de ces faits pour dresser le plan d’une magnanerie modèle. En cela comme en bien d’autres choses, la pratique a su trouver des combinaisons qu’on ne sait pas de prime abord apprécier autant qu’elles le méritent.

Hygromètres. — Il n’est pas nécessaire d’appcrter une grande précision dans l'évaluation du degré de sécheresse de l’air d’une magnanerie ; ce degré peut varier entre des limites fort étendues sans que les vers en souffrent. Avec un peu d’attention, on voit, à l’aspect seul des litières, si l’air est trop sec ou trop humide. Dans les premiers âges surtout, il convient que la feuille ne se dessèche pas trop vite ; aussi est-on fréquemment obligé à cette époque d’arroser le sol et de tenir des bassins d’eau sur les poêles. Dans les derniers âges, c’est le contraire : les litières et les vers ne mettent que trop d’humidité dans la salle ; c’est alors qu’on délite souvent et qu’on fait des flambées légères dans les cheminées, surtout lorsqu’il pleut.

Quand on veut être averti plus exactement de l’état hygrométrique de l’air, il faut suspendre dans la magnanerie un ou plusieurs instruments servant à cet usage, et qu’on nomme hygromètres. Il est inutile d’avoir des hygromètres d’une exactitude rigoureuse, comme ceux dont les physiciens font usage; on peut se contenter parfaitement de ceux qu’a inventés de Saussure, et qui sont fondés sur la propriété qu’ont les cheveux de s’allonger par l’humidité, et de revenir à très peu près à leur longueur primitive quand l’air revient au degré primitif de sécheresse. Tout le monde peut fabriquer un de ces instruments : il suffit de prendre un cheveu bien dégraissé,

HYGROMÈTRES.

de le fixer par un bout, et d’attacher l’autre bout au petit bras d’un levier, de sorte que le long bras taillé en forme d’aiguille indique, en l'amplifiant, sur un arc divisé, l’allongement du cheveu ; le petit bras doit être lesté pour que son poids dépasse un peu celui de l’aiguille. On peut aussi, au lieu d’un levier, employer une petite poulie sur laquelle le bout du cheveu vient s’enrouler et s’attacher, tandis qu’un fil enroulé en sens contraire et tendu par un poids léger sollicite la poulie à tourner dans la direction opposée. Enfin, au lieu d’un cheveu, on peut prendre un crin de cheval, qui est moins sensible, mais plus résistant à la rupture.

Pour graduer un hygromètre ainsi fait, il faut noter le point où s’arrête l’index, quand l’instrument a séjourné au moins cinq minutes dans un air très sec, par exemple dans une caisse à demi pleine de fragments de chaux vive ; à ce point, l’humidité étant nulle, on marque zéro. On porte ensuite l’hygromètre sous un bocal mouillé d’eau, et au point où s’arrête l’index, l’air étant saturé, on marque 100. On divise l’arc compris entre 0 et 100 en cent parties égales. Mais il faut remarquer que les chiffres de ces divisions n’indiquent pas immédiatement la fraction de saturation de l’air, car, lorsque l’aiguille est entre 50 et 55, la fraction de saturation n’est que 1/3, c’est-à-dire que l’air ne contient que le tiers de la vapeur d’eau qu’il pourrait contenir ; lorsqu’il en contient la proportion 1/2, l’aiguille marque de 73 à 75. Voici d’ailleurs le tableau de la correspondance des degrés avec les fractions de saturation :

Degrés des hygromètres

Fraction de saturation,

à cheveu.

ou état hygrométrique

2 pour 100

M. Régnault a observé que les états hygrométriques 0,19 ; 0,48 ; 0,68 sont ceux qu’on obtient en vase clos, à 5° centigrades, dans les atmosphères qui surmontent les liquides ayant les compositions suivantes :

SO3 4- 5H0,S03 4- 8H0,S03 4- 1 2HO ; ce sont autant de points de repère qu’un chimiste peut utiliser pour la graduation des hygromètres à cheveu.

En général, on tâche de maintenir l’air de la magnanerie à un degré de sécheresse tel que les aiguilles des hygromètres ne dépassent pas les limites 65 d’une part et 95 de l’autre.

Alimentation . • — Le nombre des repas à donner aux vers chaque jour doit être en proportion de la chaleur et du degré de sécheresse de l’air : plus l’air est chaud et sec, plus il faut des repas nombreux. Il convient de donner aux vers jeunes, c’est-à-dire de l’éclosion à la deuxième ou même à la troisième mue, six à huit repas en vingtquatre heures; après la troisième mue, on ne donne plus

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