MODIFICATION DU MILIEU ET REPRODUCTION
du bouillon, longue bactérie dont la sensibilité est comme 2, celle de l'agent typhogène étant 3.
Enfin, dernier argument. On nous objecte que nous ne pouvons tuer les bactéries pathogènes sans tuer les cellules du malade. Mais ce que nous nous proposons, ce n'est pas tant d'aller tuer les microbes au sein de l'organisme, que d'entraver leur multiplication. Autre chose est de tuer un individu, autre chose de le rendre infécond. J'emprunte un exemple convaincant à la botanique. Un palmier de Biskra, qui se couvre de fruits destinés à mûrir quand il croît à la limite du désert, peut bien vivre dans les serres du Muséum, mais n'y donnera jamais de fruits capables de le reproduire ; il ne le fera pas même à Alger. Ainsi une simple modification de miheu, tout en laissant aux organismes végétaux leur intégrité vitale et toute leur énergie, peut les rendre incapables de se multiplier.
Le hquide d'une culture charbonneuse inoculé à des moutons de Beauce les fera mourir tous; mais que des moutons de cette même race soient transplantés en Algérie, et qu'on les inocule avec la même culture, 19 inoculations resteront stériles sur 20. Ce qui est vrai pour les grands végétaux l'est donc aussi pour les petits.
Si nous passons à l'application de cette notion de la reproduction, il est parfaitement indifférent que l'homme soit rendu incapable de multiplier ses cellules pendant sa maladie; mais, si nous pouvons empêcher les cellules de son parasite de se multiplier, la maladie cesse,, car elle ne résulte pas seulement de la présence et du développement du ferment, mais de sa multiplication. Proposons-nous seulement de nous opposer à celle-ci, et même essayons simplement d'entraver l'activité de cette multiplication.
En résumé, l'antisepsie générale est théoriquement admissible et on n'a pas le droit de la repousser a priori ^^^lt une fin de non-recevoir. Ce qu'il faut maintenant, ce n'est pas un raisonnement; il faut des faits qui établissent si réellement l'emploi des antiseptiques a entravé la marche de quelques maladies infectieuses.