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STATISTIQUES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE

à des complications tardives, les cas où le traitement a été brusquement suspendu pour une cause quelconque, ceux où la méthode n'a pas été rigoureusement appliquée. Ainsi, au début, quand il ne m'avait pas encore été possible d'organiser les bains la nuit, chez un malade, la température, qui était abaissée pendant le jour sous l'influence des bains, remontait la nuit à /i2°, et la troisième nuit il est mort.

Le nombre des malades qui ont été soumis à la méthode complète est aujourd'hui de 129, sur lesquels il y a eu 9 décès; soit 7 p. 100 de mortalité *.

La durée moyenne de la maladie a été de dix-neuf jours.

Les rechutes si fréquentes, qui atteignent 20 p. 100 sur l'ensemble des malades, se sont abaissées à 10 p. 100 dans la dernière période.

En définitive, nous pouvons nous applaudir de pareils résultats, et je suis convaincu que nous les avons obtenus parce que nous attaquons la maladie partout où nous la découvrons vulnérable, dans sa cause primordiale, l'infection, comme dans ses efifets nécessaires, l'intoxication, la fièvre et l'inanitiation.

1. A la date de cette publication (novembre 1886), le nombre des cas de fièvre typhoïde traités dans le service de M. Bouchard à l'hôpital Lariboisiëre depuis le 1'^'' avril 1884 est de 266, sur lesquels il y a eu 31 décès, soit une mortalité de 11,7 pour 100.

Cette aggravation de la mortalité tient-elle à une accumulation fortuite de cas malheureux ou à une modification apportée au traitement, le charbon ayant été remplacé par le salicylate de bismuth et les peptones ayant été supprimées, contre son gré, pendant une assez longue période? Toujours est-il que cette mortalité de 11,7 pour 100 est faible, comparée à la mortalité générale de cet hôpital.

Depuis un tiers de siècle que l'hôpital Lariboisière est ouvert, la mortalité moyenne par fièvre typhoïde y a été de 21 pour 100. Elle est encore de 18 pour 100 pour les six dernières années.

YINGT-QUÂTRIEME LEÇON

(16 juin 18S5) AL'TO-I\TOXICATIOX PAR LA BILE. — PATHOGÉ:\IE DE L'ICTÈRE

Éléments constituants de la bile. — Recherches expérimentales sur la toxicité de la bilirubine et des sels biliaires. — Comment la plus grande partie des éléments de la bile deviennent inertes par précipitation dans le tube digestif. — Rôle du foie comme agent de protection contre la partie qui peut être résorbée.

Quand la bile passe dans le sang, les tissus blancs, de nature conjonctive, en fixant la bilirubine, empêchent celle-ci de nuire aux éléments nobles. — Les urines l'entrainent ensuite peu à peu. — Les sels biliaires s'éliminent progressivement par les urines. — L'injection brusque d'une quantité notable de bile dans le sang tue les animaux sans déterminer d'ictère. — L'injection lente de la même quantité de bile cause l'ictère et ne tue pas.

Influence de la rétention biliaire sur les cellules hépatiques et la nutrition.

Pour terminer l'étude des intoxications par les poisons naturels de l'économie, je vais parler de l'intoxication par la bile, des ictères. C'est une question que j'ai déjà abordée accessoirement, lorsque, à propos de l'urémie, j'ai été amené à invoquer quelques-unes des données relatives à la toxicité de la bile.

Une fois déversée à la surface de l'intestin, la bile se trouve dans des conditions bien différentes de celles où elle est dans le foie. La résorption de la bile s'opère sans doute avec intensité dans le duodénum, mais ce sont surtout les matériaux inoffensifs qui sont résorbés, et, d'ailleurs, si la partie nuisible de la bile vient à être résorbée en quantité assez considérable, elle est arrêtée de nouveau par le foie et rejetée dans l'intestin. Pour étudier réellement la toxicité de la bile, c'est donc dans l'intimité du foie, au moment de sa sécrétion, qu'il faut l'envisager.

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