‹ Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxieChapitre 70 sur 127 · DANGERS DU CHLORAL · texte numérisé non relu

DANGERS DU CHLORAL

rurgiens qui seraient portés à pratiquer sur l’homme des injections intra-veineuses de chloral, soit pour amener l’anesthésie, soit pour combattre le tétanos. Ces hématuries produites sans doute par l’élimination rapide du chloral, pourraient aussi |avoir lieu chez l’homme à la suite d’injection veineuse, et il est bon d’être prévenu de ces dangers. Il faudrait du reste savoir pourquoi cette hématurie, observée chez les animaux, ne se produit pas dans tous les cas; sur soixante observations, M. Vulpian la signale trois fois. Mais dans l’organisme, pas plus qu’en dehors de lui, rien n’est laissé au hasard ; il faudrait savoir quelles circonstances favorisent la production de l’hématurie, et celles qui s’y opposent ; si cet accident est plus fréquent selon l’âge des animaux, selon qu’ils sont à jeun ou en digestion etc. Cette détermination trouverait immédiatement une importante application pratique et guiderait dans l’administration du chloral en médecine et en physiologie.

Vous savez que nous nous plaçons toujours ici au double. point de vue théorique et pratique en physiologie, comme moyen de contention dans les expériences. Nous serions incomplet si, à ce sujet, nous n’ajoutions pas aux considérations précédentes quelques mots sur un agent mis aujourd’hui à chaque instant en usage pour maintenir les animaux ; nous voulons parler du curare qui, depuis mes recherches, est devenu un réactif physiologique indispensable.

Il y a plus de vingt ans que j’ai montré que le curare paralyse le mouvernent en respectant la sensibilité ; si la dose de ce poison est faible, les.nerfs moteurs les plus

volontaires sont seuls atteints, ceux des membres d’abord; avec une dose plus élevée, on voit se paralyser lés nerfs des paupières, le facial. Enfin, avec une dose plus forte encore, les mouvements involontaires, ceux de la respiration disparaissent à leur tour, et l’animal périt par asphyxie.

Pour, obtenir le premier état, c’est-à-dire une paralysie qui respecte les mouvements respiratoires et par suite la vie de l’animal, nous avons constaté, après plusieurs tâtoiinéments, qu’il faut donner environ 1 milligramme dé curare par kilogramme d’animal ; mais hâtons-nous de dire que cette évaluation n’a rien d’absolu, parce que l’énergie du cürare employé est très-variable, selon la provenance de cé poisoii.

- Du réste, nous donnons toujours une dosé un peu plus forte, dé manière à paralyser même les mouvements respiratoires; nous obtenons ainsi une immobilité bien plus complète, et des animaux qui se prêtent infiniirient mieux aux expérienceSi Quant au danger de mort par asphyxie, nous l’éloignons en pratiquant la respiration artificielle.

Nous pouvons aussi appliquer, et avec plus d’avantàgCj ce moyen de contention aux animaux à sang froid ^ à la grenouille par exemple ; dans ce cas, la respiration cutanée suffit pour éntretenir la vie chez l’animal devenu complètement immobile, avec toutes les apparences d’un cadavre. Cependant la circulation continue^ l’élimination du poison se produit, et l’on voit la grenouille recouvrer ses mouvements au bout d’un temps variable, selon la température du milieu ambiant. .

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