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LE SUCRE EST-IL UN POISON

liquide de culture conteDant la pyocyanine, mais privé de microbes, tandis que, l'injection ayant été faite à l'aide de liquide de culture renfermant des microbes, si l'animal survit un certain nombre de jours, la néphrite s'établit constamment, les microbes se retrouvent dans le sang, dans le rein, dans les urines; le sang, le rein ou l'urine dans ces conditions, ensemencés dans des bouillons, y font apparaître la pyocyanine. Il est donc probable, d'après ces expériences, que le microbe, en dehors de l'action chimique possible, produit un traumatisme sur le rein, détermine une néphrite qui agit ensuite pour son propre compte et place l'animal dans la situation d'un brightique \

Nous devons maintenant rechercher si des poisons sont fabriqués par suite d'un trouble de la nutrition générale.

Le sucre, dont certains médecins considèrent la formation comme le résultat d'un trouble de la nutrition du foie, peut-il être envisagé comme un poison? Tel n'est pas mon avis. Le sucre n'est pas toxique par essence, il ne devient nuisible que par sa quantité. S'il n'est pas consommé, transformé ou détruit par les organes, il devient un poison, comme le carbonate de soude qui, en excès, peut devenir toxique bien qu'il fasse partie intégrante du sang.

Tant que le sang ne contient que 1 pour 1000 de sucre, il n'en résulte aucun inconvénient appréciable pour l'organisme; mais, à partir de 3 pour 1000 (Bernard) ou de 5 pour 1000 (Pavy), arrivent des accidents d'intoxication et un état pathologique spécial.

Un des premiers symptômes de l'excès du sucre dans le

1. Les résultats indiqués ont été obtenus dans des expérimentations sur le lapin; nous ne parlons pas de ceux que l'on peut avoir avec d'autres animaux, le cobaye par exemple, et en variant les voies d'introduction. Les résultats dans ces cas peuvent différer, et cela n'a rien de surprenant, puisqu'on change les conditions de l'expérience. M. Charrin croit devoir faire de nouvelles réserves relativement au rôle de la substance chimique. De récentes expériences lui ont appris que la bacille dç la pyocyanine pouvait vivre dans certaines conditions sans donner naissance à la pyocyanine ellemême. Il est donc possible que dans l'organisme de l'animal il se forme un corps plus ou moins voisin de la pyocyanine qui possède une toxicité différente et agisse différemment.

HYPERGLYCÉMIE, GLYCOSURIE, DÉSHYDRATATION DES TISSUS 263-

sang est la glycosurie, qui n'existe pas lorsqu'il n'y a que 1 pour 1000 de sucre dans le sang. Lorsque cette proportion augmente^ l'hyperglycémie engendre des troubles dans la statique de l'eau. En eflfet, le sucre en s'éliminant emporte son équivalent de diffusion d'eau , qui est de 7 parties d'eau pour 1 de sucre. A l'état normal, le sang ne se laisse pas déshydrater; lorsqu'il cède une portion de son eau, il la récupère aussitôt en l'empruntant aux plasmas et aux éléments des tissus. Le sang ne peut pas avoir moins d'eau que sa teneur normale; pour suffire à la sécrétion rénale, il doit recevoir incessamment de l'eau, soit que les boissons la lui apportent, soit qu'il en prenne aux tissus et surtout aux plasmas, qui représentent, en poids,, le tiers de l'économie.

Si l'eau des boissons, si l'eau des plasmas venait à faire défaut, en toute autre circonstance qu'en cas d'hyperglycémie, la sécrétion rénale serait diminuée ou supprimée. Mais tant qu'il y a dans le sang de l'eau et du sucre en excès, il se produit une glycosurie avec l'eau de diffusion du sucre; quand la glycémie est intense, le sucre, devant nécessairement fixer son équivalent de diffusion d'eau, déshydrate de proche en proche les plasmas et les tissus. Un des effets primaires de l'intoxication par le sucre est donc la soustraction d'eau à l'économie. Alors se produit une modification dans les phénomènes de l'osmose; le sucre, ayant rendu le sang plus dense, constitue un milieu nouveau pour les éléments de l'organisme, ce qui est une cause nouvelle de soustraction d'eau aux plasmas. On voit apparaître la sensation de la soif. Il existe une diminution de l'aptitude qu'a l'eau à quitter le sang; l'exhalation pulmonaire diminue comme l'exhalation cutanée.

A l'état normal, 1/3 de l'eau totale éliminée l'est par les poumons et la peau. Chez le diabétique, d'après Bùrger, ces émonctoires n'en éliminent plus que 1/12.

Comme conséquences de cette déshydratation des tissus, il faut noter la cataracte diabétique, mise en évidence par une expérience ingénieuse de M. Locorché. C'est là l'explication généralement admise; mais en réalité l'opacité cristallinienne

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