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PROCESSUS PATH0GÉNIQUE3 DE LA FIÈVRE

Il n'est pas certain qu'il y ait un processus pathogénique de la fièvre ; je pense, quant à moi, qu'il y a plusieurs procédés pyrétogènes. On peut élever la température d'un corps par les procédés les plus divers, par la combustion, la radiation, le frottement, la condensation, etc.; de même la température du corps des animaux peut devenir anormalement élevée par suite de conditions très diverses.

La fièvre peut résulter d'une augmentation de combustion, d'actes de déshydratation; elle peut résulter du dégagement de calorique que produit la vie des agents infectieux, d'une diminution des déperditions, de la résolution des forces de tension.

Dans l'organisme vivant existent des forces que développe la métamorphose de la matière dans les cellules et qui ne se traduisent extérieurement, ni par du mouvement ni par de la chaleur. La vie est une sorte d'équilibre instable qui est maintenu par les forces de tension. Celles-ci s'opposent à la liberté des actions chimiques et physiques, à la jonction d'électricités contraires, des acides et des alcalis. J. Ranke a prouvé, il y a longtemps, que le noyau d'une cellule vivante est électrisé positivement, tandis que l'enveloppe l'est négativement. Pourquoi ces électricités contraires ne se combinent-elles pas pour amener l'état électrique neutre, sinon parce que les forces de tension s'y opposent? Si la mort arrive, la neutralisation est immédiate. Il en est de même dans les nerfs pour l'état électrique du cylindre-axe et de l'enveloppe : le cylindre-axe est acide, l'enveloppe, alcaline pendant la vie; après la mort, la neutralisation s'accomplit. Avec une même combustion, si la tension diminue, une partie de la force deviendra apparente sous forme de chaleur. Est-ce là une théorie de la fièvre applicable à certaines pyrexies? Je ne sais. On ne peut faire que des hypothèses sur ce sujet.

Souvenez-vous de ce que je disais de l'urémie. Nous avons trouvé des poisons, et non le poison de l'urémie. Pour la lièvre, il existé peut-être, non pas une explication univoque, mais des conditions pathogéniques diverses. Je n'ai, d'ailleurs, indiqué

Bouchard. Auto-intoxications. 15

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