I - (Fig. m
L'image est virtuelle, droite, agrandie, quand l'objet est placé entre le foyer et la lentille. (Fig. 15.)
On ne saurait trop insister sur l'importance de ces propositions capitales autant qu'élémentaires. Nous les retrouverons pour ainsi dire à chaque pas, quand nous étudierons les a omalies de la réfraction.
2° Des lentilles concaves
Ces lentilles sont divergentes, négatives, parce qu'elles rendent divergents les rayons qui les traversent. Ainsi que pour les lentilles convexes, on en distingue trois formes : 1° La lentille plan concave ; 2° Le ménisque concave ; 3° La lentille biconcave.
C'est de la lentille biconcave que nous allons parler car c'est celle qu'il nous importe surtout de bien connaître .
Voyons comment pour une lentille biconcave se comportent les rayons lumineux parallèles, divergents et convergents.
Hayons parallèles. — Soit la lentille 0 dont les
centres de courbure sont en C et C; le point G étant le centre de figure. (Fig. 16.)
Fig. 16. Lentilles biconcaves. Réfraction d'un rayon parallèle â
l'axe principal.
Le rayon R I venant de l'infini sort de la lentille selon la direction V R' c'est-à-dire en divergence : il en résulte que ce rayon ne peut rencontrer l'axe principal de ce côté de la lentille ; il faut pour que cette rencontre ait lieu, prolonger le rayon du côté de la source dont il émane ; nous voyons alors le rayon couper l'axe principal en C dételle sorte que le centre de courbure devient ainsi le foyer principal ; ce foyer, analogue à celui des lentilles convexes, n'est plus réel, il est virtuel. Il est situé du côté de la source lumineuse. (Fig. 16.)
Rayons divergents. — Le rayon divergent parti du point L, ira, après sa sortie, en divergence encore plus marquée en I' R. 11 rencontrera l'axe principal, (Voir fig. 17.) en L' ; L' est le foyer conjugué de L. Ce qui est vrai pour l'axe principal, est vrai aussi pour l'axe secondaire. Tous les points placés à une distance finie de la lentille viendront former une
image virtuelle entre ]e foyer principal et cette lentille.
Fig. 11. Lentilles biconcaves. Rayons divergents. Foyers conjugués.
Appliquons ces données à la formation des images, nous aurons pour un objet placé à l'infini une image droite, virtuelle et infiniment petite dans le plan focal principal.
Si au contraire, l'objet est placé à une distance finie, (moindre de 5 mètres en pratique) l'image se forme virtuelle, plus petite et droite entre le foyer et la lentille de telle sorte que les images fournies par les lentilles concaves sont toujours plus petites
Fig. 18. Lentilles biconcaves. Images d'un objet placé à une
distance finie.
que l'objet. L'image est d'autant moins petite
que l'objet se rapproche de la lentille. Lorsque celui-là est accolé à celle-ci l'image est aussi grande que l'objet.
De tout ceci, il faut retenir ces vérités fondamentales que, avec les lentilles biconcaves, l'image est toujours plus petite que l'objet, et qu'avec les verres convexes l'image se présente dans des conditions différentes selon les cas.
Avec les lentilles convexes il n'y a grandissement que dans deux conditions :
1° Lorsque l'objet est placé entre la lentille et son .foyer principal; l'image est d'autant plus considérable que l'objet est plus près du foyer. Cette image est virtuelle et droite ; c'est celle que donne la loupe.
2° Il y a grandissement de l'image lorsque l'objet est placé entre le foyer principal et la double distance focale. L'image est alors réelle, renversée et agrandie .
Ainsi que nous venons de le voir, les lentilles convexes ou concaves ont toutes un foyer principal plus ou moins distant du centre de la lentille : cette distance est d'autant plus courte que la lentille est plus puissante. Dans ces conditions, il est tout naturel d'évaluer la force réfringente d'une lentille d'après la position de son foyer principal, et il est convenu d'admettre qu'une lentille ou concave ou convexe dont le foyer principal est à 1 mètre possède une puissance d'une dioptrie. Cette expression proposée par Monoyer a été définitivement adoptée au congrès de 1876 ; c'est elle qui sert aujourd'hui de base au numérotage des verres de lunettes ; c'est grâce à la précision qu'elle apporte dans le raisonnement qu'elle est à chaque instant employée dans l'évaluation de la force réfringente des milieux de l'œil.
Une lentille est d'autant plus puissante que sa distance focale est plus courte ; si sa longueur focale est 0 m. 50 c. la lentille sera deux fois plus forte que celle qui a 1 mètre de longueur focale ; sa valeur sera par conséquent de 2 dioptries ; de même une lentille de 0 m. 33 c. de longueur focale vaudra 3 dioptries, etc.
Lorsque par conséquent dans le courant de ces leçons nous dirons : verre de 2, 3, 4 dioptries, etc., etc., nous voudrons dire, verre dont le foyer principal est à 0 m. 50 c, 0 m. 33 c. et 0 m. 25 c. de la lentille ; et quand nous dirons que. le cristallin représente un pouvoir réfringent de 19 dioptries, nous voudrons dire qu'il a la puissance d'une lentille convexe dont le foyer serait placé à 1 mètre divisé par 19.
Nous exposerons plus tard tout ce qui concerne les verres d'essai et leur numérotage ; aujourd'hui, comme complément à l'histoire des lentilles, j'ai désiré simplement appeler votre attention sur le type d'une dioptrie et vous montrer comment désormais nous apprécierons la force réfringente négative ou positive des lentilles et celle toujours positive des milieux de l'œil.
Telles sont les données d'optique qu'il faut, avant d'aller plus loin, bien graver dans votre mémoire ; à chaque instant nous en trouverons l'application. Peut-être ces considérations auront-elles paru superflues à quelques-uns d'entre vous ; elles font en effet partie des livres de physique les plus élémentaires ; mais, au.ssi simples qu'elles soient, elles n'en représentent pas moins tout ce qu'il est à la fois nécessaire et indispensable de savoir sur les lentilles pour la pratique ordinaire de l'ophtalmologie.