INFECTIONS SECONDAIRES ET SURAJOUTÉES
On observe parfois au cours de la fièvre typhoïde certaines infections surajoutées telles que la parotidite. L'inflammation de la parotide est prodiite par des agents infectieux vulgaires qui s'y introduisent par les voies d'excrétion de la salive, comme cela se passe pour tant d'autres glandes, pour le rein quand il ne fonctionne plus et que la vessie est habitée (abcès miliaires, rein chirurgical).
L'érysipèle est fréquent dans les périodes avancées de la fièvre typhoïde. On peut encore voir se produire la gangrène gazeuse; dans certains cas, les eschares du décubitus sont le point de départ d'im emphysème qui s'étend au loin. J'ai vu un cas dans lequel la gangrène gazeuse a été la cause de la mort.
Il ne suffit pas encore de concevoir la fièvre typhoïde comme le résultat d'une infection générale, d'intoxications putrides émanées du tube digestif, d'infections secondaires et d'infections surajoutées, il faut compter encore avec l'un de ses effets nécessaires, la fièvre. Il est impossible d'édifier un traitement systématique sur une seule notion pathogénique. Sans doute, si l'on pouvait juguler d'un seul coup l'agent pathogène, ce grand coup serait décisif et mettrait fin à la fièvre comme à tous les accidents morbides. Mais, puisque nous ne pouvons encore atteindre ce but, il faut, je le répète, compter avec la fièvre, et, si elle devient par elle seule dangereuse, chercher à la réduire.
Nous sommes ici en présence d'une fièvre continue qui brûle incessamment le malade pendant des semaines, qui est supérieure à 39% fait subir des métamorphoses insolites à la matière vivante en la privant d'oxygène, entraîne des modifications subversives de la nutrition et une perversion de la désassimilation. Cette excessive température produit des effets nuisibles sur la fibre musculaire et la cellule nerveuse. Parfois les malades meurent uniquement par le fait de l'hyperthermie. Le médecin n'a donc pas seulement à compter avec la cause de la maladie; quand il ne peut supprimer celle-ci, il doit lutter successivement contre tous les effets de cette cause.
Pendant la longue durée de cette fièvre, l'inanition est
extrême. Le malade, ne prenant à l'extérieur aucun combustible, fait de l'autophagie. Il se trouve dans l'impossibilité de digérer; on ne peut donc le nourrir comme un autre homme; on doit cependant s'ingénier pour introduire dans son organisme du combustible et ne pas le laisser détruire ses propres tissus.
Ainsi que d'indications à remplir dans le traitement de la fièvre typhoïde, que de difficultés à vaincre! Il faut pour ainsi dire faire le siège de la maladie, et l'attaquer par tous les points où elle paraît vulnérable.
Je n'ai pourtant formulé que des indications générales; il y a encore des indications spéciales à tel ou tel malade, à tel ou tel accident particulier.
J'arrive à la thérapeutique des accidents d'intoxication d'origine intestinale.
Depuis dix ans, j'administre le charbon pour neutraliser une partie des produits toxiques; j'ai plus récemment complété cette méthode par addition de moyens destinés à empêcher les fermentations qui engendrent les produits toxiques. Je vous dirai quels résultats j'ai obtenus dans ces deux phases de ma pratique.
Avec le charbon je désodorisais et je décolorais complètement les matières fécales ; je diminuais leur toxicité et les alcaloïdes ne se trouvaient plus qu'en quantité insignifiante dans le liquide filtré.
Ces premiers etTets, on les a niés. On a dit dans une société savante que le charbon n'était pas une substance antiseptique, sans savoir dans quel but je l'employais. D'ailleurs, a-t-on ajouté, le charbon ne réussit pas à désinfecter; or, on avait fait le contrôle de ce que j'avais dit en donnant deux grammes de charbon dans des cachets médicamenteux. Moi qui en donnais 100 grammes par jour, par cuillerées à bouche de deux en deux heures, j'obtenais des garde-robes liquides, noires, sans odeur, ne ressemblant pas à de la matière fécale.
De telles matières n'ont pas seulement des propriétés optiques et olfactives moins désagréables, mais les injections intra-