‹ Leçons sur le ver à soie du mûrierChapitre 86 sur 98 · DÉCHETS DE SOIE · texte numérisé non relu

DÉCHETS DE SOIE

coup ; on en voit pourtant de 25 °/0 obtenues avec du bichlorure d’étain, du sucre, etc.

L’abus de la charge a été poussé si loin qu’une partie des consommateurs ont renoncé aux étoffes dites de soie ; pourtant d’autre part une réaction s’est produite pour demander des tissus de soie pure ; mais il n'est pas toujours facile de distinguer à première vue si une étoffe possède réellement les qualités qu’on lui attribue.

Il y a heureusement un autre moyen de produire des soieries à bon marché, sans altérer les qualités de la fibre soyeuse : c’est d’utiliser les déchets de soie et d’y associer des textiles divers de moindre valeur *.

Cardage et filature des déchets de soie. —

Les déchets de soie sont : les frisons, la bourre, la blase, les cocons bassinés, les percés de graine, les doubles, les tachés, etc. Ces déchets sont soumis à un décreusage partiel, effectué à l’aide d’une lessive alcaline, qu’on applique tiède ou bouillante, suivant la résistance des matières. Ensuite, les produits lavés, séchés, battus au besoin, pour éliminer les détritus étrangers, sont mis en nappe par une roue munie de pointes qui étirent les fils parallèlement ; les nappes sont coupées par bandes

A En 1879, M. Cuchet, président delà chambre syndicale d’Aubenas, estimait à 3,400.000 kilog. le poids des soies ouvrées utilisées par nos fabriques de soieries : Lyon en prend à lui seul 2,200,000 kilog. ; viennent ensuite Saint-Étienne et Saint-Chamond; enfin Pai is, Nimes, Tours, et les ateliers du Nord se partagent le reste. Outre cela, ces fabriques absorbent 400 à 500 mille kilog. de grège en nature et 3 à 4 millions de kilog. de frisons, bourres et déchets divers. La valeur totale de ces matériaux approche de 450 millions de francs. Mais on ne peut évaluera moins de 600 millions celle des tissus, rubans, dentelles, etc., qui en proviennent et qui sont, pour une bonne moitié, destinés à l’exportation.

de longueur déterminée, que l’on dispose entre des planchettes, de façon à les pincer à moitié ; la partie flottante est exposée cà l’action des peigneuses mécaniques ; la partie fixée est à son tour rendue flottante et peignée. Les déchets peignés sont enfin renappés et filés comme le coton.

Par ces procédés, les frisons et la bourre donnent des fils appelés fleuret et chappe , qui, une fois cuits et prêts pour la teinture, se nomment fantaisie.

La galette et la filoselle sont des produits de même sorte, mas obtenus avec les cocons percés.

La fantaisie et la filoselle fournissent des trames qui servent surtout à faire les foulards. On en fait des bas, des gants, de la passementerie et une foule d’étoffes mélangées de laine, de coton et d’autres textiles de moindre valeur. Ces étoffes mélangées ont presque l’apparence des soieries pures, et leur bas prix les fait rechercher par un grand nombre de consommateurs ; elles tiennent aujourd’hui une place énorme dans la fabrication lyonnaise, comme on peut en juger par les chiffres suivants :

Production de la fabrique lyonnaise en millions de francs.

Étoffes de soie et bourre de soie

Étoffes de soie mélang. de coton, laine, etc.

Étoffes de soie mélangée d’or et d'argent

Crêpes, gazes, tulles, ornements

DU PAPILLON

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