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AUTO-INTOXICATION DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE

règle générale, on peut trouver la filiation des cas. Un malade arrivé dans une localité devient un centre d'où rayonnent d'autres malades qui sèment le mal dans les localités indemnes. La transmission se fait surtout, nous le savons, par les déjections et médiatement par les eaux alimentaires que les déjections ont souillées. C'est donc en nous basant sur les constatations cliniques et étiologiques et non sur les constatations microscopiques que nous pouvons considérer la fièvre typhoïde comme le résultat de l'introduction d^in agent parasitaire dans l'organisme.

Mais, outre l'infection générale, la maladie détermine des effets locaux. Les plus remarquables sont les lésions intestinales, consistant en ulcération et en gangrène de certaines parties de l'intestin, puis en putréfactions excessives qui s'y développent, se traduisant par le météorisme et une diarrhée fétide. Je ne puis dire que ces putréfactions découlent de la présence de l'organisme pathogène, mais nous avons des raisons de croire qu'il s'opère des fermentations normales excessives dans l'intestin, outre les processus fermentatifs anomaux dont les organes sont le siège.

Si la matière fécale d'un homme bien portant est toxique, dans la fièvre typhoïde l'intensité inaccoutumée des putréfactions normales peut bien ajouter quelque chose à l'infection, et on conçoit que, de ce chef, il y ait une part à faire à l'intoxication dans le traitement.

Il faut compter peut-être aussi avec des infections secondaires résultant de la migration d'agents infectieux vulgaires de l'intestin, à la surface des plaies intestinales, jusque dans le sang et dans les tissus où leur pullulation est favorisée par le défaut de résistance de ceux-ci. Ce sont peut-être ces agents infectieux vulgaires ainsi émigrés qui causent certains abcès, la furonculose, les anthrax; en dehors des eschares ordinaires et dans des parties du corps qui ne sont pas soumises à des pressions, certaines gangrènes spontanées résultent peut-être de l'action d'agents infectieux vulgaires sur des tissus où leur nocivité n'est plus contre-balancée par l'activité circulatoire et nerveuse.

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