‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 100 sur 127 · CARACTÈRES SPECTROSCOPIQUES DU SANG · texte numérisé non relu

CARACTÈRES SPECTROSCOPIQUES DU SANG

sance, il faut réduire le sang par l’un des procédés indiqués précédemment;

Lorsqu’on opère sur dü sang intoxiqué, cette réduction n’a pas lieu, parce que la combinaison de l’iiémoglobinê avec l’oxyde de carbone èst trop stable pour être réductible par cës agents *, après leur action, on continue toujours à voir les bandés d’absorption au spéctroscobe, tandis qu’on n’en voit qu’une, Celle de l’hémoglobine pure, quand on a agi sur du ^ahg normal.

Ën résumé, il existe une différence bien marquée entre le sang nofmal et le sang intoxiqué : là cortlbinaison oxygénée dé l’hémoglobine est réductible et ne donne plus qu’une raie d’absorption après là réduction, tandis que la combinaison qu’elle forme âVec l’oXyde de carbone ne se réduit pas et présente toujours deux raies au spectre-^ scope.

Ëette méthode d^ànaîysë est d’unè sensibilité extrême et permettrait à elle seule de décider si le sang d’un individu contient ou né contient pas d’oxyde de carbone. Mais c’est là un caractère empirique qui pourrait appartenir aussi à qUelqUe substance inconnue jusqu’ici. La véritable démonstration d’ün empoisonnement, ce sera toujours d’obtenir ié corps toxique en nature, afin de pouvoir lé reconnaître à tous ses Caractères. îl faut tôüjôürs tendre â cé inode de recherches et né s’arrêter aux autres que lorsqu’on ne peut pas le mettre en pratiqué.

Dans la question qui nous occupe en ce moment nous devons donc chercher à extraire l’oxyde dë carbone dü sang intoxiqué et à le retrouver en nature. On a déjà fait beaucoup d’essais dans cette voie ; on a pu dégager l’oxydé

de carbone de sa combinaison avec l’hémoglobine au moyen du bioxyde d’azote. L’oxyde de carbone réagissant sur le chlorure de palladium, M. Eulemberg a essayé de déplacer l’oxyde de carbone du sang intoxiqué à l’aide d’un courant d’oxygène pour le faire passer ensuite sur ce réactif. M. Lelorrain, dans une thèse soutenue à Strasbourg en 1868, a obtenu le déplacement de l’oxyde de carbone du sang en traitant celui-ci par l’acide sulfurique étendu et en chauffant à 70 et 80 degrés. Le gaz, ainsi éliminé, peut ensuite, suivant lui, être absorbé, soit par le chlorure de palladium, soit par une solution ammoniacale de proto- chlorure de cuivre. Mais, pour résoudre la question telle, que nous l’avions indiquée, il fallait obtenir le gaz en nature et le reconnaître à tous ses caractères. C’est ce qu’a réalisé M. Gréhant, en dégageant ce gaz de sa combinaison avec l’hémoglobine également au moyen de l’acide sulfurique étendu, à une température très-peu élevée, puis en le recueillant dans le vide produit par la machine pneumatique à mercure. En opérant avec beaucoup de soin on peut donc, par cette méthode, isoler l’oxyde de carbone à l’état gazeux. Toutefois les plus grandes précautions sont indispensables. En effet, avec des réactifs aussi énergiques que l’acide sulfurique, il serait très-possible d’engendrer, dans des conditions données de. chaleur, de l’oxyde de carbone dans du sang qui n’en renfermait pas primitivement. Du reste, il faut toujours s’en référer au principe que nous suivons comme une consigne, celui des expé^ riences comparatives, qui consiste à traiter simultanément de la même manière du sang sain et du sang intoxiquée En physiologie, c’est le moyen le plus sûr de se tenir en

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