‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 172 sur 227 · ANTISEPSIE INTESTINALE · texte numérisé non relu

ANTISEPSIE INTESTINALE

Avant le jour où j'ai eu à traiter les cholériques de la dernière épidémie, j'avais longtemps réfléchi au parti que je prendrais si l'occurrence du choléra surgissait. J'avais vu les résultats absolument nuls du traitement physiologique, à l'exception des injections intra-veineuses. D'autre part, je connaissais la nullité de toutes les médications empiriques. L'opium, l'alcool, etc., ont donné les mêmes résultats statistiques. J'étais donc autorisé à faire une tentative de thérapeutique pathogénique, alors qu'une doctrine nouvelle permettait de concevoir l'espérance de défendre le malade contre l'agent parasitaire qu'on supposait menacer sa vie.

En acceptant donc provisoirement la théorie de Koch, l'indication paraissait formelle d'entrer dans la voie de l'antisepsie appliquée au choléra.

S'il s'était agi d'un agent infectieux répandu dans le sang ou les tissus, il eût fallu renoncer à toute antisepsie. Mais nous étions en présence d'une doctrine affirmant avec autorité des arguments capables de faire illusion. J'ai donc fait avec sincérité et loyauté l'application de la doctrine de Koch à la thérapeutique du choléra. Elle pouvait se résumer en ceci : le choléra est produit par un poison que fabriquent des organismes résidant dans la cavité intestinale; c'est une infection d'une surface accessible. Nous savions faire l'antisepsie des autres microbes du tube digestif. Donc, si Koch avait raison, il était nécessaire d'introduire dans le tube digestif une substance capable d'y arrêter toute vie des microbes, une substance non absorbable, par conséquent insoluble. J'étais amené à faire dans le choléra ce que je faisais dans la fièvre typhoïde. J'employai l'iodoforme à un tel état de division que la dose employée représentait une surface de 60 mètres carrés; j'en ai donné 1 gramme par jour, associé à 5 grammes de naphtaline, substance à peine soluble.

J'ai eu une mortalité de 66 p. 100, c'est-à-dire égale à celle des autres hôpitaux. C'est là un résultat peu enviable, mais qui porte avec lui ses enseignements. Car quelle objection peut-on faire à la justessse de renonciation suivante? « Si l'organisme pathogène n'existe en aucun autre point de l'organisme et si

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