FRÉQUENCE DE LA DILATATION DE L'ESTOMAC
été VUS par moi hors de l'hôpital et les autres dans mon service. Lorsque je vous ai exposé, Tannée dernière, mes vues sur les conséquences de la dilatation de l'estomac, je n'ai pas rencontré ici de contradicteurs, ayant seul la parole. Mais à la Société médicale des hôpitaux, dans la presse et dans les conversations avec des confrères, j'ai trouvé l'incrédulité et la raillerie, qui, dans notre pays, accueillent toujours une affirmation nouvelle. Je crois que mes contradicteurs ont passé à côté de la question, qu'ils ne pouvaient juger d'ailleurs, parce que les faits leur manquaient pour contrôler ma manière de voir. Je ne sais si mes contradicteurs ont fait, depuis lors, le contrôle de ce que j'avais avancé; moi je l'ai fait, ce contrôle. On peut dire, il est vrai, que mon contrôle doit être tenu pour suspect. Mais cependant, si je ne m'abuse, il me semble que les dénégations, qui étaient universelles, sont plus rares, moins bruyantes; il peut y avoir divergence sur la fréquence de tel accident morbide concomitant ou de la maladie elle-même, mais on n'en nie plus l'existence.
J'ai dit que la dilatation de l'estomac n'était ni une curiosité anatomique, ni une rareté; que, très fréquente chez l'homme malade, elle est relativement rare chez l'homme sain, et je me suis même demandé si les gens en apparence non malades, qui ont les signes physiques de la dilatation de l'estomac, sont vraiment sains. J'ai dit que, généralement, la dilatation gastrique avait existé longtemps avant le début de la maladie à laquelle on la trouve associée et qu'il y avait lieu de considérer, chez un très grand nombre de malades, à côté de la maladie principale par laquelle on les désigne, l'autre, la dilatation de l'estomac, qui a l'air d'être accessoire et qui peut-être a préparé l'invasion de la première.
Pourquoi la dilatation de l'estomac a-t-elle été méconnue si longtemps, étant si fréquente? — Parce qu'on ne peut la reconnaître qu'en constatant ses signes physiques; or le plus souvent Tinterrogatoire des malades, les symptômes qu'ils accusent ne sont pas de nature à la faire rechercher.
En effet, j'ai pu affirmer, d'après l'analyse des faits, que la