CONDITIONNEMENT DE LA SOIE
On constate, dans cet exemple, des variations très notables dans les titres, ce qui dénote une soie peu régulière.
Il est indispensable d’effectuer ces pesées assez promptement pour que l’état hygrométrique de l’air n’ait pas le temps de varier d’une manière notable, car la soie, en passant du sec à l’humide, augmente beaucoup de poids.
Quand on veut opérer avec précision et avoir des titres comparables, il est donc nécessaire de dessécher les échantillons à l’absolu, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils cessent de perdre de l’eau, sans d’ailleurs subir aucune altération. Il suffit pour cela de les exposer, dans une étuve à air sec, à une température de 110 à 120 degrés centigrades et de les peser dans cette étuve même. En augmentant de 1 1 °/0 le poids absolu d’une flotte de soie, on a sensiblement le poids quelle aurait dans un air de sécheresse modérée, et on est convenu de prendre cet état pour l'état légal de la soie dans les transactions commerciales. Le poids de la soie, dans cette condition, s’appelle son poids conditionné. Une telle convention était indispensable, car la soie exposée dans un air plus humide, continuerait à augmenter de poids jusqu’à dépasser de 24 °/o le poids absolu. Le titre conditionné est donc le poids absolu de l’éclievette, accru de 11 °/0.
Les ballots de soie mis en vente doivent être conditionnés. Il existe pour cela des établissements spéciaux, appelés Conditions des soies \ où ce travail s’effectue comme il suit. On pèse le ballot brut et on en défalque le poids de l’emballage ; on a ainsi le poids net de la soie.
1 Eu France, les conditions sont établies à Amiens, Aubenas, Avignon. Ganges, Lyon, Marseille, Montélimar, Nime3, Paris, Privas, Reims, Roubaix, Saint-Étienne et Valence.
Sur cette soie, on prélève trois échantillons qu’on pèse aussitôt tels quels : l’un est mis de côté ; les deux autres portés à l’étuve et séchés là jusqu’à ce qu’ils ne perdent plus ; alors ils sont pesés. On connaît ainsi leur teneur en eau pour cent ; s’il y avait désaccord, on utiliserait le 3e échantillon. Cette teneur en eau, appliquée au ballot entier, permet d’en avoir le poids absolu , lequel, dans les transactions, est accru de la reprise légale de 1 1 °/0.
On voit donc qu’à l’état marchand, la soie contient 11/111 d’eau, ce qui fait, à très peu près, 10 °/0.
Des appareils spéciaux sont disposés dans les Conditions pour faciliter la dessiccation des échantillons et les pesées ; dans la plupart, l’air chaud est fourni par un grand calorifère et se rend dans une série d’étuves à doubles enveloppes : chaque étuve est surmontée d’une balance de précision dont le fléau porte, à l’un de ses bras, un plateau pour les poids, et à l’autre, un fil qui traverse le couvercle de l’étuve et supporte une couronne de crochets ; à ces crochets, on suspend l’échantillon à dessécher ; quand le fléau n’accuse plus de perte de poids, on tourne une clef pour arrêter un moment le courant d’air, et on effectue la pesée. Le thermomètre de l’étuve doit marquer de 110 à 120°.
Le principe de ces appareils est dû à M. Léon Talabot, qui, en 1832, étudia cette question à la demande de la Chambre de commerce de Lyon.
Recherches sur le titre des soies. — On doit à M. Robinet d’intéressantes recherches sur le titre des soies ; bien qu’il n’y ait pas apporté une rigueur absolue en ce qui regarde le conditionnement, pourtant il a eu égard, autant qu’il l’a pu, à l’état hygrométrique de l’air.